Voici quelles sont les priorités du nouveau ministre de l’Éducation

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Espérons qu'une vision plus classique de l'enseignement prévaudra

Avouant encore «faire le saut» lorsqu’on l’appelle ministre, le nouveau patron de l’Éducation, Jean-François Roberge, était déjà à pied d’œuvre, vendredi, pour rapidement «commencer le travail» dans son ministère.


C’est du moins ce qu’il a affirmé à QUB Radio, en entrevue avec Benoît Dutrizac.


L’ex-enseignant, auteur du livre Et si on réinventait l’école? et ex-critique en matière d’Éducation lorsque son parti formait la deuxième opposition, a eu l’occasion de s’exprimer à maintes reprises sur sa vision de la réforme du réseau de l’Éducation.


Mais par où commencera-t-il?


Et non, ce ne sera pas par l’implantation de la maternelle quatre ans!


«La première des choses, le premier chantier c’est la mise à niveau de nos écoles. Ça va prendre plusieurs années, mais il faut commencer tout de suite et puis ça va être de revoir les façons de faire. Notre façon de planifier et d’organiser la rénovation et la construction des écoles nous a menés à des écoles vétustes et des écoles qui débordent. Cet automne je m’attarde à ça dans les prochaines semaines», a-t-il expliqué au micro de Dutrizac.


Et pour ce faire, Jean-François Roberge est d’avis qu’il faudra accélérer la prise de décision et réduire la bureaucratie.


«Quand les commissions scolaires disent: “On a besoin d’agrandir une école ou construire une nouvelle école”, souvent ça prendre 12 mois, 16 mois, 18 mois avant même d’avoir une réponse du ministère. Ça, il faut ramener ça à quelques mois. La décision doit se prendre. Ensuite, il y a beaucoup d’aller-retour dans le dossier quand la commission scolaire a enfin son “go”, vas-y, ils ne sont pas autonomes. Ils ne peuvent pas avancer. Il y a un paquet de redditions de compte d’aller-retour [...] école-ministère-commission scolaire. C’est très long. C’est à ça qu’on va s’attarder. [...] Ce que je vous dis c’est qu’il y a beaucoup de bureaucratie, de procédures administratives qui vont être ramenées dans une optique d’efficacité et d’efficience», plaide-t-il.


Donner le choix aux parents


Une fois que la mise à niveau des écoles sera complétée, le nouveau ministre mettra le cap sur l’un des engagements phares de son gouvernement, soit de permettre aux parents qui le désirent d’envoyer leurs enfants de quatre ans à la prématernelle.


«Il y a à peu près 20% des enfants de quatre ans qui sont en CPE. Donc c’est très très bien qu’ils y soient, mais il y a quand même 80% des enfants qui [...] ne sont pas dans le réseau [...], donc il ne faut pas voir l’offre de maternelle quatre ans non obligatoire comme une attaque envers nos CPE. C’est mathématiquement faux. Ça va être complémentaire et notre engagement c’est de l’offrir à tous», croit-il.


Éliminer les commissions scolaires


Le ministre Roberge assure aussi que son parti ira de l’avant avec ses engagements et «éliminera» les commissions scolaires.


«On va le faire et ça va se faire dans le mandat», a-t-il mentionné, précisant que les commissions scolaires seront transformées en centre de service.


Jean-François Roberge souhaite ainsi «remettre les écoles dans les mains de leur communauté».


«On va donner beaucoup plus de pouvoir à la démocratie locale. [...] Les gens qui s’investiront dans les conseils d’établissement auront plus leur mot à dire dans ce qu’il se passe dans leur école puis on veut une école à l’échelle humaine», souhaite-t-il.  


LAB-école


Au cours de l’entrevue, Jean-François Roberge a souligné quelques bonnes réalisations du gouvernement libéral, telles que les actions qui ont été posées contre les écoles religieuses illégales.


Il compte d’ailleurs rencontrer les gens du LAB-école, un organisme responsable de réfléchir à l’école de demain, une initiative du gouvernement libéral, afin qu’ils puissent poursuivre leur mission.


«Je ne pense pas qu’il faut stopper toutes les initiatives autres que celles du ministère de l’Éducation. Moi je trouve intéressant que des gens de partout dans la société veuillent s’investir. Vous savez on dit que l’Éducation va être une priorité nationale, ben il faut accepter qu’il n’y ait pas que des experts qui s’intéressent au dossier», a-t-il conclu.