Sondages 2007

Un gouvernement péquiste presque majoritaire ! (2)

Québec 2007 - Tribune libre de Vigile


C’est parti, et pour les chefs en lice, ce sera long. Car plus que jamais et même si c’est un cliché, la lutte se fera «comté par comté». C’est en effet ce que chacun sent d’instinct dans ce qui, dans les circonscriptions francophones, a des airs évidents de lutte à trois. Par contre, si l’on ne se fie qu’aux chiffres du sondage CROP – La Presse de ce matin et en se basant sur les résultats de l’élection de 2003, il demeure que c’est le Parti Québécois qui formerait le prochain gouvernement et qu’il passerait à un cheveux d’être majoritaire. Le problème pour André Boisclair, c’est que les électeurs ne passseront aux urnes qu’après un long chemin de croix de 33 jours. Le chef du PQ devra donc d’abord faire adopter sa plate-forme électorale dans une atmosphère d’unité, parcourir le Québec sans anicroche, puis subir le supplice du débat des chefs. Tout ça pour séduire principalement les 14% d’indécis qui tiennent l’issue de ce scrutin entre leurs mains. Plus l’avance de 3% du PLQ sur le PQ dans le vote populaire s’approchera des 6% au delà desquels des dizaines de circonscriptions basculent dans le camp libéral, plus sont hasardeuses les projections mathématiques comme celle qui suit, car elles ne tiennent pas compte des situations locales. Néanmoins, à la lumière du sondage de ce matin :
● C’est le Parti Québécois d’André Boisclair qui prendra la gouverne de l’État québécois le 26 mars prochain. Avec 62 députés, ce gouvernement minoritaire serait à un cheveu du chiffre magique des 63 sièges assurant la majorité à l’Assemblée nationale. Une telle situation lancera une intense séance de maraudage péquiste dans les rangs adverses. La candidature de Marc Laviolette dans Soulanges apparaît courageuse car les chiffres le font perdant face à son adversaire libéral. Mais c’est sans compter sur sa notoriété et sa fougue. Aux gains péquistes du sondage Léger Marketing du 13 février dernier s’ajoutent maintenant les circonscriptions de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, La Peltrie, Lévis, René-Lévesque, Berthier, Saint-Maurice et Jonquière, toutes soutirées à l’ADQ.
● Le Parti Libéral de Jean Charest sera le chef d’une Opposition officielle forte de 52 députés, malgré une pluralité de voix. En comparaison du sondage Léger Marketing du 13 février qui lui accordait 53 sièges, ce sont toujours principalement des députés libéraux des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches qui mordront la poussière, aux mains de l’ADQ. Mais la circonscription de Jonquière, de retour au bercail péquiste, vient s’ajouter à ce nombre.
● L’Action démocratique du Québec de Mario Dumont n’obtiendra pas le statut de parti officiel car malgré ses 11 députés, elle ne recueillera pas les 20% requis. Prolifique dans Chaudière-Appalaches avec 6 victoires sur 8 circonscriptions. L’ADQ fera son apparition à Québec avec 3 élus sur 11 candidatures. Depuis le sondage Léger Marketing du 13 février, les circonscriptions de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, La Peltrie, Lévis, René-Lévesque, Berthier et Saint-Maurice quittent le navire adéquiste. C’est donc là que le chef adéquiste doit concentrer ses efforts de campagne.
● Pour Québec solidaire, Françoise David est donnée mathématiquement perdante dans Gouin, mais le ralliement à sa cause de tous les votes tiers (autres que PQ, PLQ et ADQ) suffit à la faire talonner le péquiste Nicolas Girard. Ce dernier a donc tout intérêt à rester dans sa circonscription jusqu’au 26 mars pour fidéliser ses électeurs de 2003.
Évidemment, de telles prédictions doivent être reçues avec prudence. Mais il demeure relativement probable que :
● Le prochain gouvernement du Québec sera minoritaire sans qu’on puisse encore dire quel parti sera à sa tête.
● Compte tenu de la nature imprévisible de ce scrutin à ce jour, le taux de participation sera plus élevé que les piètres 70,4% de 2003, ce qui devrait aider André Boisclair, lui qui semble déterminé à faire sortir son vote naturel en parlant de souveraineté durant cette campagne.
● L’élection d’au moins un candidat adéquiste dans la région de Québec devrait encourager Mario Dumont à demeurer chef de son parti. Mais le thème des accomodements raisonnables peut tout aussi bien faire sa fortune (si de nouveaux cas troublants ressurgissent en cours de campagne) que sa déroute (si des groupes se mobilisent contre de possibles excès d’exploitation partisane de ce sujet sensible)
Au delà de toutes ces extrapolations, la raison nous commande cependant de n’y voir que l’état instantané d’une campagne qui n’en est qu’à son tout premier jour. Avec de tels sondages, force est de constater que la performance des chefs sera déterminante. Que le meilleur «war room» l’emporte !
CHRISTIAN GAGNON, ing.

L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre
d’octobre 2002 à décembre 2005

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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