Pédophilie, espionnage, corruption : les sombres coulisses du Quai d'Orsay dévoilées

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Une espionne française en poste au Canada !


Vincent Jauvert, journaliste à  l'Obs, publie un livre intittulé «La face cachée du Quai d'Orsay». Un récit noir qui révèle après plusieurs mois d'enquête, certaines dérives sous les ors de la République survenues au cours de ces dernières années.

Centre névralgique de la diplomatie française, le Quai d'Orsay est l'un des ministères régaliens les plus prestigieux. De ce monde feutré, le grand public n'en conçoit, sans nul doute, que de vastes pièces accueillant des réunions sensibles dans un cadre pour le moins somptueux. Un livre vient désormais dépeindre un lieu où la loi républicaine est loin d'être reine.

© Capture d'écran du site Fnac.com

Une affaire de pédophilie mise au placard

Le Quai d'Orsay aurait-il étouffé une affaire de pédophilie mettant en cause un diplomate ? C'est en tout cas ce qu'affirme l'auteur du livre. Bien qu'aucun nom ne soit cité dans cette affaire, les détails s'y afférant sont nombreux. En 2013, le FBI mène une opération anti-pédophilie et parvient à obtenir «les numéros de téléphone des prédateurs». Au sein de cette liste, figure celui d'un diplomate muté du Quai d'Orsay vers le siège des Nations unies. L'homme est cependant congédié sine die par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon qui aurait eu vent de son passé. Recherché par la justice américaine, il parvient à rejoindre Paris en transitant par Montréal et n'a à ce jour pas été licencié. Son nom est même récemment apparu dans un jury de concours interne du ministère.

Un ancien diplomate accusé de détournement de fond

Proche de l'ancien président François Mitterrand, Bruno Delaye est accusé d'avoir, sur base de photocopies de factures, détourné environ 90 000 euros de fonds publics lorsqu'il était ambassadeur à Madrid. Au début de l'été 2012, il aurait reçu cette somme de plusieurs entreprises qui ont loué l'ambassade de France pour y organiser des soirées. Ces prestations devaient logiquement être directement payées à l'ambassade. L'implication de cet énarque est une mauvaise nouvelle pour l’Elysée où officie un ami proche, Paul Jean-Ortiz, conseiller diplomatique de François Hollande.

Très chers ambassadeurs...

Si le salaire des élus de la République fait souvent les choux gras de la presse, celui des ambassadeurs est rarement évoqué. Et pour cause, ces derniers sont plutôt réticents à se confier autour de ce sujet. Néanmoins, le journaliste a réussi à se procurer les salaires perçus par quelques uns d'entre eux.

«Les représentants en Afghanistan, en Irak et au Yémen sont aujourd'hui les mieux rémunérés avec environ 29 000 euros net par mois (...). L'ambassadeur à Pékin gagne 21 000 euros ; à Washington 20 000 ; celui à l'OTAN, 19 000 ; à N'Djamena ou à Londres, 17 000 ; au Gabon ou à Oman 15 000 ; en Afrique du Sud, 14 000 ; au Cap-Vert, 13.000 ; au Canada, 12 000 ; en Lettonie et à la FAO, à Rome, 11 000 ; et à Bruxelles, 10 000», affirme le journaliste. Des revenus bien supérieurs à ceux perçus par de nombreux acteurs de la vie politique et qui sont en partie exonérés d’impôt.

Certaines ambassades françaises abritent des activités d'espionnage

Offusquée par le programme d'espionnage américain de la NSA révélé par Edward Snowden, la France ne serait pas en reste dans ce domaine. Selon l'auteur, les toits de certaines des ambassades françaises sont utilisés pour espionner les communications dans plusieurs pays. «Personne aux Affaires étrangères ne vous le dira, mais il y a des centres d'écoutes dans toutes nos représentations diplomatiques au Sahel et au Maghreb», rapporte un haut responsable.

La couverture diplomatique est également utilisée pour des activités d'espionnage. «Depuis quelques années, il y a au moins un espion sous couverture diplomatique dans la plupart des ambassades de France. Ils sont, par exemple, quatre à Washington, trois à Johannesburg, et à N'Djamena, deux à Riga et à Jérusalem, et une à Ottawa», révèle l'auteur.

Les larges prérogatives de la compagne de Laurent Fabius

Marie-France Marchand-Baylet,  aurait fait le pluie et le beau temps au ministère en ayant un poids décisionnel important sur les nominations des attachés de presse et des diplomates. Selon le livre, elle aurait refusé la nomination d'une diplomate après un rendez-vous conflictuel. Son mari aurait alors déclaré à ce sujet qu'il s'agissait d'une simple «mésentente entre femmes». 



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