Affaire Mike Ward / Jérémy Gabriel

L’humour noir selon Mike Ward

L'envers de la médaille

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Tribune libre

Rappelons d’abord les faits. Entre 2010 et 2013, dans son spectacle Mike Ward s’eXpose, l’humoriste a fait des blagues sur la maladie de Jérémy Gabriel en disant qu’il était « laid » et qu’il était supposément mourant, mais qu’il n’était pas « tuable ». Le spectacle a été présenté 230 fois. Mike Ward a aussi réalisé des capsules vidéo dans lesquelles il qualifiait Jérémy de « pas beau qui chante ». En 2012, dans le cadre de l’émission Les Francs-tireurs, M. Ward explique, en parlant des blagues sur Jérémy, que le fait de dépasser les limites le fait rire. C’en est trop pour la famille de Jérémy qui dépose une plainte au Tribunal des droits de la personne qui condamne l’humoriste à 35 000 $ en dommages punitifs pour avoir tenu des propos discriminatoires sur le handicap de Jérémy Gabriel.


Deux ans et demi après ce jugement, l'humoriste Mike Ward porte aujourd’hui sa cause devant la Cour d’appel en présence de Jérémy Gabriel. Le tribunal doit déterminer si l'humoriste doit effectivement lui verser des dommages punitifs. Par la voix de son avocat, Julius Grey, Mike Ward plaide que ses blagues n'étaient pas  « discriminatoires » et qu'une société où prévaut la liberté d'expression doit permettre de tenir ce genre de propos, tout en clamant qu'il continuerait de « faire de l'humour noir », qu'il considère comme son métier. 


À mes yeux, Mike Ward a outrepassé les limites de la liberté d’expression par ses propos diffamatoires sur l’aspect physique de Jérémy Gabriel. Conséquemment, le jugement du Tribunal des droits de la personne est nettement justifié et doit être maintenu.


Selon Wikipédia, « l’humour noir est une forme d’humour qui souligne avec cruauté, amertume et parfois désespoir l’absurdité du monde, face à laquelle il constitue quelquefois une forme de défense ». Or, en s’attaquant vertement à la personne de Jérémy, M. Ward s’éloigne considérablement de « l’absurdité du monde » et franchit sans vergogne les limites de la diffamation.


L'envers de la médaille...


https://www.msn.com/fr-ca/divertissement/celebrite/mike-ward-s’insurge-contre-le-fait-de-se-faire-traiter-de-«-mauvaise-personne-»/ar-BBSnELx?ocid=spartandhp




Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Henri Marineau Répondre

    23 janvier 2019

    En relation avec les messages haineux et les menaces de mort reçus par Jérémy Gabriel sur Twitter, c’est un Mike Ward empathique qui prend sa défense sur son compte Twitter. En voici un extrait : « Cette fois-ci c’est Jérémie qui reçoit la haine, et pour ça j’ai beaucoup d’empathie pour lui. J’espère que les gens qui lui envoient des messages haineux ne pensent pas m’aider. La haine n’aide personne. »


    Je ne peux que souscrire entièrement à l’attitude indulgente de Mike Ward qui contribuera surement à redorer son blason écorché depuis les attaques pernicieuses qu’il avait lancées vers Jérémy lors d’un de ses spectacles.


    De son côté, nul doute que Jérémy appréciera les mots empreints de compassion de Mike Ward d’autant plus que l’humoriste a tenu, dans son message à préciser que « son procès n’est pas contre lui comme on peut lire dans les médias. Ce n’est pas le procès Mike Ward vs Jérémy Gabriel. C’est Mike Ward vs la Commission des droits de la personne. Je ne me bats pas contre un jeune handicapé et sa famille, je me bats contre un organisme gouvernemental qui essaie de censurer mon art. »