11 Septembre 2001

Amir Khadir n'écarte pas la théorie du complot

11 septembre 2001


L'un des deux porte-parole de Québec solidaire, le docteur Amir Khadir, n'écarte pas la théorie voulant que les attentats du 11 septembre aient été le résultat d'un vaste complot. Pour faire la lumière sur les attentats les plus célèbres de l'histoire, une grande enquête internationale devrait d'ailleurs être instituée, croit-il.
«La question se pose: quelle crédibilité faut-il accorder aux théories conspirationnistes? De manière plus directe, les Américains seraient-ils impliqués dans les attentats du 11 septembre? Moi je pense qu'il faut être extrêmement prudent. Et je pense que la prudence primordiale, c'est de ne pas rejeter du revers de la main ces théories-là, de demander une enquête sérieuse et indépendante des pouvoirs publics», a déclaré M. Khadir lors d'une entrevue à La Presse.
Ces théories du complot, dont la plus célèbre est probablement celle du Français Thierry Meyssan, foisonnent depuis les événements de septembre 2001. M. Meyssan, dans un livre devenu un best-seller international, écrivait que les autorités américaines avaient elles-mêmes organisé les événements. D'autres théories conspirationnistes imputent la responsabilité des attentats aux services secrets israéliens.
Ces théories ont fait bien des adeptes au Moyen-Orient, mais également en Occident. Chez nous, le chef du parti municipal Projet-Montréal, Richard Bergeron, écrivait dans un livre récent qu'aucun avion n'avait percuté le Pentagone le 11 septembre 2001. Il qualifiait cet événement «d'acte de banditisme d'État aux proportions titanesques».
Amir Khadir, lui, n'accorde pas nécessairement foi à ces théories du complot. D'ailleurs, si une grande enquête internationale était instituée, elle conclurait probablement que le 11 septembre est bel et bien un acte de terrorisme organisé par Oussama ben Laden, croit-il. «Je pense que ce serait ça, personnellement.»
Mais compte tenu du «lourd passé» des Américains en matière de manipulation de l'opinion, fait-il valoir, ainsi que des conséquences multiples des événements du 11 septembre au plan mondial, une enquête s'impose pour faire toute la lumière sur les attentats.
«Je trouve que c'est un peu léger de taxer ça de théories du complot et de dire que ça n'a aucune crédibilité. Car les enjeux sont immenses, aux plans du contrôle des ressources, des débouchés stratégiques pour les armes. Il est à tout le moins raisonnable de penser qu'il y peut y avoir eu conspiration», explique-t-il.
«Sachant ce qui s'est produit dans le passé, on a le devoir d'aller fouiller», dit le Dr Khadir.
Il donne en exemple l'invasion de la baie des Cochons, à Cuba, au début des années 60. «Avant d'attaquer Cuba, le FBI a considéré l'idée de tuer des Américains dans les rues de Floride pour justifier l'intervention», dit-il. Ce plan, qui aurait été soumis à la présidence américaine, est rapporté par l'essayiste Noam Chomsky dans son dernier ouvrage.
Mais quel genre de conspiration aurait pu mener aux événements du 11 septembre? «Quel est le niveau de manigance et de manipulation? Personne ne le sait. Est-ce que c'est d'avoir bloqué des nouvelles? Est-ce qu'on n'a pas agi, alors qu'on avait été prévenu, pour laisser venir les choses? Est-ce que des antennes bien implantées ont incité à certaines actions? Tout peut être considéré. Mais mon intuition, c'est qu'aucune puissance impériale ne s'infligerait un camouflet de l'ordre du 11 septembre. Alors si on peut démontrer un jour que des lobbies de l'armement, de la sécurité, ou pro-israélien, peuvent avoir trempé dans l'incitation, je ne pense pas que personne aurait pu imaginer que c'est ce genre d'action qui aurait été perpétrée», dit-il.
Mais une chose est sûre, estime le médecin: les Américains ont récolté ce qu'ils ont semé. «Ce qui semble être le point commun des situations qui génèrent le terrorisme, c'est que dans les années 80 et 90, on a connu une situation de blocage politique extrême conjuguée à une humiliation permanente», dit-il. En fait, il s'agit d'un véritable «régime institutionnalisé d'humiliation de tout un pan de l'humanité».
Le parti dont M. Khadir est le porte-parole, Québec solidaire, ne s'est pas prononcé officiellement sur la question du 11 septembre. M. Khadir ne parlait donc qu'en son nom personnel, précise l'autre porte-parole, Françoise David. «Il a exprimé une opinion qui est la sienne. Moi, je n'ai rien à dire, et pour Québec solidaire, ce n'est pas une priorité de discuter du 11 septembre», a-t-elle commenté depuis l'Abitibi, où elle effectue une tournée.


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