Réaction au message adressé à Bernard Drainville

Le chant du cygne

Tribune libre


En parcourant la lecture du message adressé à Bernard Drainville par deux électeurs de son comté, j’ai eu l’impression d’assister à la mise en scène du chant du cygne. D’après la légende, un cygne muet, sentant venir sa mort, chanta pour la première fois une mélodie de la manière la plus merveilleuse qu’il soit. Au sens figuré, le terme est employé pour indiquer que l’on va prendre congé de personnes avec qui une période de temps a été partagée. Cette expression s’applique également aux personnages politiques dont on sent qu’ils veulent réaliser une dernière grande action avant la fin de leur carrière.
À mon sens, il ressort de ce texte un appel à la solidarité envers le programme du parti québécois et son chef qui sent la redondance, une litanie de vieux arguments qui n’évoquent rien de nouveau, entre autres, l’éternelle invitation à éviter les divisions qui ne feraient qu’affaiblir la cause… en fait, un air de chant du cygne qui ne contribue en rien au « bouillonnement salutaire » auquel je faisais allusion dans mon article paru sur cette tribune le 23 juillet !
À titre d’exemples, je crois opportun de vous citer quelques extraits de ce message :
« J’ai pris connaissance du programme du PQ. À l’exception de la gouvernance souverainiste, je le trouve très bien. En ce qui concerne la gouvernance, je n’aurais pas trop de problèmes non plus si le PQ nous l’expliquait…
M. Drainville, je sais que des gens remettent en question toute la démarche du PQ, d’autres souhaitent une coalition ou un nouveau parti indépendantiste et que sais-je encore. Toute maison divisée contre elle-même périra, c’est vieux comme le monde ça. Ce n’est pas le temps de se lancer dans toutes les directions, mais bien de resserrer les rangs…
En ce qui concerne tout le charabia sur la proportionnelle ou les patentes citoyennes, ce ne sont que des diversions qui vont affaiblir la démocratie sans valeur ajoutée. On discutera de ça une fois indépendant, avant, on perd notre temps bien loin de l’essentiel. Ces pratiques diluent le vote francophone et marginalisent encore davantage les régions… »

Et, pour ceux qui désirent en connaître davantage sur ce message de
« prudence » adressé à Bernard Drainville, je vous invite à lire le texte intégral paru dans l’article de Robert Barberis-Gervais sur cette tribune le 31 juillet… demandez-vous si , à la place de Bernard Drainville, vous vous sentiriez animé du souffle nécessaire pour poursuivre le combat après la lecture de ce texte… en fait, tirez-en vos propres conclusions !
Enfin, si, comme moi, vous sortez de votre lecture avec l’impression d’avoir assisté au chant du cygne, vous comprendrez mon ressentiment ! Sinon, faites-moi signe !
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1781 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    1 août 2011

    À votre texte on pourrait penser que Monsieur Drainville, par sa consultation aussi inutile que loufoque, chante son dernier chant du cygne mais les opportunistes sont plus comme des chats, ils ont plus d'une vie et savent se dresser plus d'un maître.
    J. a rencontré la chamane Payette.
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/328287/le-prix-a-payer-est-eleve
    Comme son chef il ne comprend toujours pas mais lui s'inquiète de ses confrères qui se retrouveront peut-être comme caissier dans un super marcher. Pour un chef ce ne sont que des dommages collatéraux. Il y a des milliers de Québécois qui sont et qui seront dans cette situation sans les avantages de réinstallation dont ses confrères députés seront favorisés pour avoir fait marcher rondement le fédéralisme canadien.
    Décidément à lire la chronique de Madame Payette et les textes de Madame Hébert nous sommes dans une époque postféminisme, le néomaternalisme. Un bon en arrière de plus de 60 ans, époque à laquelle la femme dans l'ombre de son foyer, reléguée à l'état mineure, exclue de tout pouvoir officiel, exerçait son pouvoir d'antichambre par le chantage émotionnel, maternel et même sexuel. On se rapproche subtilement des Yvette. Aujourd'hui elles se disent mal aimées du pouvoir.
    Je dirais qu'à ma perception, c'est plus une chronique d'une mort annoncée. Le mois des morts c'est novembre, l'automne Marois arrive à grand pas.
    Un autre sauveur est en voie de ressusciter.