À l'opposé des véritables «séparatistes», les souverainistes québécois ont une démarche très pacifique et très démocratique.

Tribune libre



M. Turcotte,

J’apprécie toujours lire vos opinions. Aujourd’hui, vous écrivez que :

[…] Le Bloc québécois, parti séparatiste [sic] oeuvrant sur la scène fédérale (dans un Parlement fédéraliste), […] est un parti contradictoire. Il siège dans un Parlement qu'il rejette à cause de son option séparatiste (sic) […]
Nestor Turcottte (sic) Matane

1) N’est-ce pas vous qui accusez à l'occasion les souverainistes d’être plutôt des « confédéralistes » ? Ce qui serait aussi une contradiction, non ?

2) Serait-ce trop vous demander que de lire ce qui suit et de tenir compte du point de vue d’une fille d’immigrant ? En passant : ni Mme McQuade, ni Sugar Sammy n'ont daigné me répondre...

Merci, Luisa Rodríguez
***
Date: 16 juillet 2010 22 h 19
Mme McQuade,

Hier soir, à Juste pour rire en direct, votre invité Sugar Sammy a prétendu qu’il n’était pas violent, et qu’il n’y avait pas de « séparatistes » en Inde. Comme ces propos ne semblaient pas des blagues, je tiens :

D’abord à vous informer que traiter les souverainistes québécois de « séparatistes » c’est de la violence verbale par association, car, partout sur Terre, le mot « séparatistes » sert à nommer des terroristes sanguinaires.

Chez bien des communautés ethniques d'ici (dont la mienne) le mot « séparatistes » évoque peur et sang. Traiter les souverainistes québécois de « séparatistes », c’est semer la haine contre eux.

Mon père est Espagnol, donc venant d'un pays pourtant civilisé où ce ne sont pas des souverainistes mais plutôt des « séparatistes » basques qui ont tué 828 personnes en 4 décennies.

« […] L'ETA, considérée comme organisation terroriste par l'UE et tenue pour responsable de la mort de 828 personnes en plus de 40 ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque, […] »
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/04/04/01016-20100404ARTFIG00040-fusillade-de-dammarie-l-eta-accuse-la-police-.php

Ensuite, lui-même d’origine indienne, Sugar Sammy ne peut pas ignorer que, en Inde, les « séparatistes » Sikhs ont tué beaucoup de monde, dont Indira Ghandi en 1984.

Je vous rappelle aussi que ce ne sont pas des souverainistes mais plutôt des « séparatistes » Sikhs canadiens de Vancouver qui ont tué 331 personnes, en 1985, en faisant exploser deux bombes. Parmi ces tués, la plupart étaient citoyens canadiens, et 80 étaient des enfants.

C’est le « pire attentat terroriste de l'histoire du Canada qui a fait au total 331 morts. »
http://qc.news.yahoo.com/s/capress/100620/nationales/air_india_anniversaire
« dont 80 enfants » http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_182_Air_India

Traiter les souverainistes québécois de « séparatistes », c’est de la violence verbale, car, à l'opposé des véritables « séparatistes », les souverainistes québécois ont une démarche très pacifique et très démocratique.

Le mot « séparatistes » est souillé de sang : ce ne sont pas des souverainistes mais plutôt des « séparatistes » çà et là sur Terre qui ont tué des milliers de gens. On est à des galaxies des 3 morts dus aux felquistes, il y a 4 décennies. Les seuls Québécois qui « (dé)méritent » la sale appellation de « séparatistes » sont les felquistes.

Sugar Sammy voyage beaucoup. Ça me semble improbable, voire impardonnable qu’il soit si ignorant de la démarche meurtrière et sanguinaire des vrais « séparatistes » en Espagne, en Inde, et ailleurs sur Terre…

Luisa Rodríguez, Mtl


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9 commentaires

  • Pierre Desaulniers Répondre

    13 septembre 2010

    D’abord, j’ai vu Sugar Sammy hier, moi itou. C’était une reprise. Son court numéro a démontré que les souverainistes sont ouverts aux moqueries. Pas sûr toutefois que Sugar Sammy oserait avoir un humour similaire envers les fédéralistes (en les accusant p. ex. d'être de potentiels esclavagistes, etc.)
    Ensuite, Parizeau n’a JAMAIS dit « LE vote ethnique » ni « LES votes ethniques ». Il a plutôt dit :
    « ...c'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi ? Par l'argent pis DES votes ethniques, essentiellement... »
    (On peut retrouver le texte de son discours improvisé sur internet. La SRC repasse aussi cet extrait régulièrement.)
    Parizeau est constamment cité à tort et à travers. Le pire, ce sont ces journalistes ou chroniqueurs qui --utilisant des guillemets par-dessus le marché...!-- le citent quand même de travers...!
    Pourtant, tout le monde est capable de comprendre que « LES votes ethniques » aurait voulu dire « TOUS les votes ethniques »,
    ...alors que « DES votes ethniques » voulait en fait dire « CERTAINS votes ethniques », soient notamment ces quelque 40,000 immigrants naturalisés en vitesse par Ottawa qui leur a demandé de voter Non en 1995.
    Si ma mémoire est fidèle, c’est ce que Parizeau a expliqué par la suite. Mais des commentateurs et journalistes (malhonnêtes ou crassement ignorants) continuent ‘ad nauseam’ à mal citer Parizeau, ...à le citer à tort et à travers…!
    Curieusement, on accuse encore Parizeau d'être anti-ethnique, lui qui a pourtant été marié à une juive polonaise (Alice Parizeau, née Alicja Poznańska) avec qui il a donc eu des enfants québécois « métissés »...!

  • Frédéric Picard Répondre

    13 septembre 2010

    J'ai vu un monologue de Sugar Sammy hier au soir et après 2 minutes, j'ai changé de poste, indigné.
    Ok, il n'a pas aimé "les votes ethniques" de Parizeau. Personne ne l'a aimé, probablement même son auteur, un peu pompette ce soir là.
    Mais que cet humoriste supposément québécois, vienne mépriser le degré d'instruction des Québécois est de l'insulte.
    Je peux rire. Je suis très ouvert. Mais je ne peux pas accepter qu'on revienne aux bons vieux jours des mangeurs de hot-dogs de Trudeau.
    Contrairement à Rachid Badouri, Boukar Diouf, ou Linda Thalie, Sugar Sammy se met lui même dans la catégorie "EUX" et tire à boulets rouges sur le "NOUS".
    Ça m'horripile et je souhaite un franc succès sur la 401 à cet énergumène.

  • Pierre Desaulniers Répondre

    12 septembre 2010

    M. Turcotte,
    Mme Rodrigues ne critique pas votre texte sur le fond mais elle veut vous ouvrir les yeux sur ces mots "maculés de sang" (comme elle dit à juste titre !).
    Ces mots "sales" qui effraient bien des Québécois issus de l'immigration et qui sont trop souvent terrorisés par des fédéralistes, lesquels leur font accroire que les "ethniques" seront "déportés" en cas d'un vote majoritaire pour le Oui...
    Seriez-vous, M. Turcotte, un de ces "repliés sur eux-mêmes" qui ignorent ce qui se passent hors de nos frontières, comme les actions terroristes et sanguinaires des "sépatistes" dans de nombreux pays ?

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    On a fait déjà deux référendums sur la nouvelle confédération. Les Québécois ont dit: NON !
    TRrdeau avait raison en 1980 en disant aux Québécois de voter d'abord leur indépendance, ensuite, avec ce statut, ceux-ci pourraient négocier des ententes économiques ou peut-être politiques.
    Toute autre démarche est une perte de temps. Ça fait 40 ans que l'on zigonne...
    Pas nécessasire de me répondre M.Bousquet. Je connais votre réponse. Et je suis bien fatigué de l'entendre.
    NT

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    À M. NT qui désire le mode d'emploi de la confédération sans nous séparer du ROC préalablement.
    Faudrait commencer par élire un gouvernement souverainiste et tenir un référendum sur le désir des Québécois de passer de la fausse confédération à une véritable confédération. S’il y a une solide majorité de OUI à cette consultation, ça donnerait un mandat à notre gouvernement de négocier la chose avec le ROC qui devrait alors choisir ses propres négociateurs comme l’y oblige la déclaration de notre Cour suprême du Canada à condition que la question ait été claire et la réponse claire aussi. Est-ce assez clair ?
    Si les Québécois ne sont pas capables de franchir ces étapes là, ce n’est pas le ROC qui va le faire pour eux.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    Comment faites-vous pour faire une confédération (états souverains associés) sans que le Québec quitte d'abord (se sépare) de la Fédération canadienne?
    Voilà la seule et unique question. Mode d'emploi s.v.p.
    NT

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    Voilà un bel exemple du choc des cultures. Les mots et les expressions n’ont pas la même portée et la même valeur à travers le monde. Par exemple, « polices », « séparatistes », « militaires », évoquent des réalités for différentes en Europe, en Asie et en Amérique Latine. Malheureusement ces mots rappellent des réalités de peur, de violence, de persécution, de prison, de torture, de sang. Mais ici au Québec, le mot « séparatiste » est souvent interchangeable avec les mots « souverainiste » et « indépendantiste » et sont en soi des expressions politiquement acceptables, et ne font référence à aucune violence, mais bien à la démarche démocratique du peuple québécois vers son indépendance politique et culturelle.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    M. N.T. écrit : «Il faut se séparer du CANADA avant de faire toute autre chose.»
    Fait que, ça indique clairement que M. N.T. est un séparatiste québécois vu qu'il préconise la séparation. Une vérité simple de La Palice.
    Contrairement à lui, je crois qu'il faut commencer par négocier des changements constitutionnels avec le ROC à la place de déclarer la séparation unilatéralement.
    M. N.T. affirme que le Bloc, et PQ et moi-même sommes des confédérationistes, je crois pouvoir affirmer qu'il est un séparatiste. Tout devient clair, nous sommes tous les 2 pour un Québec souverain ou indépendant, s’il aime mieux, mais pas par les mêmes moyens ni les mêmes ententes avec le ROC.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 septembre 2010

    Très chère Madame,
    Voici ce que j'ai écrit et que le journal LE SOLEIL (site internet) a publié, il y a quelques jours.
    Le lecteur sera mieux informé en me lisant totalement qu'en prenant quelques bribes, tirées hors de leur contexte.
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    BARRER LA ROUTE
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    La politique verse souvent dans l'étonnement. En démocratie, par exemple, les électeurs sont habituellement invités à se prononcer sur un programme de gouvernement. Le gouvernement en place propose un plan pour les quatre prochaines années alors que l'opposition ou les oppositions en proposent un autre. Les électeurs sont appelés à se prononcer sur l'une ou l'autre des plateformes électorales et élisent normalement un gouvernement majoritaire.
    Le Bloc québécois, créature politique bicéphale, tente de réaliser l'inverse. Il propose aux électeurs de ne jamais prendre le pouvoir; il ne propose pas un programme de gouvernement puisqu'il ne veut pas ou ne peut pas gouverner; il suggère des avenues de gouvernance mais se garde bien de s'engager à les réaliser. «Je vous le garantis : au Québec, nous allons barrer la route à Stephen Harper et l'empêcher, encore une fois, d'obtenir une majorité.» C'est ce que vient d'affirmer Gilles Duceppe. Le but de la politique pour le chef bloquiste n'est pas de gouverner mais de «bloquer».
    Une telle affirmation a de quoi choquer l'électeur le moindrement averti. Le Bloc québécois, parti séparatiste oeuvrant sur la scène fédérale (dans un Parlement fédéraliste), s'engage à barrer la route à l'actuel gouvernement conservateur afin qu'il ne forme pas un gouvernement majoritaire. Il s'engage, par la bande, à ce que les libéraux en soient tout autant empêchés. En d'autres termes, le parti de Gilles Duceppe ne veut pas que le Parlement central fonctionne normalement, comme cela se passe dans toutes les démocraties occidentales, et qui plus est, il souhaite que le gouvernement élu ne puisse le faire puisqu'il veut barrer la route à celui qui tenterait de le faire.
    Le Bloc québécois est un parti contradictoire. Il siège dans un Parlement qu'il rejette à cause de son option séparatiste et rêve d'empêcher ceux qui veulent diriger le pays de le faire selon les règles démocratiques. Il souhaite barrer la route à toutes les formations politiques fédéralistes qui souhaiteraient de la stabilité politique. Si les élections ne servent qu'à empêcher un parti de gouverner, à quoi peuvent-elles bien servir? À prolonger le séjour des carriéristes bloquistes et à augmenter leur fond de pension? Si tel est le cas, il faut s'en débarrasser au plus sacrant!
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    Je persiste et je signe. LE Bloc ne fait pas avancer la cause de l'indépendance du Québec. Preuve: l'idée d'indépendance oscille autour de 35 % et de 40 % avec une association avec le pays qu'il suggère de quitter.
    Si le Bloc n'est pas un parti séparatiste, c'est-à-dire, un parti qui prône la sécession du pays actuel, qu'est-il exactement?
    Il faut se séparer du CANADA avant de faire toute autre chose. Une nouvelle confédréation (c'est la vision du PQ et du BQ) ou encore, un pays totalement indépendant. C'est ce que je souhaite...si les gens le veulent. Mais, peu importe l'option retenue, le Québec doit quitter le CANADA avant de faire quoique ce soit.
    NT