Légalisation/étatisation du cannabis

Rona Ambrose et Stephen Harper passent tout un sapin aux Libéraux de Philippe Couillard

An 1 de marijuana légalisée au Colorado

Tribune libre

La semaine dernière, Ricardo Baca, rédacteur en chef du blogue spécialisé The Cannabist, autrefois journaliste durant 12 ans au quotidien Denver Post dressait un premier bilan économique 2014 de la légalisation du cannabis au Colorado. La « ruée vers l’herbe » a rapporté finalement 700 $ millions en revenus de vente de marihuana médicale (55%) et psycho récréative (45 %).

Pour ceux et celles qui aiment les chiffres exacts, spécialement en période actuelle de consultations pré budgétaires 2015-2016, de gouvernement libéral ayant promis la transparence ou de fouilles à nu « respectueuses » d’ados aux petits joints qui font ; c'est 699 198 805 $ en ventes totales, dont 76 $ millions en recettes, taxes et redevances que l'état américain de 3,2 millions d'habitants a récolté grâce à la mari de qualité, dorénavant contrôlée et soutirée des mains de la mafia.

Si la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose qui - peu de gens le savent, gère essentiellement huit hôpitaux militaires et possède à son rachitique bilan d’avoir enterré le Protocole de Kyoto et d’avoir classé, en tant qu’ex-ministre responsable de Radio-Canada, la Cathédrale Marie-Reine du Monde de Montréal au patrimoine religieux de l’UNESCO - cessait de voir les usagers de cannabis comme de vulgaires criminels ; une vente légalisée de façon contrôlée aurait rapporté 831 $ millions en 2014 en taxes seulement pour le Canada. Ramenée à la population du Québec, de nos 403 SAQ et de notre millier de pharmacies aux cliniciens formés, c’est 192 $ millions nets qui manquent au Fonds consolidé de la province... avec des prisons qui débordent! Bien sûr, il faut avoir l’honnêteté de réduire de ces importants revenus, le buzz d'une première année de nouveauté.

Peu importe, 192 $ millions chaque année pour les Québécois, c'est le coût réel de la hausse des frais de scolarité demandée il y a deux ans aux étudiants des CÉGEPS et universités.

C'est aussi l'équivalent de la hausse de tarifs de 2,9 % demandé en 2013 par Hydro-Québec. C’est également l’équivalent du cadeau fiscal des contribuables québécois offert aux riches compagnies pharmaceutiques étrangères. Celles qui, avec les pétrolières aux lobbys les plus efficaces ont préféré depuis, délocaliser leur production après la fin de leurs brevets.

Il s’agit surtout des mêmes compagnies pharmaceutiques qui, selon des études passées de chercheurs de l'Université McGill, produisent des médicaments aussi banals que l'Aspirine, l'Advil ou le Tylenol. Pourtant, ces analgésiques tuent chaque année, en Amérique du Nord, 16 000 hommes et femmes en raison d’une surconsommation dite légale. Durant ce temps, aucune étude sérieuse - non seulement au Canada, mais sur la planète tout entière - n'a su démontrer à ce jour une seule mort d'un usager de marijuana parce qu'il avait consommé cette « herbe folle autochtone » popularisée ici, il y a 400 ans, par le Parisien Louis Hébert.

C’est en effet l'apothicaire (pharmacien) recruté par Samuel de Champlain, bâtisseur de ponts qui, le premier, avait découvert le haut potentiel médical du cannabis en terres arides de colonisation. Cependant, à l’époque, tout le chanvre fut vite réquisitionné dans l'économie maritime et les chantiers navals pour la construction de vaisseaux et de bateaux de guerre aux solides amarres. Cette période est maintenant révolue. Elle est remplacée en 2015 - selon nos journaux, télés et Vigile qui osent informer les gens d’ICI ! - par des drones et de l'équipement militaire que M. Harper choisit plutôt de vendre à ses amis d'Arabie saoudite, plutôt habiles dans les coups de fouet et les lapidations sur la place publique…

« La terre est ronde » et bleue et aspire à plus de vert, Monsieur Harper, Madame Ambrose.

Depuis 80 ans au moins, soit depuis la fin de la prohibition de l'alcool avec la création de la première Commission des liqueurs (devenue depuis la Société des Alcools du Québec (SAQ) ou encore, il y a 25 ans, lors de la révolution qu’a été la vente de vin dans les dépanneurs et supermarchés; sachez que le Québec et les Québécois ont su innover dans des programmes de responsabilités citoyennes comme le sont ÉducAlcool ou Nez Rouge, résolument ouverts sur le monde et fièrement exportéssur tous les continents.

Pour le bien commun des Québécois, le potentiel et la souveraineté agricole de ses régions, déstabiliser les mafias et solutionner enfin divers enjeux importants de santé publique, de justice sociale et d'économie; le fédéral n'a d'autres choix, M. Harper de céder la pleine application du Code criminel canadien par le Québec. Du moins, tout parti à l'Assemblée nationale du Québec a le devoir de le réclamer urgemment.

Squared

Gérard Briand46 articles

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L’auteur habite Rosemont. Détenteur d’une MBA (spécialisée en entreprises collectives) et collecteur de dons rattaché à des organisations nationales bénévoles, il est également chargé de cours en gestion philanthropique aux niveaux collégial et universitaire.





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