Question à Raymond Bachand

L'étudiant universitaire est-il un "contribuable"?

Tribune libre

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Lors d'une entrevue à La Presse Canadienne, le ministre des finances Raymond Bachand s'est livré à un plaidoyer en faveur de la «juste part» payée par les contribuables, quelques jours avant la présentation de son budget, le 20 mars.
À ses yeux, une société en santé est celle qui dit: «Je veux des services, mais je ne peux pas toujours demander aux autres de payer pour», commente le ministre, qui se dit partisan d'une «révolution culturelle» en la matière. La formule «que chacun paye sa juste part» des services publics semble donc en voie de devenir le mantra du gouvernement Charest, et pas seulement pour les droits de scolarité. Au contraire, ce principe «devrait s'appliquer partout, sauf dans la santé de base, parce que la santé, on a décidé, comme société, que c'était gratuit», a précisé le ministre.
Si je suis le raisonnement du ministre, en vertu de quel principe doit-on considérer la personne malade comme quelqu’un qui a droit aux services publics gratuits alors que nous devrions exclure de cette gratuité un jeune qui désire poursuivre ses études jusqu’à l’université?
La santé, au même titre que l’éducation, ne sont-ils pas des droits universellement reconnus? Une société foncièrement axée sur ses besoins fondamentaux ne devrait-elle pas reconnaître à tous ses citoyens les droits à la santé et à l’éducation?
Une petite recherche sur internet m’a conduit à cette définition du mot
« contribuable » : « Terme général pour désigner toute personne astreinte au paiement des contributions, impôts, droits ou taxes dont le recouvrement est prévu par la Loi ». En vertu de quelle loi un tel recouvrement doit-il s’appliquer pour les droits de scolarité?
M. Bachand, cessez de colporter cette idée que les étudiants sont de « simples contribuables d’un service public » et admettez une fois pour toutes que ces jeunes incarnent la relève de la société québécoise dont vous êtes un des premiers responsables!
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1801 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    12 mars 2012

    Ce concept de l'utilisateur-payeur, qui se répand à une vitesse vertigineuse, n'a pas fini de faire des ravages. Bientôt, peu auront accès à des services, car ces derniers seront peut-être sous la gouverne de l'État, mais en grande partie privatisés. C'est le danger qui nous guette.
    Les étudiants sont avant tout des citoyens. Oui, ils sont aussi des contribuables, comme vous et moi. Car la plupart d'entre eux travaillent pour payer leurs études, et ils paient des impôts eux aussi, même s'ils les récupèrent en grande partie sinon en totalité. Mais ils travaillent! Ils contribuent à l'économie. Ils ont un mot à dire dans la conduite des affaires de notre société.
    Ce que le gouvernement tente de faire pour imposer son concept d'utilisateur-payeur, est de dresser certaines catégories de la société les unes contre les autres. Il tente de présenter les étudiants comme des profiteurs d'une part, et les travailleurs comme des victimes des profiteurs d'autre part. C'est ce qu'il sous-entend lorsqu'il dit d'eux (des étudiants) qu'ils doivent "payer leur juste part". Or, qu'est-ce qu'une juste part pour des étudiants? Ce peut aussi être la gratuité complète. Ce sont des choix de société.
    Le gouvernement Charest utilise une tactique à la Harper, en jouant sur les émotions des citoyens, et en dressant les uns contre les autres. Nous devons tous rejeter avec force ce lamentable stratagème et être solidaire des étudiants.