Des drones bourrés d'explosifs s'attaquent au pétrole saoudien

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Les drones sont désormais utilisés par les milices du tiers-monde


Le géant pétrolier saoudien Aramco a cessé ses opérations sur un oléoduc majeur après que deux stations de pompage de pétrole situées près de la capitale, Riyad, ont été attaquées par des drones bourrés d'explosifs, a annoncé mardi le ministre saoudien de l'Énergie Khalid Al-Falih.




L’affaire a été annoncée peu après que les rebelles houthis, engagés dans une guerre civile au Yémen voisin, ont annoncé avoir lancé des attaques à l’aide de « sept drones » contre des « installations vitales saoudiennes », selon ce que rapporte la chaîne de télévision Massirah, qu’ils contrôlent.


« Cette importante opération militaire est une réponse à l'agression persistante et au blocus de notre peuple et nous sommes prêts à mener des frappes encore plus dures », a déclaré un militaire houthi, cité par Massirah sur son compte Twitter. Aucun détail sur la date de l’attaque ou les cibles visées n'a été donné.



C'est un message à l'Arabie saoudite : arrêtez votre agression. [...] Notre objectif est de répondre aux crimes qui sont commis tous les jours contre le peuple yéménite.


Mohammed Abdel-Salam, porte-parole des rebelles, à Associated Press


Dans une déclaration relayée par l'agence saoudienne officielle SPA, le ministre saoudien Al-Falih a précisé que l'attaque de drones, survenue entre 6 h et 6 h 30, heure locale, a provoqué un incendie et des « dégâts mineurs » à une station de pompage.


Le feu a été maîtrisé, mais Aramco a « pris des mesures de précaution et a interrompu temporairement les opérations sur l'oléoduc » Est-Ouest qui relie la province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, et le port de Yanbu sur la mer Rouge, a-t-il dit.


Selon lui, les opérations sur l'oléoduc, long de 1200 kilomètres et pouvant transporter au moins 5 cinq millions de barils par jour, ont été interrompues le temps d’évaluer et de réparer les dommages.


Des miliciens houthis armés se tiennent debout devant un navire au port de Saleef.Les rebelles houthis ont entrepris ces derniers jours de se retirer de trois ports de la côte est du Yémen, soit Hodeida, Saleef (notre photo, prise le 11 mai) et Ras Issa. Les Nations unies, qui supervisent l'opération, affirment mardi que l'opération se déroule « partiellement comme convenu ». Le port de Hodeida est un site stratégique pour la distribution de l'aide humanitaire. Photo : Reuters / ABDULJABBAR ZEYAD

Riyad dénonce du « terrorisme » contre l'économie mondiale


Le ministre saoudien affirme toutefois que « les approvisionnements et les exportations de brut et de produits pétroliers [saoudiens] fonctionnent normalement sans interruption ». Cette déclaration n'a pas empêché les cours du pétrole de grimper, tant à Londres qu'à New York.



Les derniers actes de terrorisme et de sabotage dans le Golfe [...] visent non seulement le royaume, mais aussi la sécurité des approvisionnements pétroliers dans le monde et l'économie mondiale.


Khalid Al-Falih, ministre saoudien de l'Énergie


« Ces attaques prouvent une fois de plus qu'il est important pour nous de faire face aux entités terroristes, y compris les miliciens houthis au Yémen qui sont soutenus par l'Iran », a poursuivi le ministre Al-Falih.


L’Arabie saoudite a affirmé lundi que deux de ses pétroliers figuraient parmi quatre navires qui ont été les cibles de mystérieux « actes de sabotage » au large des Émirats arabes unis, près du détroit d'Ormuz, par où transitent la plupart des exportations de pétrole des pays du golfe Persique.


La coque du Andrea Victory a été endommagée.Quatre pétroliers ont été ciblés par des actes de sabotage, selon les Émirats arabes unis. L'Arabie saoudite a confirmé que deux de ses bateaux avaient été visés. Le pétrolier norvégien Andrea Victory et un navire émirati ont aussi été touchés. Photo : Reuters / Satish Kumar Subramani

Une coalition militaire dirigée par les Saoudiens a déclaré la guerre aux rebelles houthis du Yémen en mars 2015. Riyad dit agir en soutien au gouvernement internationalement reconnu du président Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé de la capitale, Sanaa, quelques mois plus tôt.



Ce conflit, qui a engendré la pire catastrophe humanitaire au monde, de l’avis des Nations unies, est considéré comme une guerre par procuration entre les deux puissances de la région, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. Téhéran est considéré comme le principal appui des rebelles houthis.


Les deux pays soutiennent aussi des factions rivales en Syrie et au Liban.


L'Espagne lâche la Ve flotte américaine


Ces développements dans la région surviennent alors que les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de s’accroître depuis que l’administration Trump a décidé de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, il y a un an.


Cette décision, prise contre l'avis des autres signataires (Chine, Russie, Royaume-Uni, France, Allemagne), s’est traduite par le rétablissement de sanctions américaines contre Téhéran, et notamment contre son industrie pétrolière.


La République islamique menace maintenant de suspendre certains engagements pris en vertu de cet accord.


Vendredi, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de bombardiers B-52.


La proue du porte-avions s'apprête à franchir un pont au-dessus du canal de Suez. Des chasseurs sont stationnés sur le pont. Le porte-avions USS Abraham Lincoln a franchi le canal de Suez jeudi dernier, comme le montre cette photo fournie par le Pentagone. Photo : Reuters / Dan Snow/U.S. Navy

Le gouvernement espagnol a cependant confirmé mardi que la frégate espagnole Mendez Nunez, qui transporte de 215 militaires ne franchira pas le détroit d'Ormuz aux côtés du porte-avions américain, qu'il accompagne depuis maintenant deux ans.


Citant des sources gouvernementales, la presse espagnole avance que ce retrait s'explique par la volonté de Madrid de ne pas se laisser entraîner dans un conflit dans le golfe Persique.


La ministre de la Défense, Marguarita Robles, a plutôt soutenu que la nouvelle mission confiée au porte-avions USS Abraham Lincoln dans la région ne faisait pas partie de l'entente sur la mission de formation conclue il y a deux ans entre les deux pays.


Elle a assuré que le retrait de la frégate ne constituait pas un désaveu de la mission décidée par Washington, et que le Mendez Nunez se joindrait de nouveau au porte-avions une fois que cette mission sera terminée.