Ultime effort de Theresa May pour sauver son accord sur le Brexit

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La difficile lutte du Royaume-Uni pour sortir de l'UE


Dans un ultime discours à la Chambre des communes, la première ministre Theresa May a exhorté lundi les députés opposés à son accord de Brexit à ne pas « laisser tomber le peuple britannique » à moins de 24 heures du vote sur cette entente controversée.




Confrontée à un rejet de l’accord par le Parlement, la première ministre britannique a appelé ses collègues de la Chambre à examiner de nouveau le texte de cet accord qui fixe les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 29 mars prochain.


Visiblement incertaine de l’emporter lors du vote de mardi, elle a prévenu que les « livres d'histoire » jugeraient si les députés britanniques ont livré la marchandise tout en sauvegardant l'économie et la sécurité.



Ce n'est pas parfait, mais lorsque les livres d'histoire seront écrits, les gens regarderont la décision de cette Assemblée demain et demanderont : " Avons-nous tenu notre promesse concernant le vote du pays de quitter l'UE, avons-nous protégé notre économie, notre sécurité ou notre union ou avons-nous laissé tomber le peuple britannique?".


Theresa May, première ministre du Royaume-Uni


Des garanties sur l'Irlande du Nord


Demandant à ses détracteurs issus de l’opposition comme de son propre parti de garder l’esprit ouvert, Theresa May a insisté sur le fait que les nouvelles assurances sur la frontière irlandaise contenues dans l’accord avaient « une force légale ».



La question se rapportant à l’érection d’éventuelles frontières en Irlande du Nord lorsque le Royaume-Uni sera sorti de l’UE cause en effet d’intenses frictions sur les bancs de la Chambre des communes.


À 24 heures du vote, Mme May a abordé la question controversée du « backstop », soit le plan de repli pour éviter tout retour à l’imposition de contrôles terrestres aux frontières de l'Irlande du Nord. Des mesures qui pourraient compromettre, selon plusieurs, le fragile équilibre et la paix qui règne depuis les années 1990 entre catholiques et protestants dans cette partie de l’Irlande secouée par des décennies de guerre civile.


La chef du gouvernement britannique a déclaré que le Royaume-Uni « n'accepterait jamais » l'introduction d'une « frontière dure » et que l'UE avait clairement indiqué qu'en cas de départ du Royaume-Uni sans accord, une série de contrôles serait introduite « intégralement ».


Elle a déclaré qu'elle avait obtenu de nouvelles assurances écrites de l'Union européenne que l'arrangement douanier d'urgence proposé serait temporaire et, si jamais il était déclenché, durerait « la période la plus courte possible ».


Mme May s’est par ailleurs dite convaincue que les deux parties seraient en mesure de finaliser leur future relation d'ici la fin de 2020.



Je dis aux députés de tous les côtés de la Chambre : "peu importe ce que vous avez déjà conclu, au cours des prochaines 24 heures, réexaminez cet accord."


Theresa May, première ministre du Royaume-Uni


L'opposition intraîtable


Sur leurs pancartes, on peut lire : « Arrêtez la pagaille du Brexit » et « Nous avons déjà le meilleur accord ».Des manifestants anti-Brexit devant le Parlement, à Londres, le 11 janvier 2019. Photo : Reuters / Simon Dawson

Mais pour le chef de l’opposition officielle, le travailliste Jeremy Corbyn, Theresa May « a complètement échoué ».


De son côtés, le SNP, le Parti national écossais, a déclaré que la première ministre vivait « dans un pays imaginaire et que le gouvernement devait cesser de menacer de ne pas conclure d'accord » pour faire pression sur la Chambre.


Mardi soir, les de Chambre des communes devront donc déclarer s’ils acceptent ou non les conditions du retrait du Royaume-Uni de l'UE telle que négociées par la première ministre May qui jouera également son poste lors de ce vote.


Il est par conséquent déjà acquis que les travaillistes et les autres partis d'opposition voteront contre l'accord. Or, une centaine de députés conservateurs et une dizaine de députés du Parti unioniste démocratique, allié du gouvernement, pourraient également rejeter l’accord.


En cas de rejet de l’accord, des députés ont l'intention de prendre le contrôle du Brexit et de forcer Theresa May à la démission.


Plusieurs ministres ont claqué la porte du cabinet de Theresa May depuis la conclusion de cet accord qui divise profondément les partisans du Brexit.


Le dernier en date est le whip adjoint Gareth Johnson qui a récemment démissionné en déclarant que l’accord négocié par Theresa May serait « préjudiciable aux intérêts de notre nation ».


Il a ajouté : « Le temps est venu de placer ma loyauté envers mon pays avant ma loyauté envers le gouvernement. »