Jason Kenney sort optimiste d’une rencontre avec Justin Trudeau

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Kenney est parvenu à faire plier Trudeau sur les dédommagements fiscaux


Contrairement à son voisin saskatchewanais Scott Moe, qui était sorti furieux de sa rencontre avec Justin Trudeau, le premier ministre albertain Jason Kenney s’est dit optimiste à l’issue de sa conversation avec le premier ministre fédéral. Mais M. Kenney a prévenu du même souffle qu’il s’attend à des gestes concrets d’Ottawa, et rapidement.


« Nous avons eu une conversation très franche à propos de la crise économique en cours en Alberta ; la répercussion qu’elle a sur la prospérité du Canada, et sur son unité aussi », a commenté M. Kenney mardi.


« Au moins, nous avons un gouvernement fédéral et un premier ministre disposés à nous écouter et qui ont démontré une ouverture sur un certain nombre d’enjeux », a-t-il dit, réjoui, alors qu’il venait de rencontrer à son tour M. Trudeau pour la première fois depuis la réélection du gouvernement libéral à Ottawa.


Ces propos tranchaient quelque peu avec le ton plus conflictuel qu’avait adopté le premier ministre albertain depuis quelques mois face à Ottawa. Mais Jason Kenney a précisé que sa patience aurait des limites.


« Les prochaines semaines seront critiques pour déterminer le sérieux de ce gouvernement fédéral à répondre aux préoccupations profondes et légitimes de l’Ouest », a-t-il insisté.


M. Kenney est arrivé dans la capitale fédérale avec une liste de demandes : notamment que le projet de loi C-69 sur l’évaluation environnementale soit modifié pour en exempter les projets énergétiques intraprovinciaux ou ceux qui viennent réduire la production d’émissions de gaz à effet de serre.


À cette requête, Justin Trudeau s’est montré ouvert, selon lui. « Il y a une certaine ouverture, et j’espère qu’il y aura des suivis concrets là-dessus. »


Le conseiller spécial du premier ministre, Jim Carr, n’a pas contredit Jason Kenney à sa sortie de la rencontre, à laquelle il participait lui aussi.


« Le premier ministre a réitéré l’ouverture du gouvernement à discuter de la mise en oeuvre [de C-69], tout en gardant à l’esprit l’objectif de la loi, à savoir que les projets construits soient de bons projets, qu’il y ait suffisamment de consultations avec les peuples autochtones et que les projets soient capables de passer le test des investisseurs, des environnementalistes et des peuples autochtones. »


M. Carr n’a cependant pas pour autant certifié que la liste de projets soumis au C-69 pourrait être allégée. « Avoir un esprit ouvert implique qu’on ait des discussions », s’est-il contenté de répliquer, en s’assurant de rester vague.


Jason Kenney réclamait en outre qu’Ottawa garantisse à l’Alberta que la construction du projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain soit terminée d’ici trois ans. M. Carr a assuré que le gouvernement fédéral n’avait « aucun intérêt à ce qu’il y ait des délais inutiles ».


Ottawa ne fixera toutefois pas de date précise pour la fin des travaux. « Parce qu’on ne sait jamais avec les échéanciers de construction exactement quand ceci ou cela va arriver », a expliqué M. Carr.


Programme de stabilisation


Le premier ministre albertain a, en revanche, peut-être réussi à décrocher un gain : les ministres des Finances fédéral et provinciaux discuteront la semaine prochaine du Programme de stabilisation fiscale, qui permet de venir en aide à une province ayant subi une diminution abrupte de ses revenus.


Le programme actuel fait plafonner les sommes qui peuvent être versées en vertu de ce fonds à 60 $ par habitant. M. Kenney demande un dédommagement rétroactif, en date du début du ralentissement économique dans sa province en 2014, qui se chiffrerait à 2,4 milliards de dollars, selon ses calculs.