Grèce

Une autre cure de rigueur amplifie la colère de la rue

«Les indignés» dans le monde


Agence France-Presse - Athènes — La perspective de nouvelles mesures d'austérité pour éviter le défaut de paiement qui menace la Grèce et risque d'ébranler la zone euro a déclenché hier une montée des tensions sociales dans le pays, avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre.
«Nous allons faire tout ce qu'il faut pour ne pas mettre en danger l'avenir du pays et sa place dans la zone euro», a assuré devant le Parlement le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, qui a négocié lundi et mardi par téléconférence avec les créanciers du pays.
Le gouvernement grec a annoncé qu'il allait procéder à partir du 1er novembre à de nouvelles coupes dans les retraites supérieures à 1200 euros par mois, instaurer le chômage technique pour 30 000 salariés du secteur public d'ici la fin 2011, et abaisser le seuil minimum d'imposition à 5000 euros de revenus par an, selon un communiqué diffusé à l'issue d'un Conseil des ministres.
La constitution d'une grille de salaires unique dans la fonction publique, une réforme de l'administration fiscale et l'accélération des privatisations pour réduire la dette, ont également été promis.
L'objectif pour la Grèce est de convaincre la troïka de ses créanciers — Fonds monétaire international (FMI), zone euro et Banque centrale européenne (BCE) — de lui verser une sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement en octobre.
Cette nouvelle cure de rigueur suscite la colère de la population. Dès hier soir, une manifestation anti-austérité a eu lieu dans les rues d'Athènes à l'appel du syndicat communiste Pame. Aujourd'hui, la capitale grecque sera privée de tout type de transport, une situation exceptionnelle. Le secteur public sera en grève le 5 octobre, avant une grève générale de 24 heures prévue le 19 octobre.
«Aujourd'hui, nous faisons tout pour sauver la Grèce», a assuré la ministre française du Budget, Valérie Pécresse, écartant vivement un éventuel défaut de paiement d'Athènes. «Ça nous coûterait beaucoup plus cher d'envisager un autre scénario», a-t-elle estimé.
Pour la zone euro, l'enjeu est colossal. Le sort de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande, pays aux finances publiques exsangues, est lié à la manière dont sera traitée la Grèce, avancent économistes et analystes. «La résolution du cas grec est déterminante», assure Cédric Thellier, économiste chez Natixis. «Si on laisse la Grèce livrée à elle-même, on envoie un signal aux investisseurs que quand il y a un problème en zone euro, c'est le défaut».
Les spéculateurs pourraient ensuite «mettre la pression sur d'autres pays comme le Portugal, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie», prévient-il. Or un défaut de l'Italie, troisième économie de la zone euro, «signifierait l'éclatement de l'Union monétaire», affirme l'économiste.
Le Portugal a prévenu hier qu'un défaut de paiement d'Athènes l'obligerait à demander une nouvelle aide financière internationale. Le Portugal a emprunté hier 1250 milliards d'euros (sic) en bons du Trésor à court terme, à des taux élevés, dépassant 5,2 % pour la ligne à six mois.
À l'inverse, les taux des obligations allemandes ne cessent de diminuer. La Banque centrale allemande a pour la première fois émis un emprunt à dix ans à un taux inférieur à 2 %.


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