Le chômage grimpe en mars aux États-Unis, mais le pire est à venir

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Vers une catastrophe titanesque pour les travailleurs


Washington | Les États-Unis voient le chômage monter à mesure que le nouveau coronavirus et les mesures de confinement s’étendent sur le territoire, et les niveaux records enregistrés en mars ne sont sans doute qu’un prélude à ce qui attend le pays à partir d’avril.  


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L’économie américaine a ainsi commencé à perdre plus d’emplois qu’elle n’en a créé en mars, ce qui n’était pas arrivé depuis près de dix ans.


Ce sont 701 000 emplois qui ont été détruits sur le mois, beaucoup plus que les 150 000 attendus par les analystes.


Ce sont dans les secteurs de l’hébergement et du loisir, et notamment les bars et services de restauration, que la grande majorité de ces destructions d’emplois sont intervenues, détaille le département du Travail dans un communiqué publié vendredi.


Barmaid à Las Vegas, Jessie Klenke, est sans emploi depuis que l’établissement qui l’employait a dû fermer ses portes, et compte sur ses allocations chômage et l’aide de ses parents pour payer les factures. « J’ai des amis qui nous parlent de bons d’alimentation alors je vais y penser », a-t-elle confié à l’AFPTV.


Leticia Bartelle Lorenzini a-t-elle perdu son emploi dans une galerie d’art de Los Angeles. En attendant de recevoir les aides du gouvernement, elle a « un peu peur », notamment pour le paiement de son loyer: « on va sans doute devoir déménager et s’installer chez des amis ».


« On ne sait pas si le système va exploser, s’ils vont pouvoir payer tous ces gens », ajoute-t-elle. 


Taux de chômage à 4,4 %


Conséquence de ces destructions d’emplois, le taux de chômage a grimpé au mois de mars à 4,4 %, sa plus forte hausse sur un mois depuis janvier 1975. Le pays comptait 7,1 millions de personnes sans emploi le mois dernier.


Il y a encore un mois, le président Donald Trump se vantait (à juste titre) de la situation florissante de l’emploi. Le taux de chômage était historiquement bas en février, tombé à 3,5 %, son plus faible niveau en 50 ans et il était assorti d’un taux de croissance de plus de 2 %.


La solidité de l’économie américaine était même l’un des principaux arguments de campagne du président pour sa réélection en novembre.


Mais depuis, la pandémie, qui a touché les États-Unis par la côte ouest, a gagné l’ensemble du pays. Les autorités ont progressivement imposé des mesures de confinement, État par État, à partir de la deuxième quinzaine de mars.


Néanmoins, les chiffres du mois de mars ne reflètent pas encore la situation réelle de l’emploi, avertit le département du Travail: « les périodes de référence (...) sont antérieures à la plupart des fermetures d’entreprises et d’écoles liées au coronavirus dans la seconde moitié du mois ».


Les près de 10 millions de nouveaux demandeurs d’allocations chômage enregistré sur les deux dernières semaines, du jamais vu, ne sont ainsi pas comptabilisés.


« Partie émergée de l’iceberg »


L’activité dans les services a toutefois encore réussi à garder la tête hors de l’eau le mois passé, enregistrant une petite croissance, selon les chiffres de l’association professionnelle ISM publiés vendredi.


Mais les économistes sont très pessimistes sur les semaines à venir.


« Les chiffres de mars ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les conditions du marché du travail (...) devraient se détériorer » , alerte Rubeela Farooqi, chef économiste de High Frequency Economics (HFE).


« Nous prévoyons en avril la plus forte baisse de l’emploi jamais enregistrée, avec 24 millions d’emplois perdus et un taux de chômage de 14 % », a commenté Gregory Daco, d’Oxford Economics, dans une note.


Lueur d’espoir néanmoins, les entreprises de moins de 500 employés ou moins peuvent désormais emprunter de l’argent et voir leur dette effacée s’ils ne licencient pas, l’une des mesures phares du gigantesque plan d’aide de 2200 milliards adopté la semaine dernière par le Congrès.


Joe Biden, favori démocrate pour affronter Donald Trump en novembre, a appelé vendredi dans un communiqué à faire « beaucoup plus », demandant une « action rapide et franche ».


Le virus avait fait vendredi à la mi-journée 6586 morts aux États-Unis, et contaminé 258 214 personnes, selon le comptage de l’Université américaine Johns Hopkins, qui fait référence.