Réaction à l'article Devoir d'aujourd'hui (13-03-10) de J.R. Sansfaçon.

Le rêve étroit des nantis

Tribune libre

Selon moi, Monsieur Sansfaçon frappe encore une fois dans le mille.
Le rêve des nantis d'une société se limite trop souvent à celui d'accroître leur propre richesse personnelle. Le pire, c'est que cela ne laisse comme option politique que la victoire continuelle du plus fort et du plus hypocrite sur le plus faible et plus naïf. Beau programme.
Non, l'idée que "ce qui est bon pour GM, est bon pour tout un pays" n'est pas la mienne; vous vous en doutez.
[Que cela a-t-il à voir avec la réunion du PQ ?->26218]
J'estime que ce parti fait trop souvent en sorte que les esprits confondent richesse et abondance... Je m'explique.
Ce que tout gouvernement devrait avoir à l'esprit n'est-il pas de créer de l'abondance pour tous? Tous ensemble. Et pas de chercher à ce que la richesse de chacun puisse sans cesse s'accroître...
D'ailleurs, les taux d'abstention records aux élections ne sont-ils pas l'aveux le plus clair d'une perception populaire croissante que "voter, ça sert à rien pour les petits..." ?
La différence entre ces deux concepts, c'est que là où l'abondance doit être partagée pour réjouir, la richesse,au contraire, pour avoir de la valeur aux yeux de qui en jouissent, doit être accaparée par eux toujours plus que par les autres.
Un peuple peut chercher légitimement à vivre dans l'abondance, celle-ci reposant sur la préservation des richesses de son environnement, mais peut-il courir après la richesse sans, par la même occasion, accepter de dilapider son patrimoine naturel et humain? Je ne le crois pas.
Oui, le choix actuel du Parti Québécois est décevant. Et trompeur.
Surtout que pour quiconque y réfléchit, il ne peut certainement pas être le fruit d'une erreur faite en toute bonne intention. Croire en leur naïveté serait de faire injure à l'intelligence de ces "généraux".
Depuis trop longtemps maintenant, le PQ renie une à une toutes les prémisses de sa création. Qui peut se fermer les yeux au point de ne pas le constater ? Il le fait en donnant l'illusion que, puisque ses dirigeants sont parties prenantes de celui-ci depuis son commencement, leurs intentions et intérêts personnelles sont toujours du même ordre. Ce qui est de plus en plus difficile à démontrer pour eux.
Malgré le prestige qu'ils connaissent de leurs positions et les avantages qu'ils en tirent au quotidien, c'est le peuple seul qui finance ce parti pour lui donner à exister. Et l'humilité des débutants d'hier est dorénavant bien loin de lui.
La réalité, c'est que le PQ n'est pas la bouée de sauvetage qu'une part importante des Québécois désire ardemment qu'il soit. Parce que la bouée de sauvetage, celle qui se trouve déjà à l'eau et qui depuis plusieurs années sauve en pleine tempête, elle est à Ottawa.
Ce que je souhaite ? Que seul demeure le Bloc pour défendre les intérêts québécois ?
Ah non, surtout pas. Ottawa reste toujours trop loin de nous pour que j'estime que nous y mettions tous nos oeufs ! Tant j'estimerais d'ailleurs qu'il faille que nous n'utilisions qu'un seul panier... Non, puisque nos intérêts collectifs n'ont jamais autant eu besoin d'être défendus à l'intérieur du Québec depuis cinquante ans !
Non, ce que je souhaite, c'est que le réalisme des Québécois envers les promesses impossibles du Canada frappe dorénavant un nombre suffisant de nous pour que le PQ se saborde. Et que ses chefs soient mis à la retraite forcée, puisqu'ils ne se décident pas à passer l'autorité et l'initiative d'action aux jeunes...
Après tout, "On a mit quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter ?"
Dans les années soixante-dix, ceux qui aujourd'hui sont devenus des institutions à la tête du PQ voulaient, par l'action, convaincre de leurs jeunes mais véritables compétences. Je crois qu'ils y sont arrivés et que, simplement, ils sont allés au bout de leur possibilités d'agir directement.
Pas qu'ils n'ont plus de qualités, mais à l'exemple de d'autres qui ont laissé leur fortes marques, ces chefs doivent dorénavant, et en toute sagesse, limiter leurs actions à éclairer le chemin de l'indépendance que traceront leurs suivants.
Si "un vieux pommier ne porte pas pour autant de vielles pommes", comme le disait Félix, il n'est pas très prudent, je crois, de faire reposer l'avenir du verger sur les qualités de celui-ci à donner du fruit.
Parce qu'alors, telle pour l'idée d'accroître la richesse et non l'abondance, le rêve généreux de moisson de tout un peuple n'arrivera plus qu'à se rétrécir en celui unique et étroit d'une élite mieux nantie que lui.
Ce qui ne me semble pas des plus stimulant pour la démocratie, seule solution qui réponde aux besoins du peuple; au pays pour le peuple et par le peuple.
Assise républicaine partagée, je crois et souhaite, par tous les indépendantistes du Québec pour un pays qu'ils attendent et pour lequel depuis un demi-siècle, ils luttent de toute leur personne...
Vive le Québec libre.
Et à bon entendeur, salut.


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2 commentaires

  • Isabelle Poulin Répondre

    16 mars 2010

    revoici le lien de la conférence, si vous ne l'avez pas trouvé : Dr. Steven Greer presents "The Promise of New Energy" at the Exopolitics Summit 2009

  • Isabelle Poulin Répondre

    15 mars 2010

    Merci à Anonyme ! Voici l'abondance de l'énergie et le partage de la richesse, conférence du Dr. Steven Greer à http://pages.videotron.com/isabell Oui, l'abondance est possible !