IRLANDE DU NORD

La crise politique s’aggrave

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Les vieux démons s'agitent dans les coulisses

Belfast — Le premier ministre d’Irlande du Nord, l’unioniste Peter Robinson, a démissionné jeudi après le non-ajournement de l’Assemblée régionale, dernier rebondissement d’une crise gouvernementale portant sur la réalité du démantèlement de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

« À la lumière de la décision des républicains, des nationalistes et de l’UUP de continuer comme si de rien n’était au sein de l’Assemblée, je me retire de mes fonctions de premier ministre et les autres ministres DUP vont démissionner avec effet immédiat à l’exception d’Arlene Foster », ministre des Finances, a dit Peter Robinson.

Il a précisé que Mme Fossoyer restera en poste et qu’elle le remplacerait en tant que premier ministre temporaire à la tête du gouvernement de coalition « pour s’assurer que les nationalistes et les républicains ne sont pas en mesure de prendre des décisions financières ou autres qui pourraient nuire à l’Irlande du Nord ».

L’annonce du départ de M. Robinson et de trois ministres DUP intervient quelques heures après le rejet par la commission parlementaire chargée de l’ordre du jour de l’Assemblée de la région semi-autonome du Royaume-Uni de sa demande d’ajournement.

L’IRA

M. Robinson avait demandé cet ajournement sur fond de tensions grandissantes avec son partenaire au sein du gouvernement de coalition, le Sinn Fein. Il accusait l’ancienne branche politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) d’être malhonnête en prétendant que le groupe paramilitaire n’existe plus. Ces tensions ont été exacerbées par le meurtre à la mi-août d’un ancien militant de l’IRA, Kevin McGuigan, dont le mode opératoire rappelle les assassinats punitifs commis par l’IRA.

Selon la police, une partie de l’IRA, qui avait annoncé en 2005 avoir définitivement déposé les armes, est « toujours largement en place », bien que ses activités soient liées au crime organisé et non au terrorisme.

Peter Robinson pouvait demander à Londres de décider la suspension de l’Assemblée. Il a préféré démissionner après que David Cameron s’est déclaré « sérieusement préoccupé par la situation » et a appelé « l’ensemble des hommes politiques d’Irlande du Nord à travailler ensemble pour construire un meilleur avenir pour le pays ».

La tension est montée d’un cran mercredi avec l’arrestation de trois hommes, dont le président du Sinn Fein en Irlande du Nord Bobby Storey, dans le cadre de l’enquête sur ce meurtre.

Le petit Parti unioniste d’Ulster (UUP) s’est déjà retiré la semaine dernière de la coalition, mais son poids n’est pas suffisant pour faire chuter le gouvernement.

En revanche, l’exécutif ne pourrait pas fonctionner sans le DUP. Sans lui, la coalition gouvernementale s’effondrerait et le contrôle de la région pourrait passer, comme dans les années 2000, sous l’administration directe de Londres, avant d’éventuelles nouvelles élections.

Rivalités

« La crise artificielle actuelle est le résultat de la rivalité entre unionistes et de l’exploitation cynique de l’assassinat de Kevin McGuigan », a rétorqué M. Adams, alors que des élections doivent se tenir dans la région en 2016.

Martin McGuinness, vice-premier ministre de l’Irlande du Nord et numéro deux du Sinn Fein, a quant à lui assuré que le premier ministre britannique, David Cameron, n’était pas en faveur d’une suspension de l’Assemblée.

Le démantèlement de l’IRA était une clause clé de l’accord de paix de 1998 qui a mis fin à trente ans de violences intercommunautaires entre les unionistes protestants, qui considèrent que l’Irlande du Nord doit être maintenue au sein du Royaume-Uni, et les républicains catholiques, qui veulent être intégrés à l’Irlande.


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