Affaire Bernier: les médias européens ne titrent pas dans la dentelle

"L'affaire Maxime Bernier"

Un ministre qui oublie des documents secrets chez sa maîtresse. Un ministre qui côtoyait une «Hells Angel girl».
La démission de Maxime Bernier a fait le tour du monde cette semaine, et les titres ne faisaient pas toujours dans la dentelle.
De façon générale, la plupart des médias étrangers ont parlé brièvement de la démission du ministre en reprenant les textes sobres et factuels des agences de presse comme Reuters ou l'Agence France-Presse (à titre d'exemple, Reuters écrivait, en amorce de sa dépêche standard, que «sous pression depuis trois semaines en raison de révélations sur le passé de son ex-compagne, le ministre canadien des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a remis lundi sa démission»).
La nouvelle pouvait faire l'objet de «brèves» dans les pages internationales. Toutefois, certains médias sont allés plus loin. Reprenant d'abord la dépêche de Reuters, Le Monde a ajouté jeudi un autre article de sa correspondante au Québec sur le fait que «la démission du chef de la diplomatie canadienne affaiblit le gouvernement minoritaire de M. Harper».
Certains médias se sont amusés dans leurs titres. Mercredi, Libération titrait «La sulfureuse affaire du ministre canadien des Affaires étrangères», pour coiffer un court article qui explique que le ministre est «célèbre dans son pays pour ses gaffes à répétition». Rappelant l'histoire de Julie Couillard et de son entrevue à TVA, l'article conclut qu'«en faisant le ménage, elle aurait trouvé un micro caché sous son matelas. Le même matelas que le ministre avait côtoyé une année durant... et qui a fini par lui coûter son poste».
Le titre du Figaro est également assez coloré: «Le chef de la diplomatie canadienne oublie ses dossiers chez sa maîtresse».
Ce n'est rien, cependant, si on le compare avec certains titres britanniques. The Independant de Londres indique, dans son titre, que le ministre était avec une «"biker's moll" girfriend» («moll» est une expression qui pourrait signifier, selon le Robert Collins, une «nana de gangster»).
Le Daily Mail y va encore plus fort: «Le ministre qui avait un faible pour une "Hells Angel girl" démissionne» (notre traduction). Au Canada ce genre de titre serait probablement sujet à des poursuites puisque Mme Couillard, faut-il le rappeler, n'a jamais été membre des Hells Angels et n'a aucun dossier criminel.
The Evening Standard titre «Minister resigns after leaving files with "biker chick"».
La BBC, pour sa part, a expliqué plus sobrement que le ministre démissionnait après avoir laissé des documents «classifiés» dans un lieu «non sécurisé».
Aux États-Unis, les grands médias ont également repris l'information. The New York Times y a consacré un assez long article de son correspondant à Ottawa, indiquant qu'«un officiel canadien démissionne après une entrevue avec son ex-amoureuse».
Sur la scène internationale, il n'y a aucun doute que l'actuel gouvernement Harper aurait pu se passer de ce genre de publicité...


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