ÉTATS-UNIS

Un jeune Noir tué par la police près de Ferguson

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La situation s'envenime d'heure en heure

Washington — Un jeune Noir de 18 ans a été tué par un policier blanc mardi soir, dans le Missouri, tout près de Ferguson qui avait été le théâtre d'émeutes cet été pour protester contre les méthodes de la police.
La fusillade s'est produite dans une station service à Berkeley, une commune limitrophe de Ferguson où des émeutes avaient éclaté le mois dernier après la décision d'un grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc ayant tué cet été Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans sans arme.
Selon le chef de la police du comté de Saint-Louis, John Belmar, le suspect âgé de 18 ans a «pointé un pistolet dans la direction du policier qui a sorti son arme de service et tiré apparemment trois fois».
«A priori, une balle a touché le suspect, une autre une voiture et une troisième n'a pas été retrouvée», a expliqué M. Belmar lors d'une conférence de presse mercredi.
«Nous ne pensons pas que le suspect se soit servi de son pistolet [...]», a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs avait retrouvé sur place un pistolet 9 millimètre dont le numéro de série avait été effacé.
Les services d'urgence dépêchés sur place ont constaté son décès une heure après l'incident vers 00h15 (06h15 GMT).
La police a diffusé un extrait de la vidéo de surveillance de la station service où l'on perçoit une voiture de police en arrière-plan sans pouvoir suivre la scène avec précision.
«Quand quelqu'un pointe un pistolet vers un policier, on ne dispose pas de beaucoup de temps», a justifié M. Belmar. «J'imagine que la plupart d'entre nous se serait senti en état de danger imminent [...] et l'officier a fait un usage proportionné de la force.»
Importante manifestation
Après la fusillade, deux à trois cents personnes, selon le chef de la police, se sont rendues aux abords de la station service pour manifester leur colère. D'importants renforts policiers ont été dépêchés sur place.
«Trois engins explosifs, probablement des fusées de feux d'artifice, ont été lancés» en direction de la station, a-t-il encore dit, précisant qu'un policier blessé avait été hospitalisé en urgence.
Il a nié que la police ait aspergé les manifestants de gaz lacrymogène.
Le jeune Noir n'a pas été formellement identifié par les autorités. Mais les médias locaux, qui s'appuient sur le témoignage d'une femme se présentant comme sa mère, l'ont identifié comme Antonio Martin, âgé de 18 ans.
«Sa copine m'a dit que la police leur avait cherché des ennuis», a affirmé Toni Martin.
«Quand il a essayé de se lever et de s'enfuir en courant, ils ont commencé à lui tirer dessus. Ils ne diront rien. Ils ne vont même pas me laisser voir mon bébé», a-t-elle encore dit.
Série de drames
Survenu en août, le drame de Ferguson, à quelques kilomètres de là, avait suscité une émotion considérable dans le pays, notamment dans la communauté afro-américaine. Le policier avait tiré douze fois contre le jeune Noir non armé. L'impunité qui lui avait ensuite été accordée par la justice avait déclenché des dizaines de manifestations aux États-Unis.
Plusieurs autres drames récents du même type ont attisé la colère de la communauté noire qui s'estime victime de racisme de la part de la police.
Un enfant noir de 12 ans a été tué en novembre à Cleveland (Ohio) alors qu'il manipulait une arme factice dans une aire de jeux. En juillet, Eric Garner, soupçonné de vente illégale de cigarettes à New York, est décédé après avoir été plaqué au sol et serré au cou par un policier blanc.
Le 14 décembre, au moins 25 000 manifestants avaient paralysé des quartiers de New York et des milliers d'autres avaient défilé à Washington et dans d'autres villes pour réclamer justice pour des Noirs tués par des policiers blancs.
La situation s'est encore envenimée avec l'assassinat samedi de deux policiers new-yorkais, tués en plein jour dans leur voiture de patrouille, dans un geste apparent de revanche.
Un collectif contre les violences policières à l'encontre des Noirs a appelé à une manifestation géante à Times Square le 31 décembre au soir, bravant le moratoire réclamé par le maire de New York après l'assassinat des ces deux agents.
«Ils n'ont pas le droit de nous demander d'arrêter de manifester et de réduire nos voix au silence [...] Nous devons continuer notre combat tant que la police continue à commettre ces meurtres, tant que le système judiciaire refuse de poursuivre et d'inculper tous les policiers meurtriers», a expliqué Carl Dix, un des co-organisateurs de la manifestation.


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