L’ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et candidate à la succession de François Legault à titre de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de première ministre du Québec, Christine Fréchette, a choisi délibérément, selon ses propres dires, la voix de la raison plutôt que celle de l’émotivité. Une flèche à l’endroit de son adversaire, Bernard Drainville, pour qui les réflexions sur la pertinence du troisième lien entre Québec et Lévis ont duré assez longtemps, qu’il est temps de prendre position et d’aller de l’avant dans le dossier du troisième lien entre Québec et Lévis.
Un investissement de « 11 mille millions$ » [une image qui vaut mille mots] mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir sérieusement avant de se lancer à corps perdu dans l’ampleur d’un tel projet, argue-t-elle. Une approche difficilement contestable dans un contexte où les besoins sur l’accessibilité à un logement abordable, le prix croissant du panier d’épicerie et l’augmentation inquiétante du nombre d’itinérants au Québec sont criants.
Or la CAQ, reconnue comme un parti axé sur la solidarité ministérielle autour du fondateur du parti, François Legault, se fissure de plus en plus, le caucus exprimant à voix haute sa position sur le projet et ce, malgré la déclaration récente de François Legault sur l’unanimité des députés de la CAQ en faveur du troisième lien, y compris les deux candidats à la direction du parti.
En revanche, Christine Fréchette a entrouvert la porte récemment en déclarant qu’il existe un réel problème de congestion routière dans la grande région de Québec, notamment sur l’axe nord-sud reliant Québec à Lévis et vice versa sans toutefois spécifier la teneur de la solution ni du tracé qu’il devrait emprunter.
Par ailleurs du côté de la population de la grande région de Québec, le dernier sondage SOM-Le Soleil indique qu’à peine plus d’un électeur sur quatre croit encore que le troisième lien se réalisera et qu’un maigre 7% se montre très confiant. Or plus des deux tiers des 1054 répondants sondés ne sont que «peu» voire «pas du tout» confiants.
Enfin quelle que soit la position finale retenue par Mme Fréchette, tout indique que le troisième lien risque de jouer un rôle déterminant dans la course à la direction de la CAQ, et qu’il fera l’objet de la question de l’urne lors de la nomination du prochaine chef de la CAQ le 12 avril. Je gagerais un vieux 2$ sur la voix de la raison.
Henri Marineau, Québec












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