Réflexion personnelle

À la défense de notre langue

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Tribune libre

J’ai pris ma retraite à titre de professeur de français au secondaire en 2003 après une carrière de 32 ans dans le monde merveilleux de l’enseignement. Aujourd’hui, avec le recul, force est de constater que la qualité de notre langue se détériore et que ses défenseurs se font de plus en plus rarissimes.




Facteurs contraignants

Tout au cours de mon parcours professionnel, j’ai dû être confronté à des jeunes pour qui la communication, orale et écrite, revêtait une importance secondaire, l’essentiel pour eux étant de se faire comprendre peu importe la clarté du message. La langue constituait à leurs yeux un simple outil de communication. Par ailleurs, aujourd’hui, dans un monde où les médias sociaux ont envahi l’univers de la communication, notre langue s’est métamorphosée en une litanie d’abréviations incompréhensibles pour le profane que je suis.

À ce contexte de turbulence, s’ajoute le phénomène de l’anglicisation de nos jeunes qui désertent le cégep francophone pour les institutions anglophones, une tendance qui ne cessera de s’accroître que le jour où le gouvernement exigera que nos jeunes fréquentent obligatoirement le cégep francophone.

Si vous ajoutez à tous ces facteurs qui annihilent considérablement les efforts fournis par les défenseurs de notre langue l’arrivée d’immigrants qui se dirigent presque invariablement vers la langue anglaise, vous comprendrez que le défi inhérent à la défense de notre langue tient de l’héroïsme.




Quel avenir pour notre langue?

Face à tous ces constats, est-il possible, voire réaliste, que le français au Québec retrouve un jour ses lettres de noblesse? Est-il envisageable que notre jeunesse, avec la complicité de leurs enseignants, développe un sentiment de fierté envers leur langue maternelle? À cet effet, pourquoi ne pas instaurer au secondaire un cours d’histoire de la langue française qui mettrait en lumière les combats historiques auxquels a été confronté notre langue depuis les débuts de son épopée en terre de la Nouvelle-France?

C’est Saint-Exupéry qui disait : « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. » Un message fort évocateur qui nous éclaire sur la nécessité d’éveiller chez nos jeunes le désir de protéger et de se faire les défenseurs de leur langue.

Notre jeunesse doit constituer le rempart contre la détérioration progressive de notre langue. Toutefois, pour cela, elle a besoin d’un déclencheur pour la mettre en marche vers cet idéal… Et ce déclencheur activera son démarrage lorsque les intervenants du milieu de l’éducation, dans un élan de concertation, leur communiqueront la fierté de parler « la langue de chez-nous »!


Henri Marineau, Québec

 


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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