Autriche: l'extrême droite saisit la main tendue par Sebastian Kurz

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En Autriche, la droite tente de s'entendre pour former le prochain gouvernement sur fond de lutte à l'immigration massive

Le dirigeant conservateur autrichien Sébastien Kurtz et le FPÖ ont annoncé mardi l'ouverture de négociations pour la formation d'une coalition de gouvernement. Un retour de l'extrême droite au pouvoir serait une première depuis 17 ans.


Le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, n'a pas été long à saisir la main tendue par le jeune dirigeant conservateur Sébastian Kurtz: trois heures seulement après son invitation mardi matin à engager des pourparlers exclusifs, le leader d'extrême droite a annoncé «accepter» la proposition. «L'Autriche mérite la formation rapide d'un gouvernement stable», a jugé Sebastian Kurz, 31 ans, vainqueur le 15 octobre d'élections législatives anticipées qu'il avait provoquées après dix ans de grande coalition avec la gauche.


«Coalition sushi»


L'ouverture de ces pourparlers était attendue, les deux dirigeants n'ayant cessé de multiplier les signaux en ce sens, qualifiant notamment de «très constructives» leurs discussions préliminaires. Le rapprochement de Kurz et Strache a ainsi déjà gagné le surnom de «coalition sushi» dans la presse de boulevard, du nom du mets que le chef du FPÖ a servi trois jours après le scrutin à Sebastian Kurz lors d'un long dîner privé.



«L'Autriche mérite la formation rapide d'un gouvernement stable.»


Sebastian Kurz,



Si elles aboutissent, les négociations impliqueraient un retour au pouvoir du FPÖ, dix-sept ans après que ce parti y ait été appelé par un autre conservateur, Wolfgang Schüssel. Cette initiative avait à l'époque provoqué un tollé mondial et des sanctions européennes.


Dans un contexte de montée des partis populistes et anti-migrants dans plusieurs pays européens, une telle levée de boucliers apparaît cependant peu probable aujourd'hui, d'autant que Heinz-Christian Strache, 48 ans, a veillé à lisser l'image de son parti, à la tête duquel il a succédé en 2005 à Jörg Haider.


Sebastian Kurz, qui occupe les fonctions de ministre des Affaires étrangères depuis quatre ans et est appelé à devenir le plus jeune dirigeant au monde, a assuré mardi qu'«une orientation pro-européenne claire» était un prérequis pour entrer dans son gouvernement. Les conservateurs ont remporté le scrutin du 15 octobre avec 31,5% des voix, devant le sociaux-démocrates du chancelier sortant Christian Kern (26,9%) et le FPÖ (26%).


Parmi ses conditions pour entrer en coalition, le FPÖ a indiqué qu'il exigerait le ministère de l'Intérieur, un portefeuille régalien qui lui avait échappé en 2000. Heinz-Christian Strache a également fait une priorité de la «sécurisation des frontières», «la démocratie directe à la Suisse» et l'«arrêt de l'islamisation». «Nous avons des points d'accord et des points où nos positions divergent», a relevé Kurz mardi, sans entrer davantage dans les détails. Strache a pour sa part prévenu que les pourparlers n'étaient «qu'un point de départ»: «Ils n'aboutiront pas nécessairement car nous posons plusieurs conditions et ne cherchons pas à entrer au gouvernement à tout prix».


«Loup nationaliste»-


Le président Alexander Van der Bellen, à qui il reviendra d'investir le gouvernement, a prévenu qu'il serait particulièrement attentif à l'orientation pro-européenne du futur exécutif. Il a également fait savoir qu'il garderait un droit de regard sur sa composition, à l'image de son prédécesseur Thomas Klestil, qui avait refusé en 2000 deux ministres proposés par le FPÖ en raison de déclarations xénophobes.



«Que le loup nationaliste revête une peau de mouton bleue (la couleur du FPÖ, ndlr) ne change pas sa nature, seulement son apparence.»


Oskar Deutsch, président de la communauté israélite d'Autriche.



Kurz a assuré dans la presse israélienne qu'une «tolérance zéro» envers l'antisémitisme était une «condition préalable claire» pour entrer dans son gouvernement.


La perspective d'un retour au pouvoir du FPÖ, un parti fondé par d'anciens nazis, n'en suscite pas moins l'inquiétude de la Communauté israélite (IKG) d'Autriche.


Lundi, son président, Oskar Deutsch, avait instamment prié Kurz de renoncer à alliance avec cette formation. «Que le loup nationaliste revête une peau de mouton bleue (la couleur du FPÖ, ndlr) ne change pas sa nature, seulement son apparence», a-t-il estimé.


Le Comité Mauthausen, une organisation de déportés qui a listé un série de dérapages antisémites et xénophobes récents imputables à des cadres du FPÖ, a lui aussi jugé «incurable» ce parti, dont un candidat aux législatives avait encore dû se retirer cet été après des propos à tonalité antisémite. Christian Kern a indiqué mardi se préparer à entrer dans l'opposition face à «deux partis populistes de droite dont les positions se sont rapprochées depuis un certain temps déjà».


Ces derniers jours, Sebastian Kurz avait multiplié les appels en ce sens. Mardi, le dirigeant conservateur a officiellement annoncé qu'il invitait le parti d'extrême droite FPÖ à des négociations exclusives pour la formation d'une coalition de gouvernement. «J'ai décidé d'inviter Heinz-Christian Strache à des négociations», a déclaré le jeune dirigeant en désignant le chef du FPÖ. Au cours d'une conférence de presse, Sébastien Kurz avait souligné avoir déjà eu des discussions préliminaires «très constructives» avec lui et espérer aboutir «avant Noël dans tous les cas».


Vainqueur avec 31,5% des voix des élections législatives anticipées du 15 octobre qu'il avait provoquées après dix ans de grande coalition avec la gauche, Sebastian Kurz, 31 ans, avait durant sa campagne embrassé plusieurs thèmes du FPÖ (26%), notamment sur l'immigration et la fiscalité. L'ouverture de pourparlers formels de coalition était largement attendue, Sebastian Kurz et Heinz-Christian Strache ayant multiplié ces derniers jours les signaux en ce sens, tandis que le chancelier social-démocrate sortant Christian Kern, (26,9%), a dit se préparer à entrer dans l'opposition.


Si elles aboutissent, les négociations gouvernementales signeraient un retour au pouvoir du FPÖ dix-sept ans après que ce parti y a été appelé par un autre conservateur, Wolfgang Schüssel. Cette initiative avait à l'époque provoqué un tollé mondial et des sanctions européennes. Dans un contexte de montée des partis populistes et anti-migrants dans plusieurs pays européens, une telle levée de boucliers apparaît cependant peu probable aujourd'hui, d'autant que Heinz-Christian Strache, 48 ans, a veillé à lisser l'image de son parti, à la tête duquel il a succédé en 2005 à Jörg Haider.



«Que le loup nationaliste revête une peau de mouton bleue (la couleur du FPÖ, ndlr) ne change pas sa nature, seulement son apparence.»


Oskar Deutsch, président de la communauté israélite d'Autriche.



Sebastian Kurz, qui occupe les fonctions de ministre des Affaires étrangères depuis quatre ans, a assuré mardi qu'«une orientation pro-européenne claire» était un prérequis pour entrer dans son gouvernement. Le rapprochement de Kurz et Strache a déjà gagné le surnom de «coalition sushi» dans la presse, du nom du mets que le chef du FPÖ avait servi trois jours après le scrutin à Kurz lors d'un long dîner privé à son domicile. Parmi ses conditions pour entrer en coalition, le FPÖ a indiqué qu'il exigerait le ministère de l'Intérieur, un portefeuille régalien qui lui avait échappé en 2000. Strache a également fait une priorité de la «sécurisation des frontières», «la démocratie directe à la Suisse» et de l'«arrêt de l'islamisation».


«Nous avons des points d'accord et des points où nos positions divergent», a indiqué Kurz mardi, sans entrer davantage dans les détails. Le leader conservateur, qui est appelé à devenir le plus jeune dirigeant au monde, a assuré dans la presse israélienne qu'une «tolérance zéro» envers l'antisémitisme était une «condition préalable claire» pour entrer dans son gouvernement. La perspective d'un retour au pouvoir du FPÖ, un parti fondé par d'anciens nazis, n'en suscite pas moins l'inquiétude de la Communauté israélite (IKG) d'Autriche.



«Nous avons des points d'accord et des points où nos positions divergent.»


Sebastian Kurz à propos du parti d'extrême droite FPÖ



Lundi, son président, Oskar Deutsch, avait instamment prié Kurz de renoncer à alliance avec cette formation. «Que le loup nationaliste revête une peau de mouton bleue (la couleur du FPÖ, ndlr) ne change pas sa nature, seulement son apparence», a-t-il estimé. Le Comité Mauthausen, une organisation de déportés qui a listé une série de dérapages antisémites et xénophobes récents imputables à des cadres du FPÖ, a lui aussi jugé «incurable» ce parti, dont un candidat aux législatives avait encore dû se retirer cet été après des propos à tonalité antisémite.


Le président Alexander Van der Bellen, à qui il reviendra d'investir le gouvernement, a prévenu qu'il serait particulièrement attentif à l'orientation pro-européenne du futur exécutif. Il a également fait savoir qu'il garderait un droit de regard sur sa composition, à l'image de son prédécesseur Thomas Klestil, qui avait refusé en 2000 deux ministres proposés par le FPÖ.