Mission impérative ou pourquoi l’Occident et Kiev doivent tuer la Vérité

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Le martyr de la liberté d'expression

C’est prétendument pour des raisons de sécurité nationale que deux femmes journalistes russes ont été arrêtées pendant le week-end et détenues par la police secrète de Kiev, le SBU. Cet aveu des autorités de Kiev révèle, ironiquement, plus de choses qu’elles ne l’auraient voulu. Des journalistes armées de leurs seules caméras sont-elles vraiment en mesure de menacer la sécurité nationale, vous demandez-vous peut-être? Oui, et vous avez intérêt à le croire – parce que si la vérité était faite sur la nature du régime de Kiev soutenu par l’Occident et son attaque militaire de l’est de l’Ukraine, ce serait en effet une véritable menace contre la sécurité – la menace d’être accusé de crimes de guerre et d’agression illégale contre la Russie. Les conséquences juridiques pour le régime Kiev et ses patrons occidentaux seraient dévastatrices.
Les deux journalistes ont été identifiées comme étant Elizaveta Khramtsova, reporter, et Natalia Kalysheva, photographe, travaillant toutes deux pour Life News basé à Moscou. Le directeur de ce média, Markian Lubkovsky, aurait affirmé qu’il a appris la détention des deux membres de son personnel seulement par un bref coup de fil que l’une d’elles a réussi à passer avant qu’on ne les fasse disparaître. Plusieurs heures après qu’elles avaient été placées en détention, on ne savait toujours pas où elles étaient. Il s’agit donc là d’un enlèvement et c’est une grave violation du droit international. Le ministère des Affaires étrangères de la Russie a exigé que les deux femmes soient libérées immédiatement. Le SBU basé à Kiev aurait seulement consenti à confirmer que les deux femmes seraient expulsées dans un avenir proche et qu’elles se verraient interdire l’entrée en Ukraine à l’avenir.
Il y a une autre raison à ce traitement musclé des journalistes russes: la nécessité absolue d’empêcher que la propagande mensongère de l’Occident contre la Russie sur le conflit en Ukraine ne soit révélée au grand jour. Plus de 80 journalistes professionnels russes ont été expulsés du territoire ukrainien depuis le début du conflit, l’année dernière. Au moins quatre ont été tués par des tirs à balles réelles des forces de Kiev. De quoi donc le régime de Kiev et ses soutiens occidentaux ont-ils si peur?
Cela fait des mois que Washington et ses alliés européens, ainsi que l’alliance militaire de l’OTAN, nous matraquent de déclarations et d’affirmations infondées sur une prétendue invasion de l’est de l’Ukraine par des milliers de soldats et de divisions mécanisées russes. Ces affirmations provocatrices d’une agression de la Russie ont été amplifiées, systématiquement et sans la moindre enquête ou vérification, par tous les grands médias occidentaux, y compris la BBC, France 24, Deutsche Welle, CNN et le New York Times.
Étrangement, ces entreprises médiatiques occidentales qui brassent des millions de dollars ne semblent pas avoir les moyens nécessaires pour envoyer des équipes de reporters et de cameramen dans les zones de conflit de l’est de l’Ukraine de Donetsk et de Lougansk pour faire des reportages convenables. On pourrait penser qu’il devrait s’agir là d’une mission prioritaire pour les médias, compte tenu de leur soi-disant devoir d’informer le public sur la violence extrême qui règne dans ces régions, sans parler du possible élargissement du conflit que pourraient provoquer les accusations occidentales contre Moscou. Au lieu de cela, les médias occidentaux se reposent exagérément, d’une manière tout à fait révélatrice, sur le Département d’État américain, l’OTAN et les douteuses sources du régime de Kiev.
Jamais la couverture d’une guerre ayant lieu sur le continent européen n’a été aussi éloignée de ce que l’on considère comme du bon journalisme. Pourquoi y a-t-il si peu de reportages en direct? Encore une fois, de quoi ont-ils si peur? D’où vient la réticence des médias occidentaux à découvrir le fin mot de l’histoire? Et d’une histoire explosive, en plus.
En fait, dans les rares occasions où les médias occidentaux se décident à faire des reportages en direct du lieu du conflit ukrainien, ce qui en ressort tend à contredire, ou du moins à ne pas étayer, le grand récit occidental qui prétend que tout est de la faute de la Russie qui veut sournoisement subvertir l’Ukraine. À maintes reprises, le vénérable New York Times – considéré comme le bastion du journalisme étatsunien – a été pris en flagrant délit d’inventer ou de colporter des affirmations infondées de présence militaire russe en Ukraine. Mais les reporters du New York Times ont également confirmé dans un de leurs rares reportages en direct – quoique de façon biaisée – que la milice d’auto-défense de Donetsk et de Lougansk était dirigée par des locaux, et non par des soldats russes sous couverture, et que la milice n’était pas secrètement armée par l’État russe. Pourtant, cette réalité indiscutable n’a pas empêché le NYT, le reste du temps, de colporter des rumeurs et des insinuations conformes au récit anti-russe. Dans un autre de ces rares reportages, celui-là réalisé après le cessez-le-feu de Minsk, le NYT a également confirmé que l’armée de Kiev soutenue par l’Occident bombardait sans discernement, sans connaître les coordonnées des combattants des forces d’auto-défense ennemies. Le NYT a dit, en plaisantant, dans ce reportage, que l’artillerie de Kiev utilisait la technique tire dans le tas et barre-toi. A ce propos, n’oubliez pas que près de 5 000 personnes ont été tuées depuis que le régime de Kiev a lancé son offensive il y a dix mois. Plus de la moitié des victimes sont des civils et beaucoup d’entre eux ont été tués par des bombardements aveugles de l’armée de Kiev et des unités de la Garde nationale, tirant des roquettes, des mortiers et des missiles balistiques sur les centres résidentiels . La ville de Gorlovka, près de Donetsk, donne un aperçu de l’ampleur criminelle de ces attaques, avec près de 100 civils, y compris des jeunes enfants, morts sous les incessants bombardements de maisons, d’appartements, d’églises, d’hôpitaux, d’écoles et d’espaces publics effectués par l’armée de Kiev depuis avril dernier.
Donc, maintenant nous approchons de ce que l’Occident et ses marionnettes de Kiev craignent le plus. C’est simple: qu’on découvre que la Russie n’a pas envahi l’Ukraine orientale; que la Russie n’a pas envoyé de tanks, d’unités d’artillerie, d’obusiers, ni de camions pleins de fusils d’assaut et de lance-roquette ; que les convois d’aide humanitaire sont la seule chose que Moscou ait envoyée en Ukraine.
Les citoyens russes qui se battent en Ukraine orientale sont des volontaires qui ont, de leur propre gré et à leurs propres frais, pris l’initiative de rejoindre la milice d’auto-défense russophone en solidarité avec le peuple du Donbass, qui entretient avec la Russie des relations fraternelles depuis des siècles. Le caractère volontaire de ces combattants russes dans l’est de l’Ukraine a même été reconnu – par inadvertance – dans un rapport du média de propagande dirigé par la CIA, Radio Free Europe (voir les éditions SCF précédentes de cet article pour avoir plus de détails sur les rapports du NYT et de RFE publiés respectivement les 7 mai 2014 et 29 octobre 2014 mentionnés ci-dessus).
Ils ne veulent surtout pas qu’on découvre que le régime-qui-révère-les-nazis de Kiev – porté au pouvoir par un coup d’état illégal parrainé par l’Occident en février dernier – commet d’épouvantables crimes contre l’humanité, y compris l’entassement des victimes dans des fosses communes et l’utilisation de bombes à sous-munitions sur les lieux d’habitation des civils. Ce régime n’est pas un mouvement pro-démocratie comme l’Occident le prétend sans vergogne. Il reçoit des milliards de dollars d’aide financière et militaire de Washington et de Bruxelles, grâce aux contribuables occidentaux, pour poursuivre son offensive criminelle.
Les gouvernements occidentaux, l’OTAN et les médias occidentaux sont ainsi accusés de parrainer ou d’être complices du terrorisme d’État qui détruit l’Ukraine orientale. La complicité des médias occidentaux dans la distorsion des faits, le maquillage de la vérité et la dissimulation des crimes systématiques est en soi un grave crime de guerre selon le droit international. Il n’y a aucune différence entre les crimes du ministère de la propagande nazie de Josef Goebbels et le fonctionnement des médias occidentaux. Les deux sont coupables de faciliter des crimes de guerre et de soutenir un terrorisme d’État, malgré les prétentions à l’objectivité et à l’indépendance des seconds.
En dehors de rares aveux involontaires occidentaux sur la situation réelle en Ukraine, les seules sources qui fournissent actuellement un semblant de vérité sur les horreurs que soutient l’Occident sont des blogueurs des régions de l’Est, ainsi que les autorités des Républiques indépendantes auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk – qui ont refusé de reconnaître la légitimité de la junte parrainée par l’Occident et dirigée par le président-oligarque Petro Porochenko et son Premier ministre, Arseni Iatseniouk, un atout de la CIA.
Une troisième source fiable d’informations sur les champs de la mort de l’Ukraine et ses régions orientales assiégées sont les journalistes russes. Lorsque trois sources relatent des mêmes événements de manière indépendante et cohérente, alors on peut raisonnablement penser que l’information est fiable et qu’elle est assez proche de la vérité. Comme je l’ai déjà indiqué, près de 80 journalistes russes travaillant pour des organes de presse accrédités ont été arrêtés par la police secrète de Kiev et quatre ont été tués dans des circonstances violentes dans l’est de l’Ukraine. Des vidéos et des témoignages prouvent que ces journalistes ont été délibérément pris pour cible par l’armée de Kiev – encore un autre crime de guerre selon le droit international.
Imaginez donc le tollé si, par exemple, des journalistes de la BBC étaient abattus par les forces russes. Nous ne cesserions pas d’en entendre parler. Mais lorsque le régime de Kiev soutenu par l’Occident tue des journalistes russes, eh bien, cela n’intéresse pas du tout les médias occidentaux. Sans doute en raison de leur conviction biaisée et pervertie que les journaleux russes sont des espions du Kremlin et donc qu’ils n’ont eu que ce qu’ils méritent.
Le fait que les journalistes soient pris pour cible en Ukraine montre à quel point le respect de la liberté d’expression, dont l’Occident a fait tant de cas lors du massacre à Charlie Hebdo à Paris le mois dernier, n’est en fait qu’un leurre et un mensonge.
Mais, plus important encore, l’exercice libre et indépendant des médias en Ukraine mettrait en danger mortel le régime de Kiev lui-même. Parce que cela révèlerait la criminalité de la junte et la complicité des gouvernements et des médias occidentaux qui l’épaulent. Cela révèlerait aussi la duplicité et la fourberie de l’odieux récit occidental qui présente la Russie comme le coupable. Les sanctions occidentales contre la Russie, accompagnées du roulement des tambours de guerre de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis, seraient vues pour ce qu’elles sont réellement: un tas de mesures basées sur un tas de mensonges, de dissimulations et d’inventions. Il s’avérerait que ce n’est pas Moscou qu’il faut sanctionner, mais Washington, Berlin, Paris, Londres et les autres gouvernements européens qui soutiennent le régime criminel de Kiev.
L’enjeu de la propagande occidentale contre la Russie est considérable. Si cette propagande était percée à jour, alors il faudrait poursuivre les gouvernements et les médias occidentaux pour violations flagrantes du droit international, y compris des infractions passibles de la peine de mort et l’incitation à élargir le conflit avec la Russie. Et la Russie devrait également être indemnisée à hauteur de milliards de dollars pour cette agression illégale, y compris les dommages économiques et la diffamation. En outre, si les peuples occidentaux venaient à découvrir l’amplitude des pratiques criminelles de leurs gouvernements et de leurs médias, ils le leur feraient chèrement payer dans la rue.
C’est pourquoi les journalistes russes et autres journalistes indépendants doivent être – à tout prix – tués, enlevés, intimidés ou expulsés d’Ukraine par ce régime soutenu par l’Occident. L’Occident ne peut pas se permettre – ne peut absolument pas se permettre – de laisser les faits se mettre en travers de leur narratif, dont le but est de criminaliser la Russie.


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