Couillard a bien rencontré Kadhafi chez SNC

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Le PLQ main dans la main avec SNC-Lavalin


L’ex-premier ministre Philippe Couillard a confirmé hier sa participation à un programme de formation organisé pour le fils de l’ex-dictateur libyen controversé Mouammar Kadhafi.


Notre Bureau d’enquête a rapporté hier que l’entreprise SNC-Lavalin s’était servie de M. Couillard dans ses efforts pour s’attirer les faveurs de Saadi Khadafi.


Alors ministre de la Santé, il devait faire une présentation d’une heure à M. Kadhafi, lors d’une formation préparée pour le fils du dictateur, de passage à Montréal.


M. Couillard affirme qu’il avait accepté cette invitation, formulée par Jacques Lamarre, alors PDG de SNC-Lavalin.


« [Il] a formulé une requête afin que je présente à M. Saadi Kadhafi les principes de fonctionnement d’un système de santé moderne comme celui du Québec, dans le cadre d’un programme de formation organisé à son intention », a-t-il déclaré.



Saadi Kadhafi, fils de dictateur

Photo AFP

Saadi Kadhafi, fils de dictateur




Selon l’ex-premier ministre, « aucun autre sujet n’a été abordé » durant cette « brève rencontre » avec M. Kadhafi, qui s’est déroulée dans les bureaux montréalais de SNC-Lavalin.


Pas payé


« Je n’ai reçu aucune rémunération ni contrepartie de la part d’aucun intervenant, n’ai eu aucun autre contact avec cet individu et n’ai jamais été contacté par les autorités », a affirmé M. Couillard.


Il a démissionné de son poste de ministre de la Santé en 2008 avant de revenir en politique en 2013.


SNC-Lavalin a plaidé coupable à des accusations de fraude, mercredi.


Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a déploré que M. Couillard se soit laissé utiliser par SNC-Lavalin.


« Un politicien qui donne une formation privée à un fils de dictateur a un problème de jugement », a-t-il dit dans un communiqué.


De son côté, le premier ministre François Legault a refusé de blâmer M. Couillard.


« Je ne le ferais pas aujourd’hui. À l’époque, la situation était différente », a-t-il dit.


Directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient de la Chaire Raoul-Dandurand, Sami Aoun estime que le régime libyen était en période de réhabilitation sur la scène internationale au moment où M. Couillard a accepté l’invitation de SNC.


« À ce moment, on n’avait pas cette sensibilité éthique », a-t-il dit.