Conférence Arctic Circle à Reykjavik

Le français fuyard de Philippe Couillard

Tribune libre

Ce mercredi à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a justifié son choix de n'avoir pas prononcé un seul mot de français lors de son allocution à la conférence Arctic Circle en Islande par le fait que la traduction simultanée n'y était pas disponible. Il a aussi affirmé qu'il voulait être sûr d'être bien compris lorsqu'il faisait sur la scène internationale « une intervention importante », au sujet de l'économie du Québec, par exemple. Or, à cette même conférence, les deux porte-parole de la délégation russe, Artur Chilingarov, représentant élu du district autonome de la Nénétsie à la Douma, et Egor Borisov, président de la république de Sakha, ont prononcé des discours dans leur langue et bénéficié de la traduction simultanée.

Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle s'est adressée aux participants par le biais d'une vidéo préenregistrée en allemand avec sous-titres anglais. Si M. Couillard en avait eu la réelle volonté, il aurait donc très bien pu aviser les organisateurs d'Arctic Circle que son allocution serait prononcée en français et le traduction simultanée aurait été offerte. Ou encore, puisque des images explicatives défilaient derrière lui sur écran géant tandis qu'il lisait sa présentation, la traduction des propos du premier ministre auraient très bien pu se trouver sur cet écran. Mais pour cela, il aurait fallu que le premier ministre ait une sincère sensibilité à l'égard du rayonnement international de l'identité francophone du Québec, ce qui n'était apparemment pas le cas.

À l'entendre se justifier avec entêtement, il semble au contraire que pour M. Couillard le français sur les tribunes du monde doit être relégué aux choses pas « importantes ». Si c'est là l'essence de l'appui de son gouvernement à la candidature de Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de la Francophonie, c'est lui montrer bien peu d'estime.

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Christian Gagnon138 articles

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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6 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    8 novembre 2014

    Observez la photo subliminale d'un point de presse de Philippe Couillard où apparait le mot "English" avec une flèche vers la droite...
    L'opposition presse Couillard de relancer l'économie pour contrer la hausse du chômage
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2014/11/07/006-emploi-quebec-reactions.shtml
    Parlant de pertes d'emploi au Québec, « Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en avril, on note une baisse de 82 000 emplois. »
    — Le député péquiste Pierre Karl Péladeau
    Ça me rappelle une histoire que j'ai ajusté à la situation.
    C'est le fils diplômé du propriétaire d'un restaurant qui lui dit de faire attention et de se préparer au pire car le Premier ministre Couillard parle d'austérité, de geler les salaires des fonctionnaires, de puiser dans les fonds de pension des employés municipaux, ect...
    Prenant les conseils de son fils au sérieux, il décida de baisser le chauffage, de diminuer les portions dans les assiettes, de changer l'huile de la friture moins souvent et de congédier la jeune étudiante qui sert aux tables en la remplaçant par sa femme qui n'a plus le charme de ses vingt ans.
    Quelques semaines plus tard, le garçon appelle son père pour avoir de ses nouvelles et s'informer de la situation.
    T'avais donc raison mon gars l'autre fois quand tu me disais que les affaires allaient empirer; malgré tes conseils judicieux, je pense que je vais devoir fermer le restaurant, je n'ai pratiquement plus de clients.

  • Jean Lespérance Répondre

    8 novembre 2014

    Comme je l'ai dit sur le site de Radio-Canada, Couillard s'est comporté comme un couard. Bien sûr qu'il y a une certaine similitude entre son nom et le mot couard, et c'était bel et bien mon intention de juxtaposer les deux mots. Que peuvent nous révéler les mots? Parfois des choses auxquelles on ne s'attend pas. Comme j'ai eu un maître à penser à qui l'on ne pouvait rien cacher, j'ai acquis un savoir, une certaine connaissance et un peu de sa sagesse et je vais tenter de vous en faire la démonstration. Que manque-t-il dans les deux mots: Couillard et couard? Il manque le ill, et que veut dire : ill? Malade en anglais, la langue qu'il chérit plus que le français. Donc par sa manière d'agir, par sa cachotterie qui l'habite, il m'a révélé qu'il est malade. Oui, il est malade. Vous n'avez qu'à regarder son visage pour vous en rendre compte, il vieillit à vue d'oeil. Certains poltrons, effrontés vont dire: Tiens, ti-Jos Connaissant qui essaie de faire le "smat", il va même nous dire de quoi il est malade. Non, je ne le vous le dirai pas car je ne le sais pas. Peut-être que dans 10 minutes ou une heure ou une semaine je le saurai, mais cela n'a aucune importance pour moi. Je vous le dis, c'est tout. Il peut toujours le nier, garder le silence comme Flaherty jusqu'à ses tout derniers jours, cela ne changera rien. Il est ma la de.
    Mon maître à penser: Omraam Mikhaël Aïvanhov, que j'ai connu et à qui j'ai parlé en 1983. Et lors d'une de ses conférences en 1983, il prédisait que la Chine dominerait le monde et qu'elle aurait des fusils aux rayons laser. Et en 1983, la Chine était loin d'être ce qu'elle est aujourd'hui.

  • François A. Lachapelle Répondre

    7 novembre 2014

    Qui est vraiment Philippe Couillard personnifiant la fonction de Premier ministre du Québec ?
    Puisque le besoin crée l'organe, la personne de Philippe Couillard dans ses habits de Premier ministre, l'organe, répond à quels besoins identifiés par ce Monsieur avant sa venue en politique ?
    Avec les erreurs apparentes qu'accumule Philippe Couillard depuis avril 2014, on se rend compte que la nature antérieure de ce Monsieur a préséance sur ses nouvelles responsabilités.
    J'ai écrit "erreurs apparentes" parce que son CV en piste de lièvre le prédispose à remplir "une mission" commandée de déconstruction de l'État providence du Québec au service des ennemis du Québec: le grand capital qui impose le totalitarisme de l'approche économique réductrice de l'humain à un vecteur de consommation, complice de l'État fédéral centralisateur d'Ottawa qui combat toute sécession d'un de ses membres.
    Contre la quantité de biens à "manger", c'est par la qualité de vie sur terre, partagée entre tous les vivants, que nous pouvons vaincre les folies capitalistes de Philippe Couillard et de ses lieutenants. Être au lieu d'avoir.
    La 4e révolution de la mondialisation a assez fait de dommages: passons à 5e révolution: celle du moins de consommation, celle du début de la solution à l'obésité morbide (pauvre lui), celle de la protection de notre eau potable, celle de la fermeture des dépotoirs des mondialistes. Philippe Couillard devra changer de lecture de chevet et remiser son livre The Fourth Revolution, périmé mon cher.

  • Claude Richard Répondre

    7 novembre 2014

    Philippe Couillard: "Je” n'ai pas à parler français dans les rencontres internationales car tout le monde sait qu'on parle français au Québec." Si nous suivons la même logique (boiteuse), Barack Obama n'a pas à parler anglais dans ces rencontres puisque tout le monde sait qu'on parle anglais aux États-Unis. Nous nageons dans l'absurde.
    En tout cas, s'il y avait des gens dans les forums internationaux qui ne savaient pas que Philippe Couillard avait une piètre estime de sa langue maternelle et de la langue officielle et commune du Québec, ils le savent maintenant.

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    7 novembre 2014

    Se référer à Le Hir: "Vous verrez ainsi comment Philippe Couillard s’est trouvé embrigadé au service des intérêts Desmarais, comment l’Empire l’a converti à sa thèse néo-libérale en y invitant John Micklethwait, le rédacteur en chef du magazine The Economist et co-auteur d’un ouvrage intitulé The Fourth Revolution dont le premier ministre lui-même nous a révélé récemment qu’il était devenu son livre de chevet et la bible de son gouvernement."
    http://www.vigile.net/Les-journalistes-ne-font-pas-leur

  • Jean-Pierre Durand Répondre

    7 novembre 2014

    Fort juste, monsieur Gagnon. C'est avec des ignorants pareils que le français perd du terrain dans les échanges internationaux. Venant en plus d'un représentant du Québec, d'un gouvernement réputé depuis des décennies pour la défense et l'illustration de sa langue sur le plan international, voilà bien un comportement digne d'un pleutre qu'envoie Philippe Couillard. C'est honteux.