Alain Dubuc a pu faire ses études dans les années 70 pour presque rien

Cela sans doute l'a-t-il oublié

Tribune libre

Alain Dubuc multiplie les attaques contre les étudiants et les dangereux "gauchistes", tel Amir Khadir. Sans doute a-t-il oublié l'époque du début des annes 70, alors qu'il étudiait lui-même à l'Université de Montréal, faisait en même temps partie d'un groupe d'obédience trotkyste, et n'avait aussi presque rien à payer pour ses frais de scolarité.
À cette époque, les gouvernements n'avaient pas encore commencé à augmenter les frais de scolarité au niveau universitaire. On pensait alors très largement, au sein de la société, que l'éducation était un droit, et non un prévilège. C'était un acquis de la Révolution tranquille qui venait de se terminer.
Personne n'osait encore, comme Alain Dubuc le fait aujourd'hui, avec plusieurs autres, prétendre que l'éducation supérieure était en fait un privilège et qu'il était conséquemment normal de payer de fortes sommes pour y avoir accès. Cela aurait revenu à revenir en arrière. Comme au temps de Duplessis.
À y regarder de plus près, on notera au passage comment les adversaires du mouvement étudiant, de même que de tout le mouvement de contestation encore plus large qui en a résulté, semblent tous et toutes avoir comme point commun d'avoir la mémoire sélective. Surtout du côté fédéraliste ainsi que de tous les amis du régime Charest. D'autant qu'ils ont tous et toutes, pour la plupart, étudié verrs la même période et tous et toutes ont aussi profité de frais de scolarité qui étaient alors très bas (comparativement à aujourd'hui).

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André Parizeau39 articles

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Chef du Parti communiste du Québec (PCQ), membre fondateur de Québec solidaire, membre du Bloc québécois, et membre de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal (SSJBM)





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4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    10 juin 2012

    Ceux qui ont le plus profité du gel sont les étudiants des années 80, les X. La génération la plus anti-boomers au monde...
    Dans les années 80, le salaire minimum est passé de 3$ à 5$, et les frais sont restés gelés à 550$. Une année représentait donc entre 110 et 183 heures au travail minimum. Beaucoup moins que les 300 heures qu'ont payé les Boomers entre 1965 et 1979). Et même moins que ce que paient les Y actuels.
    http://www.cnt.gouv.qc.ca/salaire-paie-et-travail/salaire/historique-du-salaire-minimum/index.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Droits_de_scolarit%C3%A9_qu%C3%A9bec_2012.svg

  • Archives de Vigile Répondre

    9 juin 2012

    M. Parizeau a raison. La génération des Dubuc (et Lysiane Gagnon? et André Pratte? et...) n'a pas payé plus cher ses études post-secondaires. Au contraire. En 1975-76 les frais de scolarité étaient de 547$ en $ courants, soient 349$ en $ constants de 1968-69. Pour 2011-2012 ils sont de 2168$, soient 347$ en $ constants de 1968-69, *auxquels s'ajoutent 700$ en frais afférents pour un total de 2868$ en $ courants*, donc bien plus que l'on payait - en dollars contrôlés pour l'inflation - qu'au milieu des années 1970. Et les finissants d'aujourd'hui font face à beaucoup *plus* de précarité dans le marché du travail que leurs prédécesseurs bébéboomer - moins de bénéfices, retraites plus tardives en vue etc.
    (v. http://economieautrement.org/IMG/pdf/van_schendel_Frais_de_scolariteVvS_Mai_2012.pdf )
    Je me demande des fois si les Pratte/Dubuc/Gagnon/Martineau souffrent d'une espèce de démentie collective, dont le symptôme principal est de se méprendre pour « la plus grande génération ». La plus grande génération hypocrite, dirais-je.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 juin 2012

    Trotkyiste ?
    Je le croyais maoïste comme Duceppe.
    Mais bon, de votre position, monsieur Parizeau, vous en savez plus que moi.
    J'aurais plutôt écrit "pour rien" au lieu de "pour presque rien".
    Il a compris que les Trotkyistes étaient finalement anti-collectivistes (expérience des Koulaks) et qu'ils ont généralement tous mué en néo-cons (sinon en Larouchistes).
    D'où le John Galt d'Atlas Shrugged. Mais nous avons connu un autre Galt au Canada.
    Comment Alain Dubuc a pu passé à la Presse ?
    Il ne faut pas s'étonner. Un ancien éditeur de la Presse fut jadis un espion du ComIntern.La prise de contrôle de GESCA fit une certaine internationalisation à la sauce Rockefeller qui récupère les vieux révolutionnaires.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 juin 2012

    Faux. Fin des années 60, les frais universitaires annuels étaient de l'ordre de 500$ et le salaire minimum à 1,50$.
    Les frais coutaient donc 333 heures au "salaire étudiant".

    Le salaire minimum est à 9,90$ fait 33 heures donneraient des frais universitaires à 3,300$.
    Le chomage était aussi plus élevé, surtout chez les jeunes. Aujourd'hui ils ont presque tous une job assuré à la sortie.