En Corse, une marge de manœuvre serrée pour les nationalistes

En Corse, une marge de manœuvre serrée pour les nationalistes

55480678c9d82c465ceb7e196ea3d7e0

Les Corses aussi pensent à l'indépendance

La Corse, c’est une population de 320 mille habitants qui jouissent à l’année de paysages de toute beauté. Le destin de l’île se jouera lors des élections régionales de début décembre. Sputnik a interrogé l’économiste Philippe Crevel sur les scénarios économiques envisageables.


Situation insulaire de la Corse oblige, la plupart des biens manufacturés y sont importés. Selon Philippe Crevel, fondateur de la société d'études et de stratégies économiques Lorello Ecodata, la Corse vit essentiellement du tourisme et son activité agricole ne lui garantit pas l'autosuffisance.


« La Corse connaît une croissance économique forte, supérieure à celle du reste de la France, explique Philippe Crevel, aussi bien parce que l'activité touristique se porte bien, avec moins d'attentats et de problèmes politiques, que parce que les actions mises en place par les gouvernements successifs avec leurs plans d'investissements et d'équipement portent leurs fruits.»




«Doter la Corse d’institutions nouvelles, modernes et performantes»


Un autre aspect qui explique le maintien de l'économie corse à un niveau acceptable est le développement du secteur du bâtiment, dont il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une arme à double tranchant. La construction de résidences secondaires pour les « continentaux » se porte bien mais détruit inévitablement la nature, ce qui est dénoncé constamment par les partis nationalistes.



« En cas de victoire en décembre prochain (qui ne serait qu'une confirmation de leurs victoires précédentes aux régionales et législatives), les nationalistes vont certainement réclamer à Paris de nouveaux pouvoirs, » assure Philippe Crevel.


Pour avoir plus d'autonomie, le parti nationaliste exige que les recettes des impôts restent en Corse. Et, d'après l'expert, c'est une revendication qui sera avancée lors de négociations qui seront engagées, en cas de victoire, pour obtenir le changement du statut administratif de l'île.


« Pour certains d'entre eux, ce sera un pas vers la demande du référendum d'indépendance en 2028, » suppose l'économiste, tout en mettant entre parenthèses la nécessité de la validation des résultats par les pouvoirs nationaux.



Corse: "La France se grandira en nous reconnaissant le droit d'être nous-mêmes"


D'après l'expert, cette validation des résultats des élections par Paris est une des clés de l'affaire parce que, même en cas de la victoire, les nationalistes seront obligés d'accepter une période de transition en raison de la forte dépendance économique de la Corse du centre. « On veut l'indépendance tout en réclamant des aides — des subventions et des exonérations fiscales, etc., précise Philippe Crevel, Leur marge de manœuvre n'est pas grande. Il va falloir lutter contre un fort taux chômage et de pauvreté, tout en essayant de diversifier l'économie.»



Ainsi, l'expert est persuadé que pour les gagnants d'élections régionales de décembre 2017, l'objectif sera de préserver le dynamisme du développement économique de l'île, tout en essayant d'en diversifier les sources pour favoriser l'émergence d'une économie multisectorielle.