À propos de la tribune libre de Vigile

Appel à la liberté d'expression

L'arbre, pour donner des fruits, a besoin d'eau et de soleil

Tribune libre


Au risque de m’attirer les foudres des dieux, je vous propose cette réflexion qui m’est venue à la suite de la parution de l’article de Robert Barbéris-Gervais sur cette tribune en date du 4 juillet 2011 sous le titre " Le programme de 2005 et la gouvernance souverainiste se complètent ".

Malgré tout le respect que je porte à M. Barbéris-Gervais et le mérite que je lui accorde à vouloir rallier les troupes indépendantistes autour d’un projet commun et à l’intérieur d’un véhicule efficace, évitant ainsi de " semer la zizanie et de nous affaiblir ", je ne crois pas qu’il parviendra à faire l’unité des troupes en utilisant des arguments, tels que celui-ci, extrait de son article :

" Que penser de ces gens qui ont profité des difficultés récentes vécues par Pauline Marois pour faire une offensive tout azimut pour essayer de la discréditer et de l’assommer. Les Anglais diraient : "cheap shots". Oui, c’est "cheap" : ça manque de classe. "

Et M. Barbéris-Gervais d’ajouter :

" Leurs fruits : la division, le doute, le découragement, le pessimisme, la tristesse, la démission, l’écoeurement."

Depuis que j’ai commencé à écrire sur cette tribune libre, j’ai toujours cru que nous avions droit à nos opinions et je continue d’y croire ! Toutefois, dans le débat crucial qui s’est engagé autour du projet de gouvernance souverainiste, il m’apparaît que certains intervenants tentent de ramener la barque dans la bonne direction, ce qui, en soi, est louable, mais en jetant à la mer les membres de l’équipage qui croient à la nécessité de changer l’itinéraire pour conduire le navire à bon port !

Je suis de ceux qui croient en la force de la mobilisation des troupes ! Toutefois, je suis aussi de ceux qui croient en l’échange des idées ! Je ne crois pas aux pouvoirs du " crois ou meurs ", en la possession tranquille de la vérité ! Je ne crois pas que ceux qui ne pensent pas comme moi sont " des faux prophètes qui viennent à moi déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. "

À mon sens, la seule voie pour rallier tous les sympathisants à la cause que nous défendons réside dans la libre circulation des opinions et le respect des différences…tout comme l’arbre, pour donner de bons fruits, a besoin d’eau et de soleil !

***

Des étiquettes porteuses d'ambiguïtés

D’entrée de jeu, je vous propose un extrait de la chronique d’André Savard parue sur cette tribune le 3 juillet 2011 sous le titre « Gouvernance souverainiste et affirmation nationale » :

« Ce qui se passe, c’est que les Québécois n’ont pas de choix réel possible. Le mouvement politique est bloqué et la politique québécoise tourne en roue libre, incapable de donner à son regard de myope l’exercice de la distance. Que le mouvement indépendantiste se rabatte toujours sur l’hypothèse des « pas-pressés », présence dépressive, cause du retard, leur permet de se rassurer dans les ornières de combattants lyriques. »

Selon les dires de M. Savard, près de quarante-cinq ans d’un cheminement tortueux ayant abouti à la situation que l’on connaît actuellement lui permet de conclure que les tenants d’une stratégie conduisant à l’indépendance du Québec, dans les meilleurs délais, doivent être catalogués dans la catégorie des « pressés »! En affirmant une telle conception, je dois admettre que nous divergeons, lui et moi, sur la notion de « pressés » et que je me considère plutôt dans la catégorie des « patients » et non pas dans la position de quelqu’un « incapable de donner à son regard de myope l’exercice de la distance…pas davantage que de me « rassurer dans les ornières de combattants lyriques »!

Voici un autre passage de la chronique de M. Savard :

« Le mouvement indépendantiste se butte à un adversaire qui peut allumer des balises rouges à volonté. Plus le mouvement indépendantiste est fort, plus les balises rouges s’allument. Plus il est faible, plus on reste dans une trêve apparente, la provincialisation du Québec. »

À cet effet, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt la Déclaration de principes adoptée dans le programme du Parti québécois à son congrès de 2005 dans l’article de Robert Barbéris-Gervais publié sur cette tribune le 3 juillet 2011 sous le titre « Le programme du Parti québécois (première partie) » et, même s’il ne constitue que le préambule du programme adopté lors de ce congrès, j’y ai perçu des principes directeurs articulés permettant de contrer les « balises rouges » de notre adversaire et plutôt d’allumer des « feux verts » vers l’accession à notre indépendance, et à sortir de la « trêve apparente » dans laquelle nous enlise la gouvernance souverainiste de Pauline Marois.

Enfin, parlant de Mme Marois, je vous laisse sur cette réflexion. Prenons pour acquis que, selon la distinction de M. Savard, elle soit considérée dans le clan des « pas-pressés »…je crois que vous serez tous de mon avis! Se pourrait-il que, compte tenu de son allergie à prononcer le mot « indépendance », on puisse la classer dans la catégorie des « pas-intéressés »?


Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1820 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    6 juillet 2011

    J’ai écrit : "Je demande donc à Nicole Hébert, Andrée Ferretti, Jean-Claude Pomerleau, Marcel Haché, René-Marcel Sauvé, Louis Champagne et d’autres que je m’excuse d’oublier, de continuer le combat."
    J’avais oublié Roger Kemp qui vient de publier sur Vigile :
    Dire NON au PQ : réfléchissons avant de le dire.
    Claude G. Thompson est un disciple de l’avocat à la retraite. Il écrit :
    "Malgré les louables efforts de M. Barberis-Gervais, je n’arrive pas à me rendre à ses arguments. Je n’ai pas confiance en M. Marois et il faudra bien autre chose que sa « gouvernance actuelle du PQ » pour me convaincre de ses qualités de cheffe."

    Quelques remarques sur les circonstances politiques qui ont donné l’occasion de s’exprimer à cette déferlante anti-Marois.
    1- Ce qui cause le désarroi dans le mouvement indépendantiste, c’est la défaite du 2 mai où le Bloc est passé de 47 députés à 4. C’est tellement évident mais il faut le dire. La conclusion : on peut s’attendre à tout de l’électorat québécois qualifié pudiquement de "volatile" mais moi je dirais plutôt "manipulable" par on sait qui : Power et La Presse-CROP- Radio-Canada.
    Conséquence : il pourrait arriver la même chose au Parti québécois surtout après la démission de Lisette Lapointe-Parizeau ; Louise Beaudoin ; Pierre Curzi et surtout de Jean-Martin Aussant qui a dit exactement la même chose que Claude G. Thompson ici cité.
    Pour éviter cette déconfiture possible, on met tout sur le dos de Pauline Marois et on lui demande de laisser la place à quelqu’un d’autre. Je désapprouve mais je comprends.
    2- A propos du PQ-Marois. Ce raccourci est polémique plus que politique.
    A- Bernard Drainville demande que l’insistance soit mise sur l’équipe ;
    B- Ce qu’on appelle le plan Marois de gouvernance souverainiste a été conçu par une équipe de députés parmi lesquels se trouvait Bernard Drainville ; on a aussi noté l’influence du Plan Larose. Et il a été adopté par un congrès, celui d’avril 2011. Ce n’est pas juste politiquement (et honnête intellectuellement) de profiter des critiques qu’on peut faire à ce projet de gouvernance souverainiste pour planter Madame Marois, personnellement, comme chef.
    C- A cause du ton des attaques et des insultes et injures, on a oublié une perspective que j’ai déjà eue et à laquelle il faudrait revenir qui est la suivante :
    au lieu de dire stupidement et agressivement : "le plan Marois à la poubelle" (et Marois elle-même...), pourquoi ne pas se demander qu’est-ce qui pourrait être ajouté ou retranché pour l’améliorer ?
    Ainsi, par exemple, si on dit qu’il faut formuler un programme qui affirme la souveraineté du peuple québécois pour contester la constitution de 1982 qui a déjà été rejetée par le NON de l’Assemblée nationale qui parle au nom du peuple québécois, un texte pourrait chapeauter "la gouvernance souverainiste".
    Si Luc Archambault veut m’envoyer ce texte écrit dans un français accessible au commun des mortels, je le prendrai à mon propre compte et je le publierai sur Vigile. Luc A. ne rejette pas la gouvernance souverainiste, si je comprends bien. Il dit qu’"il lui manque quelque chose de fondamental pour mériter le qualificatif de "souverainiste".
    Sur les amendements possibles, il me faudra revenir à des articles que j’ai déjà écrits et aussi lire les nombreux articles de Pierre Cloutier publiés sur Vigile sur le sujet, quel pensum ! Surtout quand on sait que sur les 200 articles que Cloutier a écrits, il y en a une quinzaine (en plus de très nombreux "commentaires") qui réclament le départ de Pauline Marois et le retour de son ami Bernard Landry. Toutes ses contestations s’habillent de la rationalité archiviste et du légalisme sélectif (sans oublier les insultes pseudo-humoristiques du genre BCBG et les imbécilités du genre "chouveraineté" et "provincialisme de merde") et ne sont que des prétextes pour obtenir le départ de Pauline Marois.
    Jusqu’à souhaiter l’élection du tandem Sirois-Legault dans une mentalité ABPM : anybody but Pauline Marois tel que décrit par Louis Champagne.
    Nous ne sommes pas d'accord avec ce passage (logique) du maximalisme à la politique du pire.
    On a beau se réclamer de la liberté d'expression, un agent du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) un peu zélé qui offrirait ses services pour déstabiliser le mouvement indépendantiste pourrait se faire répondre: ne faisons rien, ce n'est pas nécessaire: il y en a qui s'en chargent à notre place.
    Robert Barberis-Gervais, du Vieux-Longueuil, 6 juillet 2011

  • Claude G. Thompson Répondre

    5 juillet 2011

    Monsieur Marineau.
    Vous écrivez :
    “ Enfin, parlant de Mme Marois, je vous laisse sur cette réflexion. Prenons pour acquis que, selon la distinction de M. Savard, elle soit considérée dans le clan des « pas-pressés »…je crois que vous serez tous de mon avis ! Se pourrait-il que, compte tenu de son allergie à prononcer le mot « indépendance », on puisse la classer dans la catégorie des « pas-intéressés » ? ”
    Bonne question. Je me demandais il y a peu ce qu’avait à voir avec la construction d’un pays les propositions de Madame Marois concernant les cent premiers jours de la prise du pouvoir du PQ.
    J’écrivais :
    “ [… Mis à part ce dont nous sommes en droit de nous attendre d’un bon gouvernement, il n’y a rien dans tout ça qui ait à voir avec « FAIRE L’INDÉPENDANCE ! ».
    L’indépendance… le mot qui ne passe pas les lèvres de Madame Marois. Comme le souligne très justement M. Parent dans son envoi d’aujourd’hui, la cheffe semble avoir pour ce mot une révulsion qui l’amène à éviter de le dire et de le prononcer même lorsqu’on insiste dans le cadre d’une entrevue menée par un Michel Desautels plutôt insistant…].”
    Malgré les louables efforts de M. Barberis-Gervais, je n’arrive pas à me rendre à ses arguments. Je n’ai pas confiance en M. Marois et il faudra bien autre chose que sa « gouvernance actuelle du PQ » pour me convaincre de ses qualités de cheffe.
    Quant à ses affirmations à l’effet que :
    " Que penser de ces gens qui ont profité des difficultés récentes vécues par Pauline Marois pour faire une offensive tout azimut pour essayer de la discréditer et de l’assommer. Les Anglais diraient : "cheap shots". Oui, c’est "cheap" : ça manque de classe.
    Leurs fruits : la division, le doute, le découragement, le pessimisme, la tristesse, la démission, l’écoeurement. ”
    Je ne saurais y répondre que par l’adage qui dit qu’on traite les autres de ce qu’on est. Bien que je ne désire nullement ainsi traiter M. Barberis-Gervais dont les louables tentatives de rapprochement des différentes factions pour l’indépendance nous sont la preuve de son patriotisme, mais dont l’ardeur et la vivacité langagière, comme cela peut occasionnellement arriver à n’importe lequel d’entre nous, dépassent parfois les limites de sa propre pensée.
    Claude G. Thompson

  • Archives de Vigile Répondre

    5 juillet 2011

    [1] Ce n'est rien. Si vous aviez vu le texte de bêtises que BCBG m'a envoyé dans ma boite de courriel privé, parce que Vigile refusait de le passer, vous seriez extrêmement déçu de ce personnage. À ses yeux, je ne suis qu'un enragé, malgré toute la rigueur et la discipline intellectuelle que je mets dans mes textes.
    [2] Y a rien à faire avec les fafans de Pauline Marois. Rien. Absolument rien, sinon les laisser braire et défaire patiemment leurs arguments.
    [3] Cela fait au moins 3 ans que sur Vigile je décortique le Plan Marois en le comparant au "projet de pays" voté en 2005 et qui a été mis aux poubelles par le PQBoisclair et le PQMarois. Faut le faire. Essayez d'imaginer : des gens qui se prétendent souverainistes et qui refusent délibérément de présenter à l'électorat un "projet de pays" qui est censé être le coeur de leur engagement politique.
    [4] Vous voyez bien que cela n'a aucun sens. En plus, on s'aperçoit maintenant que le "projet de pays", des fafans comme BG, ne l'avaient même pas lu.
    [5] Lorsqu'il le découvre, B.G. essaie de se rattraper en disant que le Plan Marois et le "projet de pays" sont complémentaires! Encore de la confusion et de la désinformation.
    [6] Le Plan Marois est un plan d'affirmation nationale qui prône la bonne gouvernance péquiste provinciale pour une période indéterminée en attendant le jour béni d'un prochain référendum qui viendra probablement dans la semaine des 4 jeudis. Selon ses fafans, il suffit d'un simple "clin d'oeil" de la part de Mme Marois pour comprendre où elle s'en va et qu'il faut lui faire confiance. Cela, c'est vraiment le comble de la bêtise!
    [7] Le projet de pays est un programme d'État, une plate-forme électorale nationale qui relègue au second plan toute plate-forme de gouvernance provinciale. C'est une proposition directe et franche de pays à l'électorat avec un référendum rapide. C'est de faire en sorte que lors d'une élection, le thème principal n'est pas la gestion de la province de Québec, mais son accession au statut de pays.
    [8] Pas besoin d'être prof de cégep pour comprendre cela. Juste un peu de gros bon sens et de rigueur intellectuelle.
    [9] Nous dire que le Plan Marois et le projet de pays, sont complémentaires, c'est de la manipulation et de la mauvaise foi. On ne tombera pas dans ce panneau-là. Ce n'est pas vrai. Le Plan Marois est un plan conçu sur mesure pour les petits politiciens professionnels qui veulent étirer leur temps de glace sur la patinoire provinciale tout en conservant leur base électorale souverainiste. C'est le beurre et l'argent du beurre.
    [10] Le projet de pays, c'est celui des patriotes et des indépendantistes qui ont le courage minimal de mettre sur la table ce qu'ils souhaitent de tout coeur : un pays. Vous voulez un pays? Mettez-le sur la table directement et franchement lors d'une élection et les gens décideront. Le reste c'est la boulechite et du bla-bla "chouverainiste ronronnant et mollasson.
    Pierre Cloutier