Lisette Lapointe sort de l'ombre

Appel aux démissionnaires

Vivement la reprise du dialogue entre vous!

Tribune libre


Dans une entrevue accordée à la Presse canadienne, la députée indépendante de Crémazie, Lisette Lapointe sort de l’ombre pour la première fois depuis sa démission du Parti québécois en juin dernier. Aux dires de Mme Lapointe , un « mouvement de fond » en faveur de la souveraineté se dessine au Québec. Dans sa déclaration, la députée évoque l’idée d’une assemblée constituante qui serait chargée de définir « par le menu, les contours du nouveau pays » et insiste sur le consensus qui se dégage sur l’importance d’unir les organisations indépendantistes et de confier aux citoyens la tâche de définir le pays. « Il faut que ça vienne de la population, de la base, et il faut qu’on sache ce que sera le pays », conclut-elle.
Au contraire de Jean-Martin Aussant, Mme Lapointe ne mentionne pas la création d’un nouveau parti comme piste de solution au rassemblement des forces indépendantistes, mais plutôt un « mouvement » qui ferait contrepoids à la Coalition pour l’avenir du Québec de François Legault en ramenant le débat national tout de suite.
Sur un autre terrain, le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, jongle avec l’idée de créer un nouveau parti indépendantiste. Quant à Pierre Curzi, il est en processus de consultation auprès de ses électeurs sur leurs perceptions et commentaires quant à l’avenir de l’indépendance au Québec. Enfin, Louise Beaudoin se montre pour l’instant silencieuse quant à l’avenir de sa carrière politique.
Voilà le topo! Quatre têtes d’affiche, dont trois actives dans le processus de réflexion sur l’avenir du Québec, travaillent isolément, bâillonnant par le fait même toute forme de mise en commun de leurs réflexions qui aurait pourtant comme grand avantage de faire progresser la cause souverainiste!
C’est pourquoi, à mon sens, il est capital et urgent que les quatre mousquetaires se rencontrent pour mettre sur la table le fruit de leur démarche, pour tenter de s’entendre sur les étapes à venir et permettre au débat de s’aligner vers la meilleure stratégie à mettre de l’avant pour l’accession à l’indépendance du Québec.
***
Imaginons le scénario suivant… à la suite de la démission de Pauline Marois, Pierre Curzi réintègre les rangs et est nommé chef du Parti québécois. Parallèlement, Jean-Martin Aussant fonde son nouveau parti indépendantiste et en occupe la direction. Si je vous soumets cette hypothèse, c’est d’abord parce qu’elle est plausible, mais surtout parce qu’elle pose tout le problème du débat en cours entre la mise sur pied d’une coalition nationale des forces indépendantistes et la création d’un nouveau parti indépendantiste.
En effet, dans le scénario proposé, les deux têtes d’affiche actuelles susceptibles de mieux représenter le mouvement indépendantiste au Québec, à mon sens, soit Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, se retrouveraient à la direction de deux partis différents. Dans une telle éventualité, il est évident, qu’advenant la tenue d’élections générales au Québec, le vote indépendantiste serait divisé entre deux partis et par conséquent, dilué quant à la représentation des comtés à l’Assemblée nationale.
Et même si le scénario imaginé ne se réalisait pas avec les deux personnages politiques mentionnés, il faut quand même envisager qu’il demeure possible avec deux autres politiciens qui obtiennent déjà une certaine popularité. À cet effet, je vous rappelle deux questions que je posais à Jean-Martin Aussant dans mon article paru sur cette tribune le 4 août sous le titre « Questions à Jean-Martin Aussant » :
« Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause? »
« Pourquoi privilégier la création d’un nouveau parti au lieu de procéder à la mise sur pied d’une coalition nationale? »
En ce qui a trait aux députés qui sont sortis des rangs péquistes, y compris Pierre Curzi, je posais la question suivante à M. Aussant :
« Où en sont vos discussions avec les députés démissionnaires? Jugez-vous opportun de leur lancer une invitation à se joindre à vous dans votre processus de réflexion? »

En ce qui me concerne, il m’apparaît essentiel qu’un dialogue sérieux s’amorce entre messieurs Aussant et Curzi s’ils désirent éviter les écueils d’une véritable et néfaste division du vote indépendantiste. À travailler isolément, ils empêchent la mise en commun de leurs réflexions qui ferait progresser la cause de l’indépendance!
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1786 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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2 commentaires

  • Jacques Bergeron Répondre

    11 août 2011

    Lorsque Mme Lapointe et les autres démissionnaires du Parti Québécois, ayant été élu-e-s sous le parapluie de ce parti, démissionneront comme députés pour éventuellement offrir leurs nobles services lors d'élections complémentaires aux électrices et aux électeurs qui les ont élu-e-s,il nous sera possible de les prendre au sérieux. D'ici là rien n'interdit aux Québécois-es de définir le pays dans lequel ils et elles veulent vivre.Lorsque ces gens auront défini le pays il sera important de soumettre leurs propositions à des «États généraux»,dont les membres pourront éventuellement recommander au gouvernement de les inclure dans un projet de constitution, ce que votre humble serviteur propose depuis plus de 15 ans. Jacques Bergeron, Ahuntic, circonscription de Crémazie, ayant comme députée Mme Lapointe,élue sous le parapluie du Parti Québécois,dois-je l'ajouter.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 août 2011

    Il peut y avoir division du vote partisan, mais s'il y avait une coalition sur 2 thèmes simples (ex: déclaration d'indépendance et constituante) on pourrait additionner les votes de tous les candidats membres de la coalition.
    Pierre Cloutier