La Grande Illusion

Comme en 1990, le Canada durcit sa position alors que le Québec fait preuve d’ouverture.

Tribune libre

Le 2 mai dernier, nous avons assisté à un évènement historique. Les électeurs Québécois qui avaient élu en majorité des députés du Bloc Québécois pour six élections consécutives ont cette fois choisi le NPD. Ils ont opté pour le changement et ont donné par le fait même une énième chance à ce fédéralisme qui les a si souvent déçus.
Durant les années 80, les Québécois ont porté au pouvoir les conservateurs qui promettaient de faire rentrer le Québec dans la constitution que Pierre-Elliott Trudeau avait imposée en 1982. À cette époque, même René Lévesque y avait cru. Malgré la bonne volonté de Brian Mulroney, sa tentative fut un échec lamentable parce que les autres provinces canadiennes refusaient de reconnaître le fait que le Québec est une société distincte.
Malheureusement pour ceux qui croiraient qu’il est encore possible de réformer le fédéralisme, l’opinion du Canada anglais n’a pas changé, elle s’est même radicalisée. Selon un sondage réalisé par la firme Repère communications et publié dans le journal Le Devoir le 8 mai 2010, la majorité des canadiens anglais refusent toujours le rapatriement des pouvoirs revendiqués par le trois quart des Québécois.
Ces revendications comprennent entre autres, le droit de retrait des programmes fédéraux avec toute compensation, le plein pouvoir sur l’immigration, la langue, la culture, et les communications. C’est justement à la suite de l’échec de l’entente du Lac Meech qui portait sur ces mêmes pouvoirs que le Bloc Québécois a été formé.
Si le Bloc Québécois se trouve affaibli dans sa nouvelle position, force est de constater qu’il y a toujours deux solitudes dans ce Canada. Les résultats électoraux de la campagne fédérale 2011 le prouvent encore une fois puisque la vague orange n’a pas vogué d’un océan à l’autre. Elle s’est arrêtée à la rivière des Outaouais. Le Québec est peut-être passé du bleu au orange mais le Canada, a est passé du conservateur minoritaire au majoritaire. Comme en 1990, le Canada durcit sa position alors que le Québec fait preuve d’ouverture.
On ne peut pas prédire l’avenir, mais le futur s’annonce sombre pour le Québec sous un gouvernement Harper aucunement à l’écoute du Québec et une opposition officielle qui n’a qu’une pointe d’intérêt pour la nation qui lui a offert 60% de sa députation. De plus, ce gouvernement majoritaire fait face à une opposition sans pouvoir, sans mordant et sans expérience. En 1984, on parlait du beau risque, mais on ne peut pas en dire autant aujourd’hui.
Xavier Barsalou Duval
Président du Forum Jeunesse du Bloc Québécois de la Montérégie


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