Autonettoyage souverainiste

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« Le PQ ne peut qu’être gagnant en n’étant pas identifié à une horde de radicaux. »

La rocambolesque crise, qui sévit au sein du Bloc québécois, bouleverse assurément les plans des partis souverainistes et chagrine une large frange de population qui rêve de pays ou de plus d’autonomie, mais, comme le dit le proverbe : à quelque chose malheur est bon. Les relations, entre un Bloc mené par Martine Ouellet et un PQ dirigé par Jean-François Lisée, risquaient d’être acrimonieuses lors de la prochaine campagne électorale québécoise. Or, le Bloc agonisant, le PQ pourra s’en tenir à distance.


Les attitudes et le discours de Martine Ouellet ne passaient pas dans la population lorsqu’elle était ministre et elle était surement la personne la plus critiquée dans les coulisses de la presse écrite et électronique. Elle ne recueillait pas, non plus, de popularité auprès de ses collègues députés, considérant qu’aucun d’entre eux ne l’a appuyée dans les deux courses à la direction du PQ. Pour plusieurs, elle est une enquiquineuse convaincue d’avoir toujours raison et il n’est pas rare de l’avoir entendue dénigrer des collègues ou des collaborateurs. À défaut d’avoir remporté la course au leadership au PQ et de pouvoir y imposer ses thèses, elle s’est transportée à la tête d’un Bloc en dissension en espérant prescrire la marche à suivre au PQ à partir d’un siège qu’elle n’occupe pas encore à Ottawa.


Sans être la personne la plus populaire du Québec, Jean-François Lisée a tout de même apporté une approche plus réaliste et pragmatique sur la souveraineté et les valeurs québécoises. Peu à peu, il partage son leadership et suscite des propositions concrètes pour le mieux-être des Québécois en promettant, à moyen terme, de les mener à l’indépendance. Il souhaite prendre le temps d’expliquer et de convaincre de sa nécessité tout en rassurant les gens au lieu de faire fi de leurs craintes. Il est conscient que le pays ne pourra se construire qu’avec une majorité significative de Québécois qui en aura compris l’intérêt. Cela prend du temps et surtout du travail bien fait tant au niveau extraparlementaire que parlementaire.


Jusqu’à présent, le PQ s’est tenu à l’écart des péripéties du Bloc et c’est tant mieux pour lui. En effet, il est préférable qu’il laisse retomber la poussière et le Bloc s’éteindre en se tenant loin des querelles. Il doit concentrer ses énergies sur la diffusion d’une plate-forme électorale solidement appuyée par ses membres et attrayante pour la population. Il n’a surtout pas les moyens d’entretenir des chicanes et encore moins le temps de se laisser scruter à la loupe par les derniers idéalistes du Bloc pour recueillir quelques votes qui lui coûteraient beaucoup d’efforts. En plus, c’est sans compter les désertions qui pourraient s’en suivre.


Un peu comme le mécanisme autonettoyant d’un four, un processus qui n’est pas sans odeur et sans un peu de cendre après l’opération, le brassage actuel au Bloc aura le mérite de faire le ménage dans les relations entre les souverainistes. Le PQ ne peut qu’être gagnant en n’étant pas identifié à une horde de radicaux.