Percée des "indignés", raclée à droite : ce qu'il faut retenir des élections en Espagne

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La gauche déloge les forces conservatrices espagnoles

Ce sont des résultats électoraux qui bousculent une fois encore l'Europe. Les partis anti-austérité Podemos et Ciudadanos (centre) ont infligé une raclée au Parti populaire (PP, conservateur) du chef du gouvernement, Mariano Rajoy, ainsi qu’au Parti socialiste ouvrier (PSOE), en enregistrant un bond des votes en leur faveur. Sur l’ensemble du pays, Podemos, créé en janvier 2014 par un groupe d'enseignants en sciences politiques, a gagné une troisième place dans douze régions.
L'autre nouvelle formation nationale, Ciudadanos, parti de centre droit né en Catalogne, s'est présentée dans un millier de mairies et a pu se hisser à la troisième place au niveau municipal avec un discours favorable aux entrepreneurs, implacable sur la corruption.
Que faut-il retenir de ces élections ?
#Une maire "indignés" à Barcelone ?
A Barcelone, la liste de la militante anti-expulsions, Ada Colau, 41 ans, égérie des "indignés", soutenue par Podemos, est arrivée en tête devant celle du maire sortant Xavier Trias, un nationaliste conservateur : elle a obtenu onze sièges contre dix pour celui-ci, cinq pour Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan.
Accusée d'être populiste, inexpérimentée et radicale par ses rivaux, elle a rallié les suffrages de plus de 176.000 électeurs, faisant de la deuxième ville la plus peuplée d’Espagne, avec 1,6 million d'habitants, le premier bastion des "indignés". Ada Colau est en passe de devenir la première maire "indignée" d’Espagne.
Son travail à la tête de la PAH, organisation luttant contre les expulsions de familles surendettées, l'a convertie en héroïne des victimes de la crise. Elle veut leur consacrer ses premières mesures une fois au pouvoir :
- paralyser les expulsions dans la ville,
- convertir les appartements vides en logements sociaux,
- forcer les entreprises à réduire les prix de l'eau, du gaz, de l'électricité
- ou encore lancer un revenu minimum de 600 euros pour les familles au bord de la misère.
Mais rien n'est encore joué. Faute de suffrage universel direct, Ada Colau doit être investie par le conseil municipal et peut encore être renversée par une coalition d'opposants.
#Raclée pour la droite
Le PP arrive en tête certes avec 27 % des votants, juste devant le PSOE, mais il réalise son pire score depuis 1991 et a dilué tout le pouvoir territorial acquis ces quatre dernières années.
La droite perd son fief de Madrid, tenu par elle depuis 23 ans. La liste "Ahora Madrid" de Manuela Carmena, ancienne juge de 71 ans, comprenant notamment Podemos, est deuxième après celle du Parti populaire (20 conseillers contre 21 conseillers) mais pourrait gouverner avec l'appui du PSOE (neuf sièges), Ciudadanos arrivant quatrième (sept sièges).
Ce n'est pas tout. Sur l'ensemble du pays, la droite ne s'effondre pas mais cède du terrain. Elle perd une région qui passe au Parti socialiste (Estrémadure, ouest) et en garde 12 sur les treize en lice, mais sans majorité absolue. Les voix du PSOE alliées à celles de Podemos dépassent souvent les siennes.


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