Ce soir, je me sens fatigué

Mal du pays

Tribune libre


La grisaille a pris racine depuis plusieurs jours sur le territoire du Québec, des crues inégalées jusqu’à maintenant inondent des villages entiers. On a l’impression que le soleil s’est endormi derrière cette masse grise et compacte qui a assiégé la voûte céleste. Et, devant ce triste arrière-scène, apparaît un Québec errant, habité par un peuple déchiré en perpétuelle quête d’identité.
Ce soir, je me sens fatigué de crier dans le désert…je me sens épuisé par les tiraillements incessants, souvent engendrés par les habitants du peuple auquel j’appartiens. Pourtant, ce soir, je me rappelle aussi tous ces patriotes qui ont sacrifié de leur vie leur foi en ce peuple francophone isolé dans une illusion de pays créé par les pères de la Confédération.
Ce soir, j’ai le goût de clamer mon désarroi devant une valse hésitation séculaire, sclérosante et avilissante. Ce soir, je me demande si, un jour, nous allons parvenir à nous tenir solidaires et nous affranchir une fois pour toutes du joug fédéral.
Ce soir, je lance un appel pressant à toutes celles et tous ceux qui vivent des émotions semblables aux miennes pour que nous parvenions, ensemble, à expulser ce cancer de l’âme qui nous gruge insidieusement depuis si longtemps. Si, comme moi, vous ressentez le mal du pays, peut-être devrions-nous nous unir tous ensemble autour de la fierté de bâtir un pays!
Néanmoins, ce soir, malgré ce vague à l’âme amer, je me souviens, avec un mélange de nostalgie et d’espoir, des paroles de Félix Leclerc dans son "Hymne au printemps", et j’ai encore le goût d’y croire…et vous?
"Les bourgeons sortent de la mort,
_ Papillons ont des manteaux d’or,
_ Près du ruisseau son alignées les fées
_ Et les crapauds chantent la liberté"

***
Henri Marineau
Québec

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    8 mai 2011

    Mais ce n'est pas qu'un banal slogan! Cap sur l'indépendance, c'est le site du Portail non partisan des militants de l'indépendance:
    http://www.capsurlindependance.org/

  • Martin Lavoie Répondre

    8 mai 2011

    C'est dans le vague à l"âme que se trouve la lame de fond, celle qui est au fondement de l'action. Il est certain que la volonté de faire un pays n'est pas le rêve de tous les Québécois. Certains s'en foutent royalement, d'autres ont fait un autre choix, mais depuis les patriotes, le pourcentage de ceux qui y croient est normalement suffisant pour le réaliser. Une jeunesse s'est jointe au rêve et est beaucoup plus déterminée puisque qu'elle possède naturellement la confiance des luttes victorieuses de leurs aînés. Qui créera le rassemblement et l'inspiration d'un tel acte. À toute grisaille succède un soleil éclatant et la foi en ce projet de pays a vaincu bien des orages. On garde le cap. Si bien qu'un nouveau slogan est né, Cap sur l'Indépendance. Allez Henri Marineau, le soleil au coeur.

  • Archives de Vigile Répondre

    7 mai 2011

    Et pendant ce temps,Monsieur Marineau il y a des "Québecois" qui ont élu une ontarienne anglaise(par 6000 voix) pour les représenter à Tawa.Faut croire que Félix n'a jamais rejoint ces gens et qu'il ne les rejoindra jamais.
    C'est donc terminé et...VIVE LA REINE D'ANGLETERRE...