La France monte en première ligne contre le projet de TTIP

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L'aurait-elle fait si Greenpeace n'avait pas rendu le document public ?

Après les révélations de Greenpeace, la France a sonné la charge mardi contre le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, en menaçant implicitement de le bloquer si Bruxelles n’obtenait pas de concessions de Washington.

« Jamais nous n’accepterons la mise en cause des principes essentiels pour notre agriculture, notre culture, pour la réciprocité pour l’accès aux marchés publics », a affirmé le président François Hollande.

« Voilà pourquoi, à ce stade, la France dit « non » dans l’étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales », a affirmé le chef de l’État, au lendemain de la publication par Greenpeace de documents confidentiels sur les discussions à propos du TTIP, aussi appelé Tafta.

Quelques heures auparavant, le secrétaire d’État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, avait prévenu que l’arrêt des négociations était « l’option la plus probable » aujourd’hui.

Lundi Greenpeace a publié des documents confidentiels sur ces discussions qui renforcent, selon les ONG, la crainte que cet accord commercial conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.

M. Fekl a clairement laissé entendre que son gouvernement pourrait bloquer le TTIP : « il ne peut pas y avoir d’accord sans la France, et encore moins contre la France », a-t-il affirmé, fustigeant au passage « l’état d’esprit des États-Unis » qu’il affirme dénoncer « depuis un an ».

« Nous voulons de la réciprocité. L’Europe propose beaucoup et elle reçoit très peu en échange. Ce n’est pas acceptable », a affirmé le secrétaire d’État, très remonté.

Pour Vivien Pertusot, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Bruxelles, les déclarations françaises ne vont pas empêcher pour autant la poursuite des négociations.

« Quand la Commission s’empare d’un sujet, elle va généralement jusqu’au bout. Il est donc difficile d’envisager un arrêt pur et simple des négociations dans les prochains mois », a-t-il expliqué à l’AFP.

Mais la position de Paris pourrait compliquer les négociations en cours, selon cet expert. « Il est clair que sans un soutien politique de la part de la France, il est difficile d’envisager une conclusion positive et rapide des négociations sur le TTIP », a-t-il affirmé.

Les opinions publiques sont très remontées en Allemagne et en France et dénoncent l’opacité des négociations.

Aux États-Unis, les candidats aux primaires, comme le républicain Donald Trump ou la démocrate Hillary Clinton ont déjà sévèrement critiqué le TTIP.

Négociations inachevées

Avec les élections prévues en novembre aux États-Unis, en mai en France et en Allemagne à l’automne 2017, « le calendrier politique fait que si les négociations ne sont pas finalisées dans les prochains mois, on peut considérer qu’elles ne le seront pas avant fin 2017 ou début 2018 », selon M. Pertusot.

M. Fekl a énuméré certaines conditions pour trouver un terrain d’entente avec Washington. « Nous souhaitons que nos PME aient accès au marché américain. Nous souhaitons défendre l’agriculture, les indications géographiques », a-t-il expliqué.
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