Le vaccin « ne marche pas du tout » face au variant Omicron, estime le virologue Jean-Michel Claverie

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La balloune vaccinale se dégonfle


Dans une interview à BFMTV, le professeur émérite de l'université d'Aix-Marseille déclare que «la troisième dose dure encore moins longtemps que les précédentes» et qu'en conséquence, le vaccin n'est selon lui «plus une arme» contre la pandémie.


Une voix discordante dans le concert d'incitations à la vaccination contre le Covid-19. Le virologue Jean-Michel Claverie, professeur émérite à l'université d'Aix-Marseille, a estimé le 25 décembre sur BFMTV que ces sérums n'étaient pas utiles pour empêcher la transmission du virus, face à l'émergence du variant Omicron. «Le vaccin n'est plus une arme», a ainsi assuré le fondateur de la Société française de virologie.


«Le vaccin ne marche pas du tout pour empêcher la transmission. On savait déjà qu'il n'empêchait pas vraiment la transmission du variant Delta de vacciné à vacciné, ou de vacciné à non-vacciné, mais avec le variant Omicron, il fonctionne encore moins bien pour empêcher cette transmission», a-t-il étayé. D'où, selon le scientifique, le grand nombre de cas en France, avec 104 611 personnes testées positives le 25 novembre, un record en 24 heures.  



Le vaccin ne marche pas du tout pour empêcher la transmission



«La troisième dose dure encore moins longtemps que les précédentes. On sait maintenant qu'au bout de trois mois, ce gain qui passe de 30% à 80% d'efficacité [avec le rappel] redescend à 30%. Donc il va falloir trouver une autre solution», a poursuivi Jean-Michel Claverie, selon lequel avec le variant Omicron, le vaccin «n'est plus une arme» et «cette notion de troisième dose que l'on veut forcer est un petit peu illusoire».


L'efficacité des rappels vaccinaux en question


Le déclin de l'efficacité des vaccins même après la dose de rappel soulève des inquiétudes : le 20 décembre, Le Monde relevait par exemple, dans son entretien avec le PDG de BioNTech (à l’origine du vaccin à ARN messager produit avec Pfizer) Ugur Sahin, qu'une équipe allemande avait «fait récemment état d’une baisse très rapide de l’efficacité, même après trois doses». «Après trois mois, celle-ci retombait à 25%», indiquait le quotidien. Le PDG reconnaissait alors que la perte de l’efficacité contre Omicron du vaccin Pfizer/BioNTech était «très probable» avec le temps, mais qu'il fallait encore en mesurer la rapidité.


Face au déclin rapide de la protection des vaccins, la Haute autorité de santé (HAS) française prône, elle, la réduction à trois mois du délai pour le rappel vaccinal. L'HAS, citée par l'AFP, se base notamment sur des données faisant état d'«une remontée de l'efficacité vaccinale à 75% deux semaines après une dose de rappel».


Or, le patron de l'OMS a récemment mis en garde contre l'idée selon laquelle il suffirait d'administrer des doses de rappel pour se sortir de la pandémie de Covid-19 : «Aucun pays ne pourra se sortir de la pandémie à coups de doses de rappel et les rappels ne sont pas un feu vert pour célébrer comme on l'avait prévu», avait déclaré le 22 décembre Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'un point de presse à Genève.