La fin d'une époque ?

Tribune libre

Dans les faits, la course à la chefferie du Parti québécois s’est terminée avant de commencer, puisque le favori était déjà couronné dès le lendemain des élections du 7 avril 2014 par des sondages qui ont traduit assez fidèlement du début à la fin les intentions de vote des membres.

Comme j’ai un faible pour les minorités, les exclus, les éclopés de la vie en général et de la vie politique en particulier, mes félicitations iront d’abord au 43 % des membres qui ont voté pour deux candidats fort valables : Alexandre Cloutier et Martine Ouellet. Avec une préférence personnelle pour cette dernière.

J’ai lu avec intérêt sa réflexion dans un ouvrage intitulé « L’avenir du Québec, ce n’est pas moins d’état, mais mieux d’état » publié en 2015, avec la collaboration de Ianik Marcil. Dans cette publication, l’auteure rappelle avec à propos le rôle historique essentiel joué par l’État québécois dans notre évolution politique, sociale et économique, ainsi que l’importance de préserver et de reconduire cet État tout en procédant aux mises à niveau nécessaires pour mieux correspondre aux réalités de notre époque.

Elle a aussi postulé pendant la course à la chefferie que désormais, un vote pour le Parti québécois signifierait un vote pour l’indépendance du Québec assorti de l’obligation de tenir un référendum sur cette question au cours d’un premier mandat. Je présume que la question s’énoncerait comme suit : « Voulez-vous que la province de Québec devienne un pays ? »

De méchantes langues diront que Martine Ouellet pouvait bien écrire et dire n’importe quoi, elle n’avait aucune chance d’être élue. Peut-être. Mais c’était tout de même un geste politique courageux, franc et honnête, des vertus qui font généralement défaut chez la canaille péquiste.

Évidemment, Pierre-Karl Péladeau n’a pas volé son élection à la tête du Parti québécois, mais il a remporté la mise sans l’ombre d’un programme politique digne de ce nom, sans prendre aucun engagement ferme sur quoi que ce soit et avec une ou deux prises contre lui : ses actions de contrôle dans Québécor et la présomption que son entreprise ait pratiqué l’évasion fiscale, tel que rapporté par Le Devoir du 19 mars 2015.

Sur ce dernier point, on rétorquera que d’autres entreprises canadiennes le font. Justement, quand on prétend donner des leçons de morale au gouvernement en place et qu’on prétend encore bâtir un pays sur les plus hauts et plus nobles standards politiques, on ne pratique pas le double jeu de l’innocence circonstanciée ou l’ingénuité d’une couventine… C’est ce personnage que la majorité des membres du Parti québécois ont élu, ce qui en dit long sur leur éthique, leur jugement politique et leur sens moral.

J’aurais cru que les membres du Parti québécois mettraient à profit la cuisante défaite du 7 avril 2014 et la campagne à la chefferie pour analyser, consulter réfléchir et proposer de nouvelles avenues à l’électorat québécois. Non. Les dernières élections provinciales était à peine terminées que déjà un nouveau chef était pressenti et le programme du parti reconduit tel quel. Et de quel programme s’agirait-il ?

Au risque de me faire détester encore un peu plus, je rappellerai que le Parti québécois n’a jamais été indépendantiste ni même pleinement souverainiste. Le programme de ce parti se déclinait en souveraineté-association sous René Lévesque et en souveraineté-partenariat sous Jacques Parizeau. Deux échecs. On nous assure que cette fois-ci serait la bonne. Pierre-Karl, mon homme, mon héros, mon sauveur nous mènerait à la terre promise ? Non. Pierre-Karl Péladeau ne fera pas l’indépendance du Québec. Si indépendance il doit y avoir, ce sont les québécois qui feront l’indépendance. Et ça, sans être devin, ce n’est pas demain la veille…


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