Une nouvelle laïcité

Laïcité - Débat québécois

Editorial - FRANCE CATHOLIQUE - Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran, le 20 décembre, est incontestablement à marquer d’une pierre blanche, car il confère à la laïcité de l’État une tonalité jusqu’ici étrangère à l’histoire de la République française. Sans rien renier de l’indépendance de cet État à l’égard des religions, le président de la République a tenu à célébrer, avec force et fierté, le passé chrétien de notre pays, en insistant sur la pénétration de la foi en profondeur dans la société française, en ce qui concerne "[…] sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature" […] Son langage, nullement affecté, était, au contraire, emprunt d’un lyrisme convaincu, célébrant aussi bien les grandes figures de la sainteté que celles de la théologie et de la pensée, de saint Bernard à René Girard… Et que dire de l’évocation du car­dinal Jean-Marie Lustiger, des fortes citations de Georges Bernanos et d’Henri de Lubac  ? Non, on n’avait jamais entendu pareil propos dans une intervention officielle de la part d’un Président.
Beaucoup de réactions ont montré, depuis lors, un vif déplaisir de la part des porte-parole du rationalisme, de la libre-pensée, voire de la gauche française qui, par la voix de François Hollande, a dénoncé le ton de "la droite la plus cléricale". Rien d’étonnant à cela. Il faut bien reconnaître qu’il y avait un peu de provocation venant de Nicolas Sarkozy, qui ne pouvait que secouer un secteur de l’opinion, crispé dans ses préventions, ses phobies, ses réflexes agressifs à l’égard d’une partie de l’identité française qui l’a toujours indisposé et qu’il lui est arrivé de combattre jusqu’à la persécution - que l’on pense à l’exil massif des congrégations religieuses au début de la IIIe République  ! Il est assez difficile à entendre pour certains que la vision positive de la laïcité que nous pouvons avoir aujourd’hui est rétrospective et que la loi de 1905 n’est devenue pacificatrice qu’en sortant du climat anticlérical où elle était née, grâce à une évolution favorable de la jurisprudence.
Nos amis non-catholiques et non-chrétiens auraient tort de penser que l’exaltation des racines chrétiennes de la France par le Président leur serait préjudiciable. L’appréciation positive du fait religieux est une chance d’ouverture pour tous dans une logique enfin décomplexée qui joue pleinement pour la liberté de la conscience et de l’Esprit. Sans doute, tous les graves problèmes, notamment éthiques, qui se posent dans notre société, demeurent en suspens. Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer avec reconnaissance le beau discours de Nicolas Sarkozy.
Gérard LECLERC
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