Pour un développement éolien, citoyen et visionnaire

Industrie éolienne



Le débat sur le développement éolien est une fois de plus relancé, cette fois-ci sur la question cruciale de la consultation dans l'attribution du bloc de 2000 MW d'énergie dans le cadre du second appel d'offres d'Hydro-Québec. Mais le débat ne fait que commencer.
En effet, on sait que la politique énergétique précise que 250 MW d'énergie sont réservés aux régions pour favoriser la participation directe des petites communautés. L'appel d'offres devrait paraître à l'automne 2007. Une fois de plus, la question de la mobilisation citoyenne et de l'acceptabilité sociale renaîtra sans pour autant qu'une vision claire du développement des énergies renouvelables, y compris la participation citoyenne, n'ait fait l'objet d'une réflexion et d'un encadrement.
D'une part, un signal est lancé aux régions de prendre en charge et de se mobiliser dans leur développement alors que, d'autre part, on constate l'absence d'une vision à long terme sur tout le développement des énergies renouvelables, sachant très bien que c'est là un enjeu d'avenir (éolien mais aussi biomasse, biodiesel, biogaz, méthanisation des fumiers et ordures). Pour relever ce défi, dans les régions, les citoyens s'organisent en coopératives de développement durable. On en compte plus d'une quinzaine à l'heure actuelle. Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité pense qu'il est urgent de sortir d'une démarche à courte vue basée sur des appels d'offres ponctuels et sans planification d'ensemble.
L'engagement citoyen
Le Conseil propose au gouvernement de procéder à cette réflexion, sur la base de l'engagement citoyen, en associant les partenaires régionaux (notamment les entreprises coopératives et les municipalités) et pour être en mesure de s'orienter véritablement vers un développement durable et d'aborder la question sous un angle global, soit en fonction de l'ensemble des énergies renouvelables.
Pour atteindre ses objectifs en matière d'énergie renouvelable, le gouvernement devrait, à l'exemple de la France et de l'Allemagne, inscrire son leadership à l'échelle internationale en matière de développement des énergies renouvelables en plaçant les communautés et les régions au centre de l'action. Pour ce faire, il devrait planifier un programme comprenant les conditions suivantes pour soutenir le développement des communautés.
1. Garantie d'achat et de branchement au réseau sous certaines conditions
Contrairement à un appel d'offres, le promoteur qui répond aux exigences du cahier de charges est assuré que son électricité sera achetée par Hydro-Québec sous réserve de la capacité de transport du réseau. Celle-ci doit être communiquée publiquement par la société d'État.
2. Prix d'achat connu d'avance
Contrairement à un appel d'offres, le prix d'achat est connu d'avance. Les programmes les plus avancés comprennent également des variations du prix en fonction de la forme d'énergie (solaire, éolien, biogaz, etc.), de la qualité de la ressource et de l'emplacement. Ces programmes sont le plus souvent appelés Tarif avancé d'énergie renouvelable.
3. Limite de taille de projet définie
Au-delà de cette taille maximale, les contrats sont alloués par appel d'offres. Le double système est fréquemment utilisé: tarif d'achat garanti pour les petits projets, appel d'offres pour les grands.
Favorables à une approche globale
Le Conseil fait partie de la table de discussion créée par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune pour définir les critères de l'appel d'offres de 250 MW. Les partenaires réunis à cette table (FQM, UMQ, UPA, CQCM) se sont tous montrés favorables à une approche plus globale par programme, permettant de se donner enfin une démarche cohérente et visionnaire du développement de l'énergie éolienne.
Espérons que le gouvernement choisira de sortir de la route tracée jusqu'à maintenant pour ouvrir une autre voie plus porteuse d'avenir et de prospérité pour les régions et les citoyens.
Rappelons que le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité est le lieu de concertation des secteurs coopératifs et de leurs partenaires. Il représente et défend les intérêts de l'ensemble du mouvement coopératif québécois et favorise le développement coopératif afin de multiplier les effets bénéfiques de la coopération pour ses membres et pour la population. Important créateur de richesse économique et de redistribution sociale au Québec, le mouvement coopératif regroupe plus de 3200 entreprises coopératives et 39 mutuelles, procure de l'emploi à plus de 81 000 personnes et génère un chiffre d'affaires supérieur à 20 milliards de dollars.
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Hélène Simard, Présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité


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