Trente ans après sa mort survenue le 8 août 1988

Félix Leclerc, l’immortel

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Tribune libre

Tout a été dit et écrit sur Félix Leclerc…Trente ans après sa mort, il est toujours bien vivant au cœur des Québécois. Aussi ai-je cru bon de vous remémorer Le p’tit bonheur, l’une de ses chansons les plus connues que mon père avait pris l'habitude d'entonner de sa voix grave lors des grandes circonstances.





C'est un petit bonheur


Que j'avais ramassé


Il était tout en pleurs


Sur le bord d'un fossé


Quand il m'a vu passer


Il s'est mis à crier:


«Monsieur, ramassez-moi,


Chez vous amenez-moi


Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade,


Si vous n' me cueillez point je vais mourir, quelle ballade!


Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure,


Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture!»


J'ai pris le p'tit bonheur,


L'ai mis sous mes haillons,


J'ai dit «Faut pas qu'il meure,


Viens-t'en dans ma maison.»


Alors le p'tit bonheur


A fait sa guérison


Sur le bord de mon coeur


Y avait une chanson.


Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié


Ma vie de désoeuvré, j'avais dégoût d' la r'commencer


Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m' faisaient des peines


J' prenais mon p'tit bonheur et j' lui disais «C'est toi ma reine!»


Mon bonheur a fleuri


Il a fait des bourgeons


C'était le paradis


Ça s' voyait sur mon front


Or un matin joli


Que j' sifflais ce refrain


Mon bonheur est parti


Sans me donner la main


J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes,


Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur,


Il s'en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine,


Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure.


J'ai bien pensé mourir


De chagrin et d'ennui


J'avais cessé de rire


C'était toujours la nuit.


Il me restait l'oubli


Il me restait l'mépris


Enfin que j' me suis dit


Il me reste la vie!


J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles


Et je bats la semelle dans des pays de malheureux


Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille


Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux (bis)


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Henri Marineau1202 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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