Chávez l'irrationnel

Chavez : le référendum du 2 décembre 2007

Président populiste du Venezuela, Hugo Chávez est un mauvais perdant. Deux jours après avoir reconnu sa défaite du bout des lèvres lors d'un référendum qui portait sur des amendements constitutionnels, il est intervenu pour annoncer qu'il ne renonçait pas à son projet. En effet, selon lui, la victoire de l'opposition, dimanche, est une obscénité. Reprenons.
Si les deux blocs de questions qui composaient le référendum soumis à l'examen des Vénézuéliens avaient été adoptés, Chávez aurait pu demeurer président du pays aussi longtemps qu'il l'aurait voulu. Il aurait également hérité de la possibilité de gouverner par décrets et d'imposer, selon le contexte évidemment, l'état d'urgence sans limite de temps. Bref, l'Assemblée nationale et les autres institutions politiques auraient été réduites à un rôle de figurant et de faire-valoir d'El Presidente.
Fort heureusement, une majorité de citoyens, faible il est vrai, n'a pas adhéré à un projet taillé sur mesure par un homme chez qui l'inclination dictatoriale l'emporte largement sur le penchant démocratique, si tant est qu'il en ait. On insiste: si le oui avait obtenu plus de 50 %, Chávez se serait transfiguré, si on peut dire, en un président empruntant autant à Perón qu'à Fidel Castro: populiste et totalitaire.
Aujourd'hui, il entend donc revenir à la charge. Pour parvenir à ses fins, il se promet de présenter une série d'amendements constitutionnels en nombre moindre que ceux proposés dimanche. Mais l'essentiel serait préservé, soit la concentration des pouvoirs et la non-limitation des mandats présidentiels. Et ce, parce qu'il tient mordicus à ce que le Venezuela se transforme en royaume du socialisme du XXIe siècle.
Son obstination a ceci de singulier qu'elle met en relief un déni de la réalité politique du pays. D'abord, il semble que Chávez n'ait pas bien mesuré le fait suivant: sa défaite de dimanche est attribuable à la désaffection des habitants des quartiers populaires. En effet, la géographie électorale du scrutin indique que des bastions du chavisme ont rejeté sa réforme. Ensuite...
Ensuite, son bilan économique est catastrophique. Le brouillon entourant l'application des politiques en matière de prix et de salaires a eu pour conséquence une envolée marquée de l'inflation. Celle-ci dépassant actuellement les 16 %, le coût des produits de base, notamment alimentaires, a passablement augmenté. En outre, la population est aux prises avec une pénurie de lait, d'oeufs, etc. Quoi d'autre? Le sous-investissement dans les infrastructures d'extraction et de distribution du pétrole a eu l'écho suivant: une baisse de production.
À ce portrait intra muros peu reluisant s'ajoute une dégradation des relations avec les voisins sud-américains. En l'espace de quelques mois, Chávez s'est aliéné les dirigeants chilien, colombien, brésilien et autres. En fait, il est beaucoup plus isolé aujourd'hui qu'il l'était hier. Une fois qu'on combine les faits intérieurs à ceux de l'extérieur, El Presidente s'avère un politicien complètement irrationnel.
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