Non loin d'ici

Il était une fois...

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Tribune libre

Il était une fois un étang, comme dans une chanson de Félix. Avec des rayons de soleil, des oiseaux chantants, et une source d’eau ruisselante, un vrai petit paradis. L’étang, était bien sûr, derrière la grange. Sur la terre ancestrale. Souvent, le matin, on apercevait de la brume s’échapper de ce corps d’eau. L’hiver, c’était complètement gelé sauf pour un petit peu d’eau venant d’un long ruisseau en amont. L’été, des enfants venait visiter les animaux de l’étang. Mais là je vous parle de la période de la tombée des feuilles, juste avant le grand gel. 


L’étang était assez grand pour contenir plusieurs colonies de grenouilles, tous avec un chef pour chaque groupe. Les grenouilles vivaient une existence relativement paisible, sauf pour un groupe de castors au bout de l’étang qui aimaient gérer la vie et le rythme des grenouilles. Les castors avaient infiltré la colonie de grenouilles en y envoyant un vire-capot, du nom de Just In the Water Hole. Grenouille Water Hole aimait contredire tout ce que les autres grenouilles voulaient faire, toujours à contre-courant. 


Il rapportait tout aux castors, des agissements des grenouilles.


Un jour par une superbe journée d’automne, il était temps d’élire un nouveau chef parmi les différentes colonies de grenouilles dans l’étang. 


Le chef flegmatique sortant se nommait François l’Eggo dite la Grande Gaufre. Il était prêt à promettre n’importe quoi pour se faire aimer, pour se faire élire. Dans le passé récent il était même prêt à se débarrasser des castors encombrant au bout de l’étang, mais un jour le courage lui manqua, et se résigna à ne plus être trop exigeant envers les bêtes brunes. 


D’ailleurs les castors et les nouvelles colonies de grenouilles envahissantes étaient tous représentés par une cheffe nommée, Dominique Anglaise. Elle ne voyageait pas trop parmi les autres colonies de l’étang, préfèrent se tenir près des castors et leurs manières et leur langue. Car ils avaient une façon différente de s’exprimer que les grenouilles. Les castors n’avaient jamais appris la langue des grenouilles, beaucoup trop compliqué pour un simple castor. D’ailleurs Grenouille Anglaise n’aimait pas beaucoup les autres groupes dans l’étang. Elle aimait bien mieux souper avec son groupe et les castors.


Il y avait un groupe de grenouilles qui eux n’aimait pas prendre des risques et surtout des initiatives personnelles, c’était toujours en « gang » ou rien. Leur chef se nommait Gabriel Panneau-de-Bois. Rigide tout comme. C’était le groupe de p’tits boss…il fallait toujours agir en collectivité. L’initiative, l’effort et le dépassement de soi, pas pour eux. Quand ils ne savaient pas la réponse à une façon de chasser ou de nager et bien ils appelaient une « constituante » dans le groupe et puis là, ils en parlaient, en parlaient, en parlaient et s’endormaient sans rien régler. Quand ils voulaient manger plus et bien ils venaient chercher les mouches dans le stock des autres groupes de l’étang! C’était pour le bien de tous, disaient-ils. Grenouille Panneau-de-Bois était très rigide là-dessus.


Un autre groupe, autrefois très puissant dans cette mare d’eau, à vue une renaissance en quelque sorte. Ils ont toujours embrassé l’idée de l’ancien membre, Grenouille l’Eggo, de se débarrasser de l’influence des castors embêtants. Ce nouveau chef est très jeune et beaucoup à apprendre, et j’ai nommé; Paul Cinq Plats de Pierre d’Amidon. Il a beaucoup voyagé ayant vu d’autres étangs beaucoup plus grands et d’autres plus petits et finalement d’autres très similaires à l’étang derrière la grange. C’est une gentille petite grenouille, très polie, peut-être trop même, mais bref le monsieur fait son chemin en parlant du jour où l’on ne verra plus les castors venir nous dire comment croasser. Monsieur Cinq Plats de Pierre d’Amidon aimerait, un jour, que nous puissions limiter un peu la venue de trop de groupes de grenouilles dans l’étang de la terre ancestrale.


Et finalement, il y a un nouveau venu, très peu connu, de là son problème de reconnaissance parmi les grenouilles; et je nomme Éric Dilemme. Les amphibiens ne comprennent pas trop, où il veut en venir. Il brasse du mécontentement à propos de vielles histoires d’une grande maladie qui eut lieu ici, il y a deux étés. Les grenouilles sont un peu perplexes mais ont quand même compris qu’il veut « manger la grenouille » c’est-à-dire dilapider les biens de la collectivité. Il veut brader nos réserves d’insectes pour les donner qu’a quelques grenouilles pour qu’eux, par la suite, contrôle les réserves de nourriture. Un vrai dilemme.


 


Alors il y a eu une campagne de connaissance des différentes grenouilles qui voulaient être le chef de tous les grenouilles. Il a même eu des rencontres le soir où la chasse était moins bonne pour que toutes les grenouilles puissent connaître les choix offerts. Il y avait Monsieur L’Eggo qui promettait une sorte de tunnel pour rejoindre un autre étang derrière la grange du voisin, Madame Anglaise qui ne savait toujours pas dire les bons mots pour cacher son rêve de faire entrer des tonnes et des tonnes de nouvelles grenouilles dans l’étang, Monsieur Panneau de Bois avançait l’idée de prendre nos insectes déjà misent en réserve et les redistribuer parmi toutes les grenouilles; Monsieur Cinq Plats de Pierre d’Amidon lui voulait qu’on s’occupe de notre étang et qu’on fasse notre vie sans interférence des castors et son chef de vire-capot Just In the Water Hole; et Monsieur Dilemme qui voulait enlever les réserves communes et les redonner qu’a quelques grenouilles. Tous ont croassés pour bien se faire comprendre. 


Et le jour est venu pour faire son choix.


Malheureusement pas toutes les grenouilles ont participé.


Le choix est tombé, c’est grenouille l’Eggo qui veillera sur la colonie de grenouilles fragiles pour les quatre prochains hivers.


Toutes les grenouilles sont retournées à leur préoccupation, surtout pour se préparer pour la saison rude qui se pointe du nez.


Et comme dans des belles histoires de la sorte, beaucoup se rencontraient et eut beaucoup d’enfants.


Peut-être pas, mais ça fini bien l’histoire.


 


Fin


 



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