PSPP, le candidat de l’intégrité...

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La corruption libérale dénoncée par PSPP

S’il est un thème duquel nous n’avons pas assez traité dans le cadre de cette campagne électorale, c’est bien l’éthique et l’intégrité.


Pourtant, depuis plus d’une décennie, les journalistes d’enquête, les lanceurs d’alerte, des policiers, d’ex-militants politiques... ils ont été nombreux à pointer vers un système de corruption, de collusion et de copinage en politique provinciale au Québec.


Nous avons multiplié les structures, les enquêtes, institué une Unité permanente anti corruption (UPAC), nous avons, collectivement, financé les travaux de la Commission Charbonneau... Résultat?


L’élection de 2018 se déroule sans que les Québécois n’aient eu de réponses en lien avec les nombreuses enquêtes (comme Mâchurer), les allégations troublantes – dont certaines visent des candidats qui se représentent en 2018 sans n’avoir été inquiétés – ou les procès déjà en cours, notamment celui de Nathalie Normandeau et de Marc-Yvan Côté.


Le dilemme de Prévost


Nulle part ailleurs au Québec cette situation ne trouve-t-elle pareille incarnation dans l’élection en cours que le comté de Prévost.


D’un côté, la CAQ qui présente une ex-ministre libérale de l’époque de Jean Charest, Marguerite Blais, laquelle a été rencontrée par l’UPAC concernant du «financement corporatif» lors de sa campagne électorale de 2008. Marguerite Blais a admis avoir été l’une des ministres à 100 000 $ de l’ère Charest.


De l’autre côté, Paul St-Pierre Plamondon, avocat, ex participant au groupe Génération d’idées, mais surtout, un fervent défenseur de l’éthique, de l’intégrité, de la probité en politique.



Le parcours des deux candidats est diamétralement opposé. D’un côté, l’ex-ministre libérale qui faisait partie d’un gouvernement corrompu, miné par les accusations et les allégations les plus épouvantables en matière d’éthique; de l’autre, l’avocat qui a travaillé d’arrache-pied pour que la Commission Charbonneau voie le jour...


Scandinavie, Bolivie, Canada, Québec... La poursuite de l’intégrité, partout, tout le temps!


Le parcours professionnel de Paul St-Pierre Plamondon est impressionnant. Surtout il est traversé par un engagement professionnel envers l’intégrité et la transparence. 


Ce qui l’a mené, en 2005, à prendre le chemin de l’Amérique du Sud : «quatre mois en Bolivie à titre de procureur bénévole dans l'affaire d'anciens dirigeants accusés de fraude et de génocide. «J'ai vu tout le tort que peut faire la corruption, dit-il. Tous les dés sont pipés, tu ne peux rien entreprendre, c'est très frustrant.»


L’avocat m’a expliqué à quel point c’est difficile de plaider devant un juge de la cour constitutionnelle d’un pays corrompu alors que l’on sait pertinemment que ce juge est à la solde d’un dictateur. On est ici au cœur d’un régime où les règles ne tiennent plus, l’anti-démocratie en somme.


Paul St-Pierre Plamondon a également vécu et étudié en Suède, au Danemark et en Norvège, des sociétés scandinaves «qui sont intolérantes envers la tricherie» selon ses dires. Là où la probité des élus, notamment, est essentielle. Là où il a puisé certains des repères démocratiques qui le guident aujourd’hui à titre d’aspirant député.


Cette gouvernance scandinave, intolérante à la tricherie, elle sera malmenée quand il reviendra chez lui... le Canada et le Québec, des sociétés qui se sont, pour ainsi dire, habituées au mensonge, à la tricherie. PSPP sait de quoi il parle, lui qui a plaidé dans des dossiers liés à la Commission Gomery, lui qui militera activement, au sein du Barreau, pour l’institution d’une commission d’enquête sur la corruption politique dans le milieu de la construction au Québec; des expériences qui lui ont ouvert les yeux, qui l’ont beaucoup marqué.


«Ce qui s’est passé en 1995, et ce que l’on a appris de la Commission Gomery, et plus tard de la commission Charbonneau, c’est qu’au nom de la lutte contre les indépendantistes, on a accepté que la tricherie, que le mensonge deviennent normatifs.


De la Commission Gomery jusqu’à la Commission Charbonneau, force est de constater que le Québec a été assujetti, en grande partie, à la gouvernance du “camp du Non”, ceux qui avaient imaginé le stratagème frauduleux dénoncé par le juge Gomery et souvent les mêmes qui se sont trouvés un chemin jusqu’aux audiences de la juge Charbonneau


Paul St-Pierre Plamondon n’aime pas dorer la réalité. Ce qu’il me décrit, c’est précisément ce que je constate moi-même depuis plusieurs années comme observateur et chroniqueur intéressé par la collusion et de la corruption politique au Québec. Et voilà l’un des plus grands dangers qui guette nos institutions démocratiques, que l’on accepte, collectivement, que la corruption, la collusion, le copinage, que tout ça ne soit pas si grave finalement, que tous les politiciens sont pareils, qu’on ne peut rien y changer...


Que la corruption devienne la norme.



PHOTO D'ARCHIVES


PSPP, à l’avant-poste pour réclamer la Commission Charbonneau


C’est en continuité avec son désir d’engagement envers l’éthique et la transparence que Paul St-Pierre Plamondon a été, par le groupe Génération d’idées, l’un des instigateurs de «l’opération balais» en 2011. Le journaliste Antoine Robitaille avait couvert l’événement :


«Le groupe Génération d’idées a installé quelque 260 balais devant l’Assemblée nationale, chaque balai étant adressé à un élu et ayant été acheté en ligne par des citoyens cherchant «une manière alternative» de réclamer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction


Mais PSPP ne s’était pas arrêté là. Avec un collègue avocat, Olivier Charest, il avait fait paraitre un texte dans Le Devoir intitulé L’attrape huis clos pour sensibiliser la population québécoise à la nécessité de la plus grande transparence pour la commission d’enquête sur l’industrie de la construction que concoctait alors Jean Charest.


C’est que le PLQ espérait adopter le principe du «secret», du huis clos, pour la plupart des témoignages dans le cadre de cette commission. St-Pierre Plamondon et Charest ont rappelé ce principe essentiel du droit :


«En tant que citoyens, nous réclamons notre droit d'entendre s'exprimer de vive voix les personnes qui viendront témoigner dans une éventuelle commission d'enquête sur le milieu de la construction. Nous voulons fonder notre propre opinion sur la crédibilité de ces personnes; nous ne voulons pas nous en remettre à l'appréciation qu'en fera une commission nommée par le gouvernement, à huis clos.


Après avoir entendu de tels témoignages, nous voulons être en mesure d'exprimer notre mécontentement envers nos élus si nous estimons qu'ils sont responsables, sciemment ou non, de la situation exposée. Une commission d'enquête majoritairement à huis clos nous priverait d'information que nous jugeons essentielle à l'exercice de nos droits — en premier lieu, de notre droit de vote.»


Des voix comme celles-ci ont été capitales afin que le gouvernement Charest ne puisse pas faire à sa guise et réussir à cacher l’essentiel des témoignages potentiellement incriminants pour sa famille politique.



PHOTO D'ARCHIVES


On connaît la suite. Il n’aura suffi que de quelques lignes, surprenantes, glissées dans le rapport de la commission Charbonneau par le commissaire Renaud Lachance pour chacun trouve matière à se disculper. Bien que collectivement nous ayons beaucoup appris de par les témoignages de la commission Charbonneau, le problème demeure entier.


Et à l’heure où la population québécoise se rendra aux urnes, elle n’aura presque pas entendu parler d’éthique, de corruption et des dérives inhérentes à la normalisation de cet écosystème délétère.


Paul St-Pierre Plamondon insiste; selon lui, il ne saurait y avoir de réel changement au Québec sans que nous n’acceptions de changer cette culture du mensonge. Et encore, il en revient à son expérience scandinave :


«Cette culture du mensonge, elle est partout. En économie notamment. Les discours économiques que l’on entend et qui nous vantent, par exemple, les bienfaits du pétrole, lors des débats sur les projets d’oléoducs, comme vecteurs de prospérité économique, ils sont faux.


Les vrais paramètres de la prospérité économique, comme on les décline dans les économies scandinaves, ce sont les investissements en santé et en éducation d’une part et la lutte à la corruption d’autre part.»


PSPP est-il un idéaliste à sa façon? Je ne le crois pas. Ce que je sais, c’est que l’Assemblée nationale gagnerait à compter un citoyen engagé comme lui.


Dans le comté de Prévost, la population se fait aussi courtiser par une politicienne au grand cœur, Marguerite Blais, dont l’engagement envers les ainés est indéniable. Toutefois, son parcours éthique est beaucoup moins reluisant.


Aussi, comment ne pas être cynique et même repoussé de la politique quand on se souvient que cette ex-ministre libérale, il y a quelques mois à peine, appuyait tout sourire la candidature libérale dans Prévost! Que valent les critiques de Mme Blais envers le régime libéral quand on sait qu’elle en fut un rouage important?


Voilà pourquoi la candidature de Paul St-Pierre Plamondon me plait particulièrement. Parce que nous avons besoin d’antidote au cynisme, parce que nous avons besoin de ramener l’éthique au cœur de nos principes de gouvernance, parce que l’Assemblée nationale doit accueillir, en son sein, des passionnés de la lutte contre la tricherie.