Le Bloc... une question de frontières / Une campagne qui bat de l'aile

Tribune libre

Le Bloc... une question de frontières

J’ai volontairement emprunté une partie du titre d’un article précédent paru sur la tribune libre de Vigile parce qu’il me semblait approprié au contenu de mon propos. Le Bloc vient d’entamer sa 7ième campagne électorale fédérale depuis sa création en 1991. À la dissolution des Chambres, il occupait 48 des 75 sièges de la députation fédérale au Québec, soit 64% des circonscriptions. En ce sens, je serais bien malvenu de nier son importance aux yeux de l’électorat québécois!

Toutefois, il ne faudrait pas oublier que le Bloc émerge d’une volonté politique de défendre et de promouvoir les intérêts du Québec lors du référendum de 1995 et que, subséquemment, il ne devait pas s’incruster à Ottawa dans l’intention d’y obtenir davantage de pouvoirs pour le Québec, un petit jeu qui risque d’avoir à la longue un effet boomerang sur la cause de notre souveraineté! À cet effet, je rejoins les propos de Michel Jacques dans son article publié sur cette tribune le 1er avril, intitulé « Que fait le Bloc dans cette galère? » :

« Cessons d’envoyer une avant-garde nationaliste à Ottawa et sortons de la tranchée ici même, sur nos terres, pour passer à l’attaque. Le combat et l’information des masses pour l’indépendance doit se faire au Québec. »

En d’autres termes, ramenons nos « chiens de garde », sans connotation péjorative puisque les sympathisants du Bloc se sont souvent définis en ces termes, dans notre cour pour prêter main forte aux « chiens de chasse souverainistes» qui courent tous azimuts après ceux qui menacent leur territoire! Imaginons l’ampleur de la force de frappe d’une expertise comme celle du Bloc sur le vent de souveraineté au Québec si ce dernier établissait ses bases à l’intérieur de nos frontières! Pour employer un mot qui a plutôt mauvaise presse par les temps qui courent, nous assisterions alors à une véritable « coalition » politique, voire même sociétale .

En attendant, je devrai me satisfaire de la tribune ontarienne en espérant qu’un jour elle s’installe sur nos terres pour que nous puissions, tous ensemble, nous affirmer « maîtres chez nous »!

***

Une campagne qui bat de l'aile

Un peu plus d’une semaine après le début de la campagne électorale fédérale, je vous propose ces trois petits commentaires personnels :

Une coquille vide

Un fantôme de coalition qui ne ferait même pas peur aux enfants…des promesses utopiques…des attaques de bas étage dignes des gangs de rue…et, au milieu de ce charabia, un homme intègre, seul, Jack Layton, continue de prêcher dans le désert au milieu des cactus! Et, comble de désespoir, j’ai bien l’impression que ce soit la dernière campagne de M. Layton. Imaginez le spectacle désolant qu’une prochaine campagne pourrait nous offrir sans lui!

Parlons Qc

Tel est le slogan de la campagne électorale du Bloc québécois qui représente à Ottawa 64% de la députation fédérale du Québec, soit 48 sièges sur 75 à la dissolution des Chambres. Prenons pour acquis que le Bloc doit sa création à la défense et à la promotion des intérêts des Québécois. En ce sens, pourquoi ces défenseurs persistent-ils à exercer cette garde dans la cour du voisin au lieu de s’installer dans leur cour? À ce moment-là, je me sentirais davantage interpellé par le slogan « Parlons Qc au Québec »

Les potins de la semaine

André Arthur fait la manchette grâce à la sortie de Gilles Duceppe sur ses activités extra-parlementaires comme chauffeur d’autobus et sur son absentéisme chronique à Ottawa, le qualifiant de « parasite qui vit aux dépens des électeurs de Portneuf!

Pendant ce temps, en Beauce, le député sans pancartes, Maxime Bernier, rassure ses concitoyens en leur promettant qu’il maintiendra sa clinique de passeport malgré la campagne!

À la lumière de ces commentaires, êtes-vous encore surpris que l’électorat québécois soit désabusé de la politique?

Henri Marineau

Québec

Featured 19e390a78eaf9d290f5b6b4a1e389e83

Henri Marineau1608 articles

  • 1 136 137

Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





Laissez un commentaire



4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2011

    Erratum (2e) commentaire. Doit lire comme suit: ...est la seule solution possible pour en finir une fois pour toute?
    André Gignac le 4/4/11

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2011

    Avec le Bloc, les Québécois sont représentés à Ottawa. Dans le bon vieux temps de Trudeau, c'est plutôt 75 députés libéraux qui représentaient Ottawa au Québec. Des députés qui ont entre autres donné aux Québécois la Nuit des longs couteaux et le rapatriement d'une constitution asservissante pour les Québécois et leur gouvernement; l'occupation de l'armée canadienne en octobre '70 parce que 10 jeunes Québécois avaient entrepris une guerre clandestine; la réélection d'un maire mégalomane et ses jeux olympiques historiquement déficitaires; la déstructuration d'une demi-douzaine de localités rurales florissantes pour mettre à la place le méga-éléphant blanc de Mirabel; un premier ministre ultra suffisant qui qualifiait les Québécois de maîtres-chanteurs et qui prétendaient qu'ils parlaient un «lousy french»; un système de corruption portant sur l'attribution politique de 10% des contrats fédéraux aux amis libéraux; la disparition du réseau des chantiers maritimes du Saint-Laurent au profit des Maritimes et de la Colombie britannique, etc, etc. Et les Québécois voudraient à nouveau des députés porteurs de cette perpétuelle arrogance canado-fédérale? A moins d'avoir perdu la mémoire ou d'être des partisans de la politique du pire, ils voteront Bloc.

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2011

    Monsieur Marineau
    Je me sens tellement loin dans ma tête, du Canada qui est devenu un pays étranger, que je trouve cette campagne électorale inutile et insignifiante. Quand allons-nous comprendre qu'il y a un gouvernement de trop dans le décor? Quand les dirigeants du BLOC et du PQ vont-ils comprendre que seule une coalition entre ces 2 partis, à la prochaine élection au Québec, pour réaliser le pays du Québec avec une déclaration unilatérale d'indépendance, est la seule solution possible pour en finir une pour toute avec le Canada? Réalisons-nous à quel point de tout ce gaspillage d'énergie et de fonds publics qui pourraient servir pour notre émancipation comme pays indépendant faisant partie du concert des nations? INDÉPENDANCE OU ASSIMILATION!
    André Gignac pour un Québec indépendant, libre et républicain!

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2011

    J'imagine mal le Québec représenté à Ottawa par 60 ou 75 Bernier,Blainey,Verner,Paradis,Coderre,Dion...des gens qui en fait défendent le fédéral au Québec au lieu de défendre le Québec à Ottawa.
    Si le Bloc leur laissait toute la place qu'adviendrait-il du Québec?