Congédiement de Jacques Duchesneau

Coupable de transparence

Tribune libre


Le chef de l’Unité anticollusion (UAC), Jacques Duchesneau, vient d’être congédié par le directeur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, son supérieur immédiat, qui allègue que M. Duchesneau a mis en doute ses qualifications personnelles et la structure de l’UPAC et ce, après que l’ex-directeur de la police de la Ville de Montréal ait déposé un rapport accablant sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats entre le ministère des Transports, l’industrie de la construction, certaines firmes de génie-conseil et le milieu interlope.
Pourtant, même si Jacques Duchesneau a déjà affirmé sur plusieurs tribunes qu’à quelques reprises il avait vécu des tentatives de le déloger de l’UAC et, qu’à chaque fois, il avait reçu l’appui du premier ministre, ce dernier a déclaré, suite au congédiement de Duchesneau, qu’il ne commentera pas cette décision de l’UPAC qu’il qualifie d’indépendante et que le gouvernement n’interviendra pas dans sa gestion interne.
On se souviendra qu’entre temps, Jean Charest, devant les pressions qui venaient de toutes parts suite aux révélations troublantes du rapport Duchesneau, a mis sur pied une commission d’enquête qui, faut-il le rappeler, est toujours à l’abri de la Loi sur les commissions d’enquête. En réalité, notre conducteur a toujours les deux mains sur le volant et consentira à le laisser temporairement à France Charbonneau pour autant qu’il demeure le chauffeur désigné!
Revenons maintenant au cas Duchesneau…et posons-nous ces quelques questions : « D’où vient la décision de Robert Lafrenière? De son bureau ou de celui de Jean Charest? Assistons-nous vraiment à un verdict de culpabilité pour manque de loyauté de la part de Jacques Duchesneau envers son supérieur, tel qu’allégué par le directeur de l’UPAC? M. Duchesneau est-il la énième victime qui aura passé dans le tordeur des magouilles de Charest? Au moment où l’UPAC dit avoir de sérieux problèmes de recrutement, comment se fait-il qu’elle peut se permettre de congédier quelqu’un de la trempe de Jacques Duchesneau, sous prétexte qu’il ait émis certaines réserves sur les qualifications de l’UPAC dans un dossier aussi complexe?
À mon sens, Charest tient Lafrenière dans sa petite poche, ce qu’il ne pouvait pas faire avec Jacques Duchesneau. En conséquence, le coupable a été condamné officiellement pour manque de loyauté envers son supérieur alors que la version officieuse camoufle sa condamnation derrière des motifs de transparence, soit dans un champ de compétence inconnu du premier ministre!
Henri Marineau
Québec

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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