Venezuela: une «attaque électromagnétique» a provoqué la panne géante d’électricité

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Caracas | L’électricité était progressivement de retour mardi à Caracas et dans l’intérieur du pays, plongés dans le noir lundi en fin de journée à la suite d’une nouvelle panne d’électricité liée selon le gouvernement à une «attaque électromagnétique».  


«Rétablissement de l’électricité à 100% à Caracas et partielle dans les Etats de Mérida, Trujillo, Barinas et Aragua. Nous continuons à oeuvrer pour un rétablissement total», a écrit dans la nuit de lundi à mardi l’entreprise publique d’électricité Corpoelec sur Twitter.  


La panne de courant a commencé lundi à Caracas à 20H41 GMT, a constaté l’AFP, et a affecté entre autres la distribution d’eau, les services de transports publics et les liaisons téléphoniques. En province, des coupures ont été reportées dans la totalité des 23 États vénézuéliens, selon des utilisateurs de Twitter.  


«Les premiers éléments de l’enquête menée dans la région du Caroni (sud du Venezuela) suggèrent qu’il s’agit d’une attaque électromagnétique visant à nuire au système de production hydroélectrique», a expliqué le ministre de la Communication, Jorge Rodríguez, à la télévision, promettant que le système électrique national serait remis en service «dans les plus brefs délais».  


Plus tard, le président Nicolas Maduro a dénoncé sur Twitter une «nouvelle attaque criminelle».  


Les feux de signalisation étaient également hors service lundi soir dans la capitale vénézuélienne, provoquant des embouteillages importants, de même que les terminaux de paiements, indispensables dans un pays touché par l’hyperinflation où l’argent liquide et notamment les «grosses» coupures, les dernières encore utiles, se font rares.  


«J’ai faim, je voudrais manger quelque chose, mais il n’y a plus aucun endroit en mesure d’accepter un paiement par carte de crédit», se lamentait auprès de l’AFP Hernan Montalvo qui n’avait pas assez de monnaie pour s’acheter un hot-dog.  


Plus tôt dans la journée, des flots de piétons ont envahi les trottoirs après la fermeture du métro.  


«Ils essayent de cacher l’ampleur de la tragédie en rationnant tout le pays, mais l’échec saute aux yeux: ils ont détruit le système électrique et n’ont pas de solutions», a réagi sur Twitter le chef de l’opposition, Juan Guaido, président du Parlement, qui s’est proclamé en janvier président par intérim du Venezuela et est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays avec à leur tête les États-Unis.  


L’opposition vénézuélienne met généralement les pannes de courant sur le compte de l’«incurie» et de la «corruption» au sein du gouvernement de Nicolas Maduro.  


Corpoelec a quant à elle simplement indiqué qu’une panne touchait plusieurs secteurs de la capitale.  


«Attaques terroristes»


Cette panne survient dans un contexte diplomatique tendu avec les États-Unis, que Caracas a accusé lundi d’avoir violé son espace aérien avec un «avion-espion».   


La veille, des responsables militaires américains avaient dénoncé le fait qu’un avion de combat vénézuélien s’était approché vendredi de très près d’un avion américain, de façon «agressive» et «dangereuse», au-dessus de la mer des Caraïbes, qualifiant la manoeuvre de «non professionnelle».  


D’autres « blackout » ont plongé le Venezuela dans le noir cette année, un premier début mars puis un deuxième à la fin de ce même mois, paralysant, là aussi, le pays pendant une semaine.   


La distribution d’eau - qui fonctionne grâce au réseau électrique - avait aussi été interrompue.  


Le gouvernement de Nicolas Maduro avait déjà attribué ces pannes à des «attaques terroristes» fomentées par l’opposition et les États-Unis contre la centrale hydroélectrique de Guri (sud), qui fournit 80% de l’électricité au Venezuela.   


La province vénézuélienne est aujourd’hui régulièrement touchée par des pannes de courant, mais la capitale est d’ordinaire épargnée.   


«Je suis indignée. Les réparations nécessaires n’ont pas été effectuées. C’est toujours la même chose. Et peut-être que cette panne-ci va être pire que les précédentes», a déclaré à l’AFP Eurimar Guere, une habitante de Caracas.