Le baromètre Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette

Chute marquée de la popularité de Charest

JJC - chronique d'une chute annoncée



Alec Castonguay - La session parlementaire qui s'achève à Québec a consacré la chute de la popularité personnelle du premier ministre Jean Charest, selon le baromètre des personnalités politiques réalisé par Léger Marketing pour Le Devoir et The Gazette.

La précédente édition du baromètre, publiée le 1er décembre 2009, soit à la fin de la session politique d'automne, accordait 40 % d'opinion favorable à Jean Charest. Le nouveau sondage lui donne maintenant 24 %, soit une chute de 16 %.
En fait, il s'agit de la baisse la plus marquée depuis six mois, tous politiciens confondus. Il passe du 4e au 20e rang. «Depuis que Charest est premier ministre, en 2003, son gouvernement a souvent été écorché sur des dossiers particuliers, explique Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing. Ça ne touchait pas vraiment sa cote personnelle. Mais là, ce qui fait mal, c'est que son gouvernement est attaqué sur des questions d'intégrité. Et l'intégrité d'un gouvernement, ça repose beaucoup sur les épaules du chef. Il paye personnellement.» Pas moins de 68 % des répondants ont une opinion négative du chef libéral.
La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, est stable, avec 42 % d'opinion favorable de la part des citoyens. Elle est au 4e rang. Ils sont 44 % à avoir une opinion défavorable. Un résultat normal pour un chef de parti, qui suscite des réactions très contrastées selon l'appartenance politique, dit le sondeur.
Pour un deuxième baromètre de suite, c'est le député du Parti québécois et ancien acteur, Pierre Curzi, qui est l'élu le plus populaire du Québec, avec 52 % d'opinion favorable. Ils ne sont que 16 % à avoir une image négative du député. Depuis six mois, sa cote est en hausse de 5 %, puisqu'il recevait 47 % d'opinion favorable en décembre dernier. «Les Québécois aimaient Curzi dans son ancienne vie, celle d'acteur, et il a réussi à amener cette affection avec lui», dit Christian Bourque.
Amir Khadir, de Québec solidaire, passe du 3e au 2e rang, avec 50 % d'opinion favorable et 17 % de mauvaises opinions. Une très bonne session parlementaire pour lui, puisqu'il a gagné 8 %, soit la plus forte progression avec celle de Claude Béchard (+ 9 %). Amir Khadir réussit l'exploit de se hisser parmi les politiciens favoris des électeurs libéraux (9e rang) et péquistes (3e). Sa collègue Françoise David se classe 8e chez les électeurs péquistes. «Khadir est devenu une vedette de la politique québécoise. C'est étonnant pour un parti qui n'a qu'un seul député et très peu de temps de parole à l'Assemblée nationale. Mais il a la capacité de bien passer faire son message à la télévision et à la radio. Il est en train de devenir la deuxième opposition officielle à lui seul!», dit Christian Bourque.
Les vedettes de la télévision
Le ministre Claude Béchard, atteint par la maladie et absent une bonne partie de la session, récolte 42 % d'opinion favorable et 17 % de défavorable. Il est au 3e rang dans le palmarès général.
Encore une fois, d'anciennes vedettes de la télévision, qui ne sont pas particulièrement visibles comme députés ou ministres, se hissent dans les 12 premières positions du palmarès. C'est le cas de la ministre libérale Marguerite Blais (5e), du péquiste Maka Kotto (9e) et de l'ancienne journaliste Christine St-Pierre (11e), aujourd'hui ministre libérale. L'ensemble des résultats est disponible sur notre site Internet.
La députée du PQ Louise Beaudoin (6e), le chef de l'ADQ, Gérard Deltell (7e), le péquiste Bernard Drainville (8e) — lui aussi un ancien journaliste de télévision — Francoise David (10e), de Québec solidaire, et Line Beauchamp (12e), ministre de l'Environnement, complètent les 12 premières positions du palmarès.
Dans le cas du chef de l'ADQ, Gérard Deltell, la progression de 7 % de sa cote de popularité personnelle depuis six mois le place dans le peloton de tête. Près de 35 % des Québécois ont une bonne opinion de lui, contre 14 % qui en ont une mauvaise. Par contre, plus inquiétant, 39 % des Québécois affirment ne pas le connaître. «Deltell commence à faire sa place. Les gens semblent bien l'aimer. Mais il est encore peu connu. Si l'ADQ parvient à le rendre plus visible, il y a du potentiel», dit Christian Bourque.
Des ministres stables
On constate dans ce baromètre que, malgré la session difficile du gouvernement libéral, la cote de popularité des ministres n'a pas trop souffert, exception faite de celle de Jean Charest. Ainsi, les seules baisses sont enregistrées du côté d'Yves Bolduc, ministre de la Santé (-3 %) et de Michelle Courchesne, à l'Éducation (-1 %). Yves Bolduc est bien perçu par 21 % de la population et mal perçu par 33 %. Près de 36 % des gens ont dit ne pas le connaître. Quant à Michelle Courchesne, elle obtient le même résultat que son collègue à la Santé.
Tous les autres ministres sont stables ou en hausse. La plus forte augmentation revient à la ministre de l'Immigration, Yolande James (+7 %). Fait à noter, le ministre des Finances, Raymond Bachand, malgré un budget impopulaire, se maintient (+1 %). Il reçoit 26 % d'opinion favorable et 35 % d'opinion défavorable. Ils sont 28 % à ne pas le connaître.
Sans surprise, l'ancien ministre Tony Tomassi, qui a dû quitter le caucus libéral durant la session à la suite de multiples controverses, est le politicien le moins aimé, après Jean Charest. Pas moins de 59 % ont une opinion défavorable de lui, contre 4 % qui ont une opinion favorable. Près de 28 % affirment ne pas le connaître.
Le sondage a été mené du 7 au 10 juin derniers, auprès de 1015 personnes. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.


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