Enquête formelle demandée

Amir Khadir réclame une enquête formelle du Commissaire au lobbyisme sur les activités de Power Corporation. Le député de Québec solidaire demande que les investigations incluent les liens entre l’entreprise et le premier ministre Jean Charest.

L'affaire Desmarais



√ La Caisse de Dépôt et Placement, dont Michael Sabia est le président, détient près de 200 millions de dollars du capital de Power Corporation et se trouve être un investisseur du fonds d’éthique Sagard.


Geneviève Lajoie - Amir Khadir réclame une enquête formelle du Commissaire au lobbyisme sur les activités de Power Corporation. Le député de Québec solidaire demande que les investigations incluent les liens entre l’entreprise et le premier ministre Jean Charest.
Outré par les révélations qui s’accumulent sur les séjours de personnes influentes au domaine de la famille Desmarais à Sagard et le silence de celles-ci, M. Khadir a décidé de s’en mêler. Il a fait parvenir hier une missive au commissaire François Casgrain.
Vendredi dernier, le Commissaire au lobbyisme a entrepris des « vérifications » sur le séjour du président-directeur général de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, et de sa petite famille à Sagard, dans Charlevoix.
Jean Charest et la vice-première ministre, Line Beauchamp, ont tous deux admis s’être rendus au domaine des Desmarais. Le premier ministre refuse toutefois d’en dire davantage. Encore hier, il s’est défilé lorsqu’il a été questionné sur le nombre, la durée et l’objet de ses escales à Sagard.
« Considérant ces faits qui s’accumulent et le refus des personnes impliquées de révéler les détails, de simples vérifications ne suffisent plus. Une enquête en bonne et due forme de votre part s’impose. Il y a lieu de déterminer si des communications d’influence ont eu lieu lors de ces rencontres entre des représentants de Power Corporation et le premier ministre, la vice-première ministre et le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec », peut-on lire dans la lettre envoyée par M. Khadir et dont Le Journal a obtenu copie.
Registre
Depuis 2004, aucun représentant de Power Corporation ou de ses filiales n’est inscrit au registre des lobbyistes, a précisé au Journal la porte-parole du commissaire, Louise-André Moisan.
« Un gouvernement démocratique ne peut assurer le respect des principes démocratiques qu’en établissant une barrière étanche entre le bien commun, les décisions au nom du public et les intérêts privés. Dans le cas présent, cette barrière semble brouillée, sinon franchie », insiste Amir Khadir.
Ce dernier envisage d’ailleurs de pousser encore plus loin ses démarches. Le député solidaire envisage de s’adresser au Commissaire à l’éthique. « Outre les questions de lobbyisme, des questions éthiques se posent également », a dit au Journal son attaché de presse, Christian Dubois.


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