Campagne électorale fédérale

Visa la majorité, récolta la minorité

Justin Trudeau prendra-t-il la décision de se retirer de la vie politique avant la fin de son mandat?

Tribune libre

 




Dans la foulée de nombreux analystes de la scène politique fédérale, je suis d’avis que Justin Trudeau, en prenant la décision de déclencher des élections précipitées en pleine pandémie, visait l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire. Toutefois, les électeurs canadiens sont venus brouiller les cartes, et le chef du Parti libéral du Canada (PLC) doit se contenter de récolter un gouvernement minoritaire.

Quoi qu’il en soit, lors de son discours prononcé devant ses partisans à la fin de la soirée électorale, le premier ministre réélu, malgré le fait que le PLC n’ait récolté qu’un siège supplémentaire au pays, que le taux de participation de l’électorat canadien n’ait atteint qu’un faible 58,7 %, et que le Parti conservateur ait recueilli le plus fort pourcentage des voix au pays, estime avoir reçu un « mandat clair » de la population canadienne. «Vous avez fait un choix, vous avez donné aux parlementaires un mandat clair pour qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec cette pandémie», a déclaré Justin Trudeau. Soit dit en passant, c’est la première fois que j’entends un premier ministre d’un gouvernement minoritaire se targuer d’avoir reçu un « mandat clair », un tel mandat étant réservé d’ordinaire aux chefs d’État élus avec une majorité de sièges.

De toute évidence, nonobstant le fait que Justin Trudeau était tout sourire en fin de soirée devant ses partisans, je demeure convaincu que, dans sa tête, il aurait souhaité « avoir les deux mains sur le volant » .plutôt que d’avoir à négocier avec les oppositions pour faire adopter ses projets de loi.

Justin Trudeau avait fait le pari, en août dernier, de déclencher une campagne électorale éclair, espérant ainsi obtenir une majorité, tout en offrant aux Canadiens la possibilité de choisir l’orientation des politiques du pays en cette sortie de crise de la COVID-19.

Une question demeure toutefois en suspens : Justin Trudeau aura-t-il la patience, voire la résilience, de naviguer une deuxième fois consécutive dans les eaux troubles d’un gouvernement minoritaire ou prendra-t-il la décision de se retirer de la vie politique avant la fin de son mandat? Une histoire à suivre…



Henri Marineau, Québec

 


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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