Biographie de Trudeau

Antisémite et séparatiste

Par Martin Bisaillon

Trudeau : fils du Québec, père du Canada


En 1936, le jeune Trudeau rêvait de libérer le Québec... en 1976.
Dans sa jeunesse, Pierre Elliott Trudeau était séparatiste, d'extrême droite, ultra catholique et antisémite. Il admirait même le fondateur d'une division SS au service des nazis.
«Si je suis assez chanceux pour mettre la main sur une guerre, je me joins au service aérien du côté perdant. Après de nombreux exploits périlleux [...] je reviens à Montréal vers 1976 : le temps est mûr pour déclarer l'indépendance du Québec», prévoit Pierre Trudeau en 1936.
Ce texte étonnant se retrouve dans un livre à paraître cette semaine, intitulé Trudeau, fils du Québec, père du Canada.
L'ouvrage a été rédigé par deux universitaires à la retraite, Max et Monique Nemni, des amis personnels de M. Trudeau.
Ce volume est le premier d'une série. Il évoque les années 1919 à 1944.
Grâce à de nouvelles archives retracées sur l'ex-premier ministre, les auteurs nous éclairent sur les années de formation de l'ex-premier ministre. Ils nous apprennent que, dans sa jeunesse, Trudeau était membre d'un groupuscule indépendantiste.
En outre, il était un catholique fervent, influencé par les oeuvres de Lionel Groulx sur la survivance de la nation canadienne-française.
Le jeune Trudeau était également influencé par les intellectuels français d'extrême droite comme Charles Maurras et Robert Brasillach. Celui-ci sera fusillé pour collaboration avec l'Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Non seulement le jeune Trudeau était-il un admirateur de ces antisémites, il a lui-même mis la main à la pâte. C'est ainsi qu'il écrit en 1938 une pièce de théâtre antisémite, jouée à Brébeuf. Celle-ci voulait «montrer la différence entre les juifs malhonnêtes et profiteurs et les Canadiens français honnêtes et naïfs», expliquent les auteurs.
Admirateur d'un ss
Mais il y a encore pire. Trudeau était, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, un admirateur du fasciste belge Léon Degrelle, le fondateur de la division SS Wallonie, qui s'est tristement illustrée sur le front de l'Est.
«Voilà, en 1942, un jeune homme qu'il faut imiter, selon Trudeau !», expliquent les Nemni.
Outre Degrelle, on apprend que Trudeau vénérait le maréchal Pétain, celui-là même qui a plongé la France dans les ténèbres, à la suite de la défaite de juin 1940.
Rappelons que Pétain s'est engagé dans la collaboration avec l'Allemagne nazie, sous prétexte de régénérer la France autour de la devise «Travail Famille Patrie».
Il en a résulté l'établissement d'une dictature antisémite vassalisée au IIIe Reich.
Contre la conscription
Comme la plus grande partie de la jeunesse de son époque, Trudeau a milité activement contre la conscription en 1942.
À cette époque, l'effort de guerre était essentiel à la préservation de la démocratie dans le monde. Mais Trudeau croyait toujours que le conflit n'était qu'une guerre européenne, dans laquelle le Canada n'avait pas affaire.
Le livre se termine en 1944, quand Trudeau se prépare à aller étudier à l'Université Harvard. Comme le notent les auteurs :
«Le jeune Trudeau, mouture 1941-1944, défend avec un enthousiasme et une conviction à toute épreuve des positions idéologiques pour lesquelles le Trudeau post-1950 va acquérir beaucoup de mépris.»
Le livre sera en librairie le 11 avril.
mbisaillon@journalmtl.com



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