Benoit Labonté nie avoir été financé par Tony Accurso

Montréal - élection 2009

Benoit Labonté Photo: David Boily, La Presse

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Éric Clément - Le chef de l'opposition officielle, Benoit Labonté, a nié, ce vendredi, les affirmations du site ruefrontenac.com selon lesquelles il aurait reçu «une centaine de milliers de dollars» de la part de l'homme d'affaires Tony Accurso, président de Louisbourg Construction et Simard-Beaudry Construction, pour financer sa course à la chefferie de Vision Montréal.
Le journaliste Fabrice de Pierrebourg a écrit des articles ces derniers jours, sur le site ruefrontenac.com, affirmant que M. Labonté a rencontré Tony Accurso dans un restaurant du Vieux-Montréal à la mi-mars 2008 alors que Benoit Labonté était en pleine course à la chefferie de Vision Montréal. La rencontre aurait permis à M. Labonté de financer cette course qui a coûté très cher, notamment le show de Benoit Labonté à la SAT au printemps 2008.Selon ruefrontenac.com, plusieurs personnes auraient participé à ce repas avec Benoît Labonté et un de ses collaborateurs. M. Labonté aurait sollicité «devant témoins» que Tony Accurso l'aide à financer sa course à la chefferie. «Avant de se lever de table, puis de payer la note, Accurso aurait accepté de donner un coup de pouce à l'aspirant maire», écrit le journaliste.
En point de presse, à 13h, Benoit Labonté a tout nié en bloc. Il a juste dit avoir « croisé » une seule fois Tony Accurso lors d'un événement organisé en 2006 par Union Montréal, son ex-parti. Tout le reste est «mensonger», selon lui. «Il semble qu'en politique, tous les coups bas soient permis en campagne électorale mais je dois admettre que celui de ce matin est vraiment un coup directement en bas de la ceinture, a-t-il lancé. Je nie catégoriquement les insinuations publiées ce matin par ruefrontenac.com.»
Benoit Labonté assure que le 17 mars 2008, jour où aurait eu lieu cette rencontre, il n'a eu aucun petit-déjeuner, dîner ou souper d'affaires ni au Vieux-Port ni ailleurs. Il a toutefois ajouté que dans le cadre de son travail de maire de Ville-Marie, il a déjà rencontré des promoteurs pour des projets dans l'arrondissement mais jamais lors de rencontres privées. Benoit Labonté a envoyé, ce vendredi après-midi, une demande de rétractation au site ruefrontenac.com et a déclaré que si le média ne se rétracte pas, «des poursuites judiciaires en diffamation seraient intentées».
Mais le site ruefrontenac.com maintient sa version. «On a mis ça entre les mains de nos avocats, dit Richard Bousquet, coordonnateur de ruefrontenac.com. Le travail de Fabrice de Pierrebourg a été fait avec toute la rigueur nécessaire et toutes les vérifications nécessaires ont été faites par nos avocats. Il n'est pas question que l'on se rétracte.»
À 18h, ce vendredi, le journaliste Davide Gentile, de Radio-Canada, a, à son tour, diffusé un reportage dans lequel il affirme que, selon ses propres sources, M. Labonté a bel et bien rencontré M. Accurso dans un restaurant en mars 2008.
Le journaliste radiocanadien a dit que le parti Vision Montréal a reçu de l'argent comptant en 2008 et l'a transformé en contribution politique légitime. «Le principe, c'est l'argent qui rentre. Source X et l'entourage de Labonté demandent à du monde: "Je te donne 500$ ou 1000$ cash, fais un chèque au parti ou en contrepartie." C'est comme ça», a expliqué une source à Radio-Canada.
La Presse a voulu que M. Labonté commente les nouvelles informations obtenues par Radio-Canada. «On s'en tient ça à la déclaration de cet après-midi», a dit à La Presse à 18h30, Caroline Martel, porte-parole de Vision Montréal. Mais allez-vous demander une rétractation à Radio-Canada? Mme Martel n'a pas encore rappelé.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a dit ce vendredi matin que «son idée est faite sur M. Labonté depuis deux ans». «Je me suis fait mon opinion sur le personnage de M. Labonté dans le dossier de la gare Viger, surtout quand il nommé Cameron Charlebois sur son comité consultatif d'urbanisme, dit-il. Pour moi, mon idée était faite. Benoit Labonté, c'est Zampino 2. Le tandem Harel-Labonté ressemble étrangement au tandem Tremblay-Zampino. Quelqu'un en façade pour jouer le rôle de maire de Montréal et le vrai pouvoir, le manipulateur de marionnettes. Avec Tremblay, c'est Zampino. Que ce sera Harel, il s'appellera Benoit Labonté.
M. Bergeron dit que l'an dernier, il avait demandé aux journalistes de se poser la question sur où M. Labonté prenait l'argent «puisque dans les deux rapports officiels de Vision Montréal des deux années antérieures, il y avait un déficit cumulé de 350 000$». «Et après, subitement, on voit le visage de Labonté partout. Il a bien fallu que quelqu'un la finance cette campagne-là. Alors ce qu'on apprend c'est cohérent avec les dates.»


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