Le philosophe Alain Finkielkraut est élu à l’Académie française

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{{Une victoire pour l'identité nationale}}

Paris – Le philosophe Alain Finkielkraut, une personnalité controversée, a été élu jeudi à l’Académie française dès le premier tour, malgré la polémique qui avait précédé le scrutin, une consécration qui réjouit cet intellectuel médiatique, amoureux de la langue et de la littérature.
Le nouvel académicien, âgé de 64 ans, a été élu au premier tour par 16 voix sur 28.
« Je suis heureux de cette élection. Ce n’est pas seulement moi, c’est mon nom, et d’une certaine manière ma lignée, qui rentre à l’Académie française », a déclaré à l’AFP ce fils d’un déporté survivant d’Auschwitz.
Face à l’auteur très médiatique de La défaite de la pensée, cinq candidats postulaient au fauteuil de l’écrivain Félicien Marceau disparu en 2012, dont Gérard de Cortanze, lauréat du prix littéraire Renaudot 2002 pour Assam.
De plus, M. Finkielkraut et l’éditorialiste du Devoir Antoine Robitaille ont publié ensemble en 1999 L’ingratitude, simultanément chez Québec Amérique et Gallimard.
La candidature de ce polémiste anticonformiste, qualifié de réactionnaire par ses détracteurs, familier des plateaux de télévision et animateur d’une émission sur la radio France Culture, avait divisé le petit monde feutré des « immortels » : personnalité « trop clivante », jugeaient en coulisse des académiciens opposés à son élection, certains allant jusqu’à évoquer l’entrée à l’Académie du Front national, le parti d’extrême droite.
« Profil idéal », « intellectuel incontournable », rétorquaient ses partisans, parmi lesquels des personnalités reconnues comme l’historien Pierre Nora, l’historien et essayiste Max Gallo ou Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’institution fondée en 1635 par Richelieu.
Alain Finkielkraut avait suscité de vives controverses fin 2013 avec son essai à succès sur l’identité nationale et l’immigration, L’identité malheureuse. L’un de ses contradicteurs avait été Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, devenu la semaine dernière premier ministre.
De tels remous n’ont guère ébranlé ce polémiste réputé « soupe au lait », « mû par la volonté aristocratique de déplaire », selon Pascal Bruckner, qui cosigna avec lui Le nouveau désordre amoureux, succès en 1977 de ces deux brillants philosophes âgés de 28 ans s’attaquant au mythe de la révolution sexuelle.
« Est-ce que je dois payer mon attachement à l’identité nationale ? Ce serait ironique parce qu’autrefois, j’aurais peut-être payé au contraire le nom que je porte », a réagi jeudi Alain Finkielkraut, né le 30 juin 1949 à Paris dans une famille juive d’origine polonaise, et dont la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a salué l’élection jeudi.
Les prises de position d’Alain Finkielkraut « suscitent des polémiques mais contribuent à la richesse des idées et des échanges liée à une société démocratique », a souligné la LICRA.
Le nouvel « immortel » — qualification traditionnellement donnée aux membres de l’Académie française — est un ancien élève de la prestigieuse École normale supérieure, agrégé de lettres et professeur de philosophie, notamment à l’École polytechnique jusqu’à l’an dernier.
Parmi ses œuvres principales figurent des ouvrages sur le déclin de la culture, la littérature, l’amour, la modernité, l’éducation ou la religion, dont La défaite de la pensée (1987), Internet, l’inquiétante extase (2001), La querelle de l’école (2007), Un cœur intelligent, prix de l’essai de l’Académie française 2010, ou encore Et si l’amour durait (2011).


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